Qui était René Goscinny, le papa d’Astérix et Obélix , Lucky Luke, ou encore d’Iznogoud ?

Ce jeudi 23 janvier, une statue a été inaugurée en l’hommage de René Goscinny à Paris, dans le 16ème arrondissement. Mais qui était cet homme qui a fait de la BD, ce qu’elle est aujourd’hui ? Le Tribunal du Net vous retrace son parcours.

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René Goscinny, un touche-à-tout

Éditeur, réalisateur, scénariste de bandes dessinées, producteur de cinéma, écrivain, scénariste, auteur de littérature pour la jeunesse, humoriste, ou encore rédacteur en chef, voilà la longue liste des métiers qu’a exercés René Goscinny. Celui qui était plus connu pour ses textes drôles – et l’un des premiers en France – que son coup de crayon, a revalorisé ce métier de scénariste de bandes dessinées. Un certain André Malraux lui dit un jour : « Moi, j’ai écrit sur les mythes, mais vous, c’est beaucoup mieux, vous avez créé un mythe. » Voici l’oeuvre que René Goscinny a laissé derrière lui.

René Goscinny en quelques chiffres

  • 65 séries de bandes dessinées
  • 9000 pages de texte, et de dessins
  • 200 volumes
  • 500 millions d’exemplaires vendus, dont 300 millions pour Astérix traduit en 77 langues

Un globe-trotter

Parisien dans l’âme, René Goscinny, d’origine polonaise, a passé son enfance loin de l’hexagone avant de reposer définitivement ses valises dans la capitale. Comme un symbole, il est né à Paris, dans le 5ème arrondissement en 1926, avant de décéder dans le 17ème arrondissement, suite à une crise cardiaque à seulement 51 ans.

À 2 ans seulement il quitte la France pour l’autre bout du monde et s’installe à Buenos Aires avec sa famille. Il étudie alors dans une école française, avant de très vite se passionner pour le dessin. En 1943, il commence alors à travailler à seulement 17 ans suite au décès de son père. Lui qui rêvait de faire une école d’arts après son bac, qu’il vient d’obtenir, devient alors comptable.

Après la seconde guerre mondiale, René Goscinny quitte l’Argentine et rejoint New-York où il va travailler comme illustrateur. En 1946, il rentre à Paris pour échapper au service militaire américain, mais ce voyage sera de courte durée puisqu’il va rentrer un an plus tard. Après quelques retours entre l’Europe (Paris et Bruxelles, notamment) et les États-Unis, il s’installe définitivement à Paris au milieu des années 50, et y restera jusqu’à la fin de ses jours.

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Des rencontres et des œuvres

  • Morris et Lucky Luke

À Paris, ou aux Etats-Unis, René Goscinny va faire plusieurs rencontres déterminantes. Il va alors collaborer avec les plus grands de l’époque. En 1948, il va d’abord rencontrer Morris alors qu’ils sont aux Etats-Unis. Tous les deux de retour en France, Goscinny va apporter son soutien et collaborer sur la bande dessinée de Lucky Luke. Il y amène alors une évolution et de nouveaux personnages, lui qui connaît bien le folklore de l’ouest. Il va alors écrire 36 numéros de la BD au « cow-boy qui tire plus vite que son ombre » de 1957 jusqu’à sa mort.

  • Sempé et Le Petit Nicolas

En 1953, il rencontre Jean-Jacques Sempé, avec qui il va collaborer pour l’écriture du Petit Nicolas. Après plusieurs années en demi-teinte et des publications dans différents magazines, la bande dessinée consacrée à ce jeune garçon décolle dans le quotidien Sud-Ouest. Sempé lui-même raconte que Le Petit Nicolas était l’oeuvre préférée de Goscinny dans toute sa carrière.

  • Tabary et Izonogoud

Au début des années 1960, René Goscinny collabore cette fois-ci Jean Tabary pour créer son personnage Iznogoud sous le titre Les Aventures du calife Haroun-el-Poussah. « J’ai pensé faire une parodie des Mille et Une Nuits en prenant toujours pour thème le vizir qui veut devenir calife et qui n’y arrive pas. L’amusant est qu’il faut toujours trouver le truc pour qu’il n’y arrive pas et renouveler l’opération à chaque histoire » . Goscinny en profite pour s’abandonner à son goût du calembour. Tabary précise : « Il casait dans Iznogoud tous les calembours épouvantables qu’il ne pouvait pas mettre dans Lucky Luke parce que Morris les détestait. » Iznogoud est, avec Lucky Luke et Astérix, l’un des trois personnages sur lesquels Goscinny se consacrera jusqu’à sa mort.

  • Uderzo et Astérix

Vint la consécration avec un petit Gaulois moustachu et son pote, non pas gros mais très très enrobé. Le personnage d’Astérix, né avec Albert Uderzo dans les années 1960 devient très rapidement un succès. Si le premier album est tiré à seulement 6000 exemplaires, 100000 numéros seront publiés dès le 6ème album, et ce nombre n’arrêtant pas de grimper. Trois albums, dépasseront la barre du million d’exemplaires. René Goscinny a réussi à faire reconnaître le métier de scénariste de bandes dessinées et il en était fier : « Lorsque nous avons débuté, il n’était pas question de gagner sa vie en faisant ce métier. On me regardait bizarrement et on me disait : « Mais quel est votre vrai métier ? C’est impossible que vous vous occupiez de mettre des lettres dans des ballons ! » Heureusement, j’ai de l’amour-propre mais aucun sens de la dignité. » En hommage à son ami, Albert Uderzo signe toujours les albums Astérix de son nom et de celui de Goscinny.

Si René Goscinny s’est fait mondialement connaître grâce à ses talents de scénariste, il a également essayé d’autres métiers.

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Les autres métiers de Goscinny

René Goscinny s’est essayé à plusieurs autres métiers dans l’art et notamment dans le cinéma. Après le 9ème art, il s’essaya au 7ème art. En 1961, il commence en tant que gagman pour un téléfilm, avant d’écrire le scénario d’un téléfilm 2 ans plus tard. C’est d’ailleurs en 1963 qu’il rencontre Pierre Tchernia, et devient par la suite scénariste de plusieurs films. Il passe ensuite à l’écriture et la réalisation de dessins animés, en commençant par adapter Astérix sur grand écran. En 1971, avec son compère Pierre Tchernia toujours, il passe cette fois-ci à la réalisation de films, dont il a évidemment écrit le scénario. Écriture d’opéra, scénario de série ou encore production de dessins animés, sont aussi des domaines dans lesquels René Goscinny s’est essayés.

Une mort soudaine et une trace dans la bande dessinée

Décédé le 5 novembre 1977 à 51 ans, le dernier témoignage de René Goscinny date alors de la veille, lors de celle qui sera son ultime séance de travail. Ce scénariste examine alors les derniers dessins du projet du film La ballade des Dalton, comme le menton d’Averell, le plus idiot des 4 frères. Cette séance fut enregistrée pour les besoins des retouches à prévoir. Cet enregistrement a pu être écouté pour la première fois par le public lors de l’exposition Goscinny et le cinéma à la Cinémathèque française en 2017-2018.

Ce touche-à-tout considéré comme un génie de la BD a reçu de nombreuses récompenses. En 1964, il remporte le prix Alphonse-Allais de l’humour pour le Petit Nicolas. Il est également nommé Chevalier des Arts et des Lettres et Chevalier de l’ordre national du Mérite. En 1974, il reçoit le prix Adamson du meilleur auteur international pour l’ensemble de son œuvre. Pour lui rendre un dernier hommage et le remercier une dernière fois, le prix René-Goscinny est décerné depuis 1988 à un scénariste de bandes dessinées. La boucle est bouclée.

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Publié par Tom le 08 Fév 2020
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