Emouvant : depuis 35 ans, ce Néerlandais répond aux lettres trouvées sur la plage

La belle histoire et la plus insolite du jour. Celle d’un Néerlandais dont le cœur n’est pas à marée basse. Depuis 35 ans, Wim Kruiswijk répond aux lettres envoyées à la mer. Une magnifique aventure de vie que nous tenions à vous partager.

Il arpente les plages en quête de lettres

A l’heure où tout est instantané, un homme nous ramène à l’essentiel. Skype, Messenger, Whatsapp, Twitter, Viber … Autant d’applications qui nous permettent d’échanger avec des hommes et des femmes de l’autre bout du monde. Sauf que ces applications sont instantanées. Et comme elles ne coûtent rien, ni en temps, ni en argent, on les utilise. Celles qui étaient censées nous aider, être un plus dans notre quotidien, sont devenues toxiques et nous étouffent. On parle, on s’écrit, quitte à parler pour ne rien dire. On surconsomme les relations à nous en étouffer.

 

On se retrouve immergés par ce flot d’informations, noyés, avec la pression qu’est celle du XXI ème siècle : plus vite, toujours plus vite.

 

Ce que nous avons oublié, ce sont ces moments de solitudes. Instants volés de rêves, seuls, face à la mer. L’espoir de pouvoir envoyer une lettre dans une bouteille que l’océan recrachera à l’autre bout de la terre. Nous avons oublié l’attente. L’espoir. Ce qui fait que nous espérons une réponse. Le bonheur de trouver, parmi les factures, une lettre. Une lettre qui soit adressée à notre nom. Avec une personne, inconnue, qui a pris de son précieux temps pour nous l’offrir. Une personne qui, depuis l’autre bout de la terre, a répondu à votre bouteille envoyée à la mer. Une simple lettre, qui vous fait reconsidérer la notion même de destin.

 

C’est exactement ce que fait Wim Kruiswijk. Et le pourquoi-du-comment, nous allons vous l’expliquer.

 

36 ans de lettres : une seule et même passion

C’est en 1970 que Wim pose ses valises à Zandvoort. Zandvoort est une petite ville située au bord de la mer du Nord.

 

« Je ne connaissais pas grand chose à la mer. J’avais des horaires flexibles. Donc, je commençais tôt et je rentrais tôt. J’ai rapidement eu assez de temps pour me balader sur la plage. A la base, c’était seulement pour me vider la tête. Je n’ai jamais décidé de collecter les bouteilles à la mer. Après les tempêtes, la mer rejette toutes sortes de choses ».

 

Et c’est en 1983 que Wim tombe, totalement par hasard, sur 3 bouteilles. Chacune d’elle contient une lettre. Celle d’une petite Allemande de 11 ans, l’autre, d’un matelot hollandais et enfin, la dernière, celle d’un petit Anglais de 8 ans. Curiosité ? Il décide de leur répondre.

 

Et tous trois lui répondent, à leur tour. « J’ai reçu une photo du marin, j’ai correspondu 9 ans avec l’Allemande et 8 ans avec Matthew. A ce moment-là, je me suis dit que c’était cool de parler avec des inconnus venant d’endroits différents et de partager leurs histoires ».

 

Les années passent. La passion pour ces histoires d’autres vies reste intacte. Il recense tout : chaque lettre retrouvée est inscrite, dans un registre. Quand a-t-elle été lancée à la mer, par qui, âge de l’expéditeur, nationalité …

 

En 36 ans, Wim a retrouvé environ 1 200 bouteilles. 1 200 messages. Et 890 auxquels il lui était possible de répondre. 360 personnes lui ont donné suite.

 

La lettre est tapée à la machine à écrire

Ce n’est ni à la main, ni à l’ordinateur que la réponse du Néerlandais est faite. Mais à la machine à écrire. Et hors de question pour lui d’envisager d’opter pour autre chose :

 

« Je n’utilise pas Internet, je n’ai pas d’ordinateur, j’aime la lenteur du courrier postal. Quand tu envoies un mail, la personne attend une réponse en quelques minutes ou au moins dans la même journée. Il n’y a pas le plaisir d’attendre une réponse après des jours, des semaines, voire des mois … »

 

Et ne croyez pas que ce passionné s’arrête à l’écriture. En 2018, le Néerlandais était toujours en contact avec 14 de ses correspondants. Des correspondants qui sont bien plus que de simples adresses : « Parfois, je passe leur dire bonjour, notamment durant mes vacances en vélo en Angleterre, en Allemagne ou en Belgique ». 

 

Sa correspondance la plus longue ? Elle dure depuis 32 ans. C’est avec Adrian Hill. Il n’avait que 7 ans lorsqu’il a envoyé sa première bouteille. Depuis, le garçonnet a grandi. Et Wim est toujours resté dans le paysage de sa vie. Un fil conducteur qui, en toute une vie, ne s’est jamais brisé.

 

Un bonheur d’un autre temps pourtant bien réel. Mais les lettres s’appauvrissent. En 2018, Wim n’a retrouvé que 2 bouteilles. En 2016 et 2017, seulement 8. Chaque année, le nombre de lettres diminue. Alors rêvons, encore et encore. Peut-être qu’en envoyant une bouteille à la mer, Wim vous répondra. Parce que ce qui est certain, c’est que lui, continuera de vous chercher, arpentant les plages.

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Publié par Mélaine le 15 Jan 2019
 
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