Un mannequin célèbre publie une centaine de témoignages de mannequins dont on aurait abusé durant des séances photos

Dans le contexte de l’affaire Harvey Weinstein qui dénonce l’abus des producteurs envers les actrices d’Hollywood, forcées à céder aux avances de l’homme pour faire avancer leur carrière, les langues se délient. D’autres milieux artistiques osent parler. Aujourd’hui, grâce à Cameron Russell et son témoignage choc, c’est le monde de la mode qui est touché.

Cameron Russell est un mannequin célèbre (Vogue Spain)

Un photographe a violé une fille de 15 ans

Cameron Russel, un mannequin engagé, a décidé de jeter un pavé dans la mare et de faire connaitre la vérité sur les coulisses des défilés et des shootings glamours. Elle a décidé de publier les messages d’autres mannequins qui l’ont contactée et qui ont décidé de témoigner anonymement. C’est d’abord une amie qui l’a contactée pour dénoncer les abus qu’elle a connus. Cameron a publié sur Instagram les captures d’écran de la conversation. « Salut Cameron, merci beaucoup pour ta réponse, ça compte beaucoup pour moi. Le nom du photographe est XXXX, il a un compte Instagram qui porte le même nom. XXXX m’a envoyé chez lui pour un test à 15 ans. Ma belle-mère était avec moi durant le shooting, mais dans une autre pièce. Elle n’a aucune idée qu’il a enfoncé ses doigts profondément dans mon vagin. Il l’a fait à plusieurs reprises alors qu’il prenait des photos de moi, en me disant que ça rendrait les photos plus sensuelles. Il a fait ça à une fille de 15 ans ».

TRIGGER WARNING ⚠️ A brave model (and friend) reached out to me with her story today. She has asked to remain anonymous but asked that I share her words here because the photographer still works in the industry. She wants to encourage other women to speak up. We need a way to begin breaking the silence while remaining protected. We are not talking about one, five, or even twenty men. We are talking about a culture of exploitation and it must stop. IF YOU WOULD LIKE TO SHARE YOUR STORY ANONYMOUSLY, DIRECT MESSAGE ME and I will post your words. If you would like to share publicly use the hashtag #MyJobShouldNotIncludeAbuse so the industry can see the size and scope of this problem. Hearing about #harveyweinstein this week has sparked conversations about how widespread and how familiar his behavior is. We talked about how hard it is to share stories of assault. When they are the norm, calling them out can feel disruptive and unprofessional. On many occasions I’ve been called a feminist for reporting unwanted groping, spanking, pinching, pressure for dates, phone calls and texts of a sexual nature, lack of appropriate changing areas, etc. And because the response has always been « are you surprised? » or « that’s part of the job » I tolerated them. When the offenses were bigger, calling them out is terrifying, and demands a level of exposure and backlash to what is already painful and sometimes shameful. #MyJobShouldNotIncludeAbuse

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Le photographe trop insistant

Mais ce n’est pas tout, Cameron a reçu au total une vingtaine de messages dénonciateurs, qu’elle a partagés sur Instagram : « J’avais 20 ans, je travaillais sur place et le photographe insistait pour prendre un verre avec moi, après le repas d’équipe. Il a frappé à ma porte la nuit et m’a demandé de passé dans sa chambre pour regarder les clichés pris dans la journée. Chaque jour il devenait de plus en plus insistant. Jusqu’à dernier jour où la maquilleuse m’a dit : « Tu veux pas juste coucher avec lui qu’on ait toutes la paix ? Tout le monde le fait ». Une fois rentrée à la maison, mon agence m’a demandé pourquoi je m’étais montrée impolie. Je leur ai expliqué ce qu’il s’était passé, et on m’a répondu : « Simplement, ne nous fais pas perdre ce client ! ». »

trigger warning ⚠️ #MyJobShouldNotIncludeAbuse

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Elle a reçu des vingtaines de témoignages

Le photographe aux riches connexions

Cameron Russell a encore publié un autre message en guise d’avertissement à toutes celles qui voudraient se lancer dans le métier : « C’était la première semaine à Milan, il y a peut-être 8 ou 10 ans. J’ai été choisie par mon agence, avec un autre mannequin pour rencontrer le rédacteur en chef d’un magazine, qui ne travaille plus là-bas aujourd’hui. Le rédacteur en chef m’a dit une connerie du genre que « j’avais une lumière spéciale chez moi », et après le casting, il m’a proposé de me ramener. Bien sûr, sur le chemin, il a voulu s’arrêter par son chic appartement, qui ressemblait à un château. Apparemment, selon lui, Leonard de Vinci aurait même habité là. Et si je le désirais, je pouvais moi aussi profiter de la vue sur l’Italie en regardant par cette même fenêtre. J’en ris de repenser à toute cette connerie aujourd’hui, mais j’avais à peine 20 ans et c’était mon premier casting à l’étranger. J’avais peur de dire non à cette personne qui comptait pour mon agence. Il m’a aussi dit qu’il allait prendre des photos de moi pour son magazine. » L’homme lui a montré la vue, puis il a sorti un album où elle a reconnu des mannequins célèbres qui étaient aussi passées par ici, toutes étaient nues sur les photos et très jeunes. Elle se sent mal à l’aise et veut partir. « Il m’a dit de m’allonger au sol et de baisser un peu mon pantalon. Je me souviens que je tremblais. » Ensuite, il lui a demandé de venir déboucler sa ceinture. Elle se rend compte qu’elle est impuissante et qu’elle n’a personne qu’elle puisse appeler. « Il a pris quelques photos puis il a sorti son pénis et tout à coup il m’a embrassé goulument, et je pleurais. Il a embrassé tout mon corps et a tenté d’avoir du sexe oral avec moi, mais je le repoussais. » Finalement, il s’est ressaisi et il est venu la réconforter, ce qu’il l’a fait se sentir encore plus mal car elle a culpabilisé.

Trigger warning ⚠️ #MyJobShouldNotIncludeAbuse

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Un autre témoignage accablant

Publié par Nicolas F le 21 Oct 2017