Chaque année en Algérie, des femmes sont rejetées par leurs maris suite à un cancer du sein…

30 % des cancers mènent à une mastectomie

Dans un monde où les êtres humains seraient un peu plus empathiques, imaginez quelle serait votre réaction si vous appreniez que vous souffriez d’un cancer du sein. Votre monde s’écroulerait probablement, mais l’amour et le soutien de vos proches sont très certainement les deux choses qui vous aideraient à tenir pendant la maladie. Sans compter la chimiothérapie et les opérations, voire, les ablations. En effet, un cancer du sein peut mener à une mastectomie totale dans 30 % des cas. Tout dépend de la taille de la tumeur à retirer… Malheureusement, ce sujet tabou en Algérie touche aujourd’hui bon nombre de femmes, qui commencent à élever leurs voix à propos de cette situation ignoble.

cancer du sein

Insultées de « nass mraa » et « lamgataa »

Et pour cause, nombreuses sont les femmes qui se retrouvent à la rue en Algérie suite à une ablation du sein. Rejetées par leurs maris, elles se retrouvent seules, taclées de « nass mraa » (= demi-femme) ou encore « lamgataa » (= mutilée). C’est de cette façon que le mari de Linda la surnommait. Il a fini par demander le divorce après 18 ans de mariage. « Le cancer ? C’est rien comparé au fait d’être rejetée après 18 ans de mariage » a-t-elle déclaré. De même pour Zohra, dont le mari a demandé le divorce après 25 ans. Farid Cherbal, professeur à l’Université d’Alger, estime que 9000 à 10 000 femmes sont touchées par le cancer du sein chaque année en Algérie. C’est pourquoi l’association « Nour Doha » (= Lumière du jour), aide des personnes souffrant de cancer. Elle accueille d’ailleurs beaucoup de femmes après une mastectomie.

 

« Je ne veux pas d’un trois-quart de femmes »

Samia Gasmi, présidente de l’association, nous explique alors que ces femmes se retrouvent dans des cas de figure atroces. Certaines portent le foulard afin que leur belle-famille ne se rende compte de rien. D’autres préfèrent mourir avec leur deux seins plutôt que d’en perdre un et de courir le risque d’être rejetée par leur mari. Un homme avait même déclaré à sa fiancée qu’il ne voulait pas « d’un trois-quart de femme » mais « une femme entière ». La sociologue Yamina Rahou explique quant à elle que les femmes ayant subi une ablation du sein souffre « du fait de ne plus être en conformité avec l’image de la femme ». Ce qui n’arrange rien si elles sont rejetées par la personne supposée les aimer. Les faisant ainsi se sentir honteuses ou responsables de leur maladie. Navrant…

Crédit photo / photo à la une : RYAD KRAMDI
Publié par Charlene le 05 Jan 2018
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