La France championne d’abandon des animaux : les campagnes de sensibilisation sont-elles réellement utiles ?

En période estivale, les animaux sont nombreux à se retrouver sur le bord d’un trottoir, ou en pleine forêt. Les propriétaires les plus humains espèrent que quelqu’un trouve et adopte l’animal, alors que d’autres se fichent du sort de ce dernier, qui finira sa vie affamé, et attaché à un arbre. Et malgré les clips de sensibilisation, la France est championne en matière d’abandon des animaux.

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On vous le rabâche, mais rien ne change

L’abandon des animaux de compagnie, c’est quelque chose qui révolte énormément de monde. Sur Internet, les internautes sont scandalisés, et veulent des punitions exemplaires pour les mauvais maîtres. Et pourtant, le taux d’abandons des animaux de compagnie ne cesse d’augmenter. Chaque année, c’est plus de 100 000 animaux de compagnie qui sont abandonnés, dont 60 000 en période estivale ! De quoi vous souhaiter de joyeuses vacances, et une joyeuse mort à votre animal. Cruelle, n’est-ce pas ? Entre 2015 et 2017, le taux d’abandons a augmenté de 20% pour les chats, et de 6,5% pour les chiens Un « scandale révoltant » selon les responsables de la SPA.

Crédit : 30 millions d’amis

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Promenons nous, dans les bois !

En pleine rue, dans un chemin, sur une route rarement empruntée ou dans les bois, les animaux se retrouvent, en une fraction de seconde, en danger de mort. Excessif comme propos ? L’animal de compagnie, à partir du moment où il est abandonné, se retrouve dans un milieu hostile qu’il ne connaît pas. Que se passe-t-il dans la tête des gens qui attachent leur chien à un arbre, qui jettent leur chat dans un champ ou qui les abandonnent sur une aire d’autoroute ? Selon Michel Fize, sociologue et défenseur du droit des animaux, les personnes qui abandonnent leur animal de compagnie n’ont pas de profil établi. Trop pauvre, ou parce qu’un animal, c’est « trop de contraintes » , l’abandon n’a pas de profil psychologique pré-établi. En soit, on pourrait tous le faire. « Ni dans la raison, ni dans l’émotion, ce qui est encore plus terrible » explique le sociologue à LCI.

Être champion pour la mauvaise cause !

Avec une reprise du groupe mythique Queen, « We are the champions » , l’association 30 millions d’amis a voulu dénoncer ce malheureux palmarès, afin de faire réagir une bonne partie de la population. Est-ce que cela a fonctionné ? À voir le nombre d’abandons depuis les départs en vacances, il semblerait que non. Selon Michel Fize, les campagnes de sensibilisation devraient être plus cash. « Sans être donneur de leçons, je pense qu’il faut employer les bons mots et dire plutôt que c’est un crime prémédité. Abandonner un animal, ce n’est ni plus ni moins qu’une sorte d’assassinat déguisé » explique le sociologue, avant d’ajouter qu’une requalification de cette infraction serait la bienvenue.

Poupée de cire, poupée de poils !

Malgré les campagnes de sensibilisation, les abandons sont toujours présents. Sûrement à cause de « l’animal objet » . En effet, les animaux de compagnie sont encore trop peu perçus comme des êtres humains, dotés d’un cœur, d’une âme et d’une conscience. Alors intelligence inexistante ou bêtise humaine, l’animal est encore vu comme un objet, qu’on peut acheter et jeter sans « trop de remords » . « Le chien est avant tout utile. Et quand il ne sert plus ou qu’il gêne, on le jette. On se dit que de toute façon, on pourra en trouver un autre » explique le sociologue à LCIContre l’abandon, il est important de rappeler qu’un animal de compagnie n’est pas indispensable dans un foyer, lorsqu’on ne se sent pas capable d’assumer l’amour d’un chien ou d’un chat. Ce n’est ni un jouet, ni un contrat. C’est un être humain qu’on adopte, ou on s’abstient !

Mon bel animal, poubelle des forêts ?

Finalement, on en revient toujours à cette même conclusion : l’animal de compagnie, une fois qu’il est perçu comme inutile ou trop encombrant, se fera mettre à la porte. Et c’est toujours plus simple quand c’est un animal. Pour que les animaux cessent de finir en compostes dans les bois, le sociologue préconise des mesures plus grandes pour punir les propriétaires. Et depuis toutes ces années où les animaux ont du mal à être perçus comme des êtres vivants, on aurait presque envie de dire : arrêtons de parler, agissons ! « Aujourd’hui, l’abandon d’un animal est passible de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, mais cela n’est vraiment pas dissuasif. Je suggère plutôt des peines d’intérêt général au service des animaux, pour peu qu’on puisse prendre les auteurs en flagrant délit. Sans oublier de leur faire passer un examen psychologique, car ce geste est vraiment de l’ordre de l’inhumain » explique Michel Fize à LCI.

Outre l’abandon, les maltraitances envers les animaux restent, également, un sujet qu’il est important de traiter. Un animal, ça se respecte, n’en prenez pas si vous n’assumez pas ! N’importe quelle campagne touchera ceux qui ont un coeur. Pour les autres, abstenez-vous d’acheter un animal de compagnie.

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Publié par Jessy le 16 Juil 2019
 
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