Suisse : il fait avorter sa femme à son insu

En Suisse, à Bâle, le Tribunal pénal va devoir statuer sur un drame. Début février, il devra juger une affaire inédite. Celle d’un homme qui, en 2014, avait forcé sa femme à avorter alors que celle-ci ne savait pas qu’elle était enceinte. Le mari complotait avec sa mère.

 

Pour faire avorter sa femme, il complote avec sa mère

C’était en novembre 2014. Une jeune femme de 26 ans, d’origine kosovare, venait d’arriver en Suisse dans le cadre d’un regroupement familial. Elle vivait alors cloîtrée chez elle avec sa belle-mère et son mari, régulièrement victime des coups de ce dernier.

 

Quelques semaines après son arrivée, la jeune femme se confie à sa belle-mère : elle n’a plus ses règles. Elle ne fait pas le rapprochement avec une éventuelle grossesse, mais sa belle-mère, si. Aussitôt, la mère et son fils complotent pour faire avorter la jeune femme.

 

Pour cela, ils prennent rendez-vous chez une gynécologue. Monsieur assure faire le traducteur et explique que sa femme souhaite avorter. Sans présumer ce qui se trame, la gynécologue prescrit, lors d’un troisième rendez-vous, un médicament abortif.

 

Elle avorte malgré elle

C’est alors que la jeune femme avorte, malgré elle. Le 11 décembre 2014, alors qu’elle n’en peut plus des coups de son mari, elle appelle à l’aide par la fenêtre. Des passants, qui comprennent rapidement que la femme est en danger, appellent la police.

 

C’est la police elle-même qui interviendra pour faire sortir la victime de cet enfer. Très rapidement au courant des rendez-vous gynécologiques, les enquêteurs comprennent le plan machiavélique qui avait été orchestré par la belle-mère et son fils pour la faire avorter.

 

Interrogée, Sibil Tschudin, médecin-chef à l’Hôpital Universitaire de Bâle, déplore les standards insatisfaisants en matière d’avortement. Pourtant, elle dit veiller à ce que la communication entre médecin et patient soit indépendante de la famille.

 

Bien des questions restent en suspend dans cette affaire.

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Publié par Mélaine le 21 Jan 2019