Affaire Mila : deux enquêtes sont ouvertes

Depuis les propos tenus par Mila le week-end dernier sur Instagram, la jeune fille a reçu des centaines de messages d’insultes et de menaces de mort. Le parquet de Vienne a décidé d’ouvrir deux enquêtes.

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Mila subit un harcèlement après avoir insulté l’Islam

Samedi dernier, Mila, une adolescente de 16 ans, faisait un live sur Instagram dans lequel elle pouvait répondre à ses fans, elle qui fait de la chanson en amateur, et qui souhaitait devenir professionnelle. Tout se passait bien jusqu’à ce qu’une jeune femme confesse que les personnes d’origines arabes n’étaient pas à son goût, ce à quoi Mila acquiesce. Malheureusement pour la jeune fille, certains de ses followers, de toute évidence énervés par ses propos, commencent à l’insulter. Si l’adolescente reste calme au début, elle tient par la suite des propos gravissimes envers la religion musulmane. « Votre religion[ l’Islam], c’est de la merde. Votre Dieu [Allah] je lui mets un doigt dans le trou du cul. Merci, au revoir. » Ses dires vont alors provoquer une vague d’insultes et de menaces sur les réseaux sociaux et notamment Twitter. La jeune fille a depuis été déscolarisée.

Deux enquêtes ouvertes

L’affaire vieille de presque une semaine maintenant prend une tournure politique. Le parquet de Vienne, dans l’Isère, a ouvert deux enquêtes. Une enquête à l’encontre de Mila a été ouverte pour incitation à la haine raciale. Une enquête à été ouverte contre ses cyber-harceleurs pour retrouver ces auteurs ayant proféré des menaces « gravement attentatoires à l’intégrité » de la jeune femme.

« La propagation virale sur les réseaux sociaux d’une vidéo postée par une jeune fille mineure, exprimant dans le fil d’une discussion personnelle des propos virulents et hostiles à la religion musulmane, a suscité une multiplication de réactions prenant la forme de menaces de mort et de crimes » a déclaré le Procureur de la République. Deux enquêtes ont alors été confiées à la gendarmerie et la cybercriminalité.

Retour du débat sur le délit de blasphème

L’enquête ouverte contre Mila a pour but « de vérifier si les propos tenus sur la vidéo diffusée » par cette jeune femme « sont de nature à recouvrir une qualification pénale ou s’inscrivent dans la liberté d’expression reconnue à chacun et constituant un principe à valeur constitutionnelle » . Cette affaire relance alors le débat du délit de blasphème en France, qui n’est pas inscrit dans la loi française. « Le délit de blasphème n’existe pas en France. On peut insulter une religion, mais pas des citoyens en raison de leur appartenance religieuse » , rappelle Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité. Ce cas rappelle celui similaire de Michel Houellebecq, qui en 2002 avait été relaxé après avoir traité l’Islam de la « religion la plus con du monde » .

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Publié par Tom le 24 Jan 2020
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