« Je ne sais pas si je vais mourir demain »: l’appel à l’aide déchirant de Laura, victime de violences conjugales

Mardi dernier, Laura a lancé un cri d’alarme sur son compte Twitter. Victime d’une tentative de meurtre par son ex-conjoint, elle a tenté d’interpeller les médias et le gouvernement dans un message poignant. 

Rescapée d’une tentative d’assassinat par son ex-compagnon, Laura a lancé un appel à l’aide sur le réseau social Twitter avec ce premier mot très fort : « À l’aide! » Remis en liberté après dix mois de détention provisoire pour « tentative d’homicide » à son encontre, ce dernier la terrorise puisqu’il n’a aucun bracelet électronique ou interdiction de territoire. « Pourquoi un homme violent, accusé de tentative de meurtre peut-il être remis en liberté avant son procès au détriment des victimes ? » se demande t-elle dans un long message.

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Laura: « J’ai peur pour ma vie, et aussi pour celle de ma fille. Je ne sais pas si je vais mourir demain »

Face à l’inaction de la justice et du gouvernement, la jeune femme a décidé de lancer une bouteille à la mer sur les réseaux sociaux. Elle raconte le calvaire pour se sortir des griffes de cet ex-conjoint qui l’avait « frappé et tenté de l’étrangler devant leur fille de deux ans » selon le magazine ELLE. Depuis la remise en liberté de ce dernier, Laura vit dans une peur permanente et se sent abandonnée par le gouvernement: « Mon ex-conjoint a entravé plusieurs fois son contrôle judiciaire sans que ça gêne la juge d’instruction. Je veux juste que ça s’arrête et avoir la paix. La justice s’acharne sur les victimes. » clame t-elle. Avant d’envoyer ce message, la jeune femme a vu son ex-compagnon devant le logement de ses parents et face à cette menace, la justice n’a rien fait pour elle: « Je suis traquée comme une bête sauvage. J’ai peur pour ma vie, et aussi pour celle de ma fille. Je ne sais pas si je vais mourir demain. Il y a 15 jours, j’ai croisé cet homme devant le domicile de mes parents. Au commissariat, on m’a juste proposé de faire une main courante. »

Laura aurait tout tenté pour se protéger: lettres à des députés et aux ministres de la Justice et de l’Égalité femme/homme ou encore appels vers des associations venant en aide aux femmes victimes de violences conjugales. Son seul recours est finalement Twitter: « Je veux juste être entendue. Protégez moi ! Protégez ma fille jusqu’au procès. Un contrôle judiciaire n’est pas suffisant ! Je suis une victime, je ne veux pas rallonger la longue liste des féminicides 2019. La justice sourde me livre en pâture à cet homme. Aidez moi ! » supplie la jeune maman.

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Depuis le 1er janvier, 54 femmes sont mortes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint

Le chiffre est effroyable et fait froid dans le dos: depuis le début de l’année, 54 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex soit une femme tous les deux jours. La dernière victime, recensée par le collectif Nous Toutes, était âgée de 56 ans. Il y a quelques jours, Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, s’était saisie du sujet des féminicides après le décès d’une jeune lyonnaise de 22 ans, morte sous les coups violents de son compagnon. La ministre voulait alors développer une « véritable culture de la protection des victimes de violences conjugales » et veut une réponse « ferme et réactive. » Néanmoins, la plupart des associations et collectifs soulignent l’inactivité du gouvernement sur la protection des femmes face aux conjoints ou ex-conjoints violents.

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Publié par Églantine le 21 Mai 2019
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