Les violences policières « volontaires » ont augmenté de 41% en 2019 !

Ce lundi 8 juin 2020, l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) a rendu son rapport de 2019 sur les accusations de violences des forces de l’ordre. Les résultats attestent d’une année extrêmement plus violente que 2018. En effet, sur les 1460 enquêtes confiées à l’IGPN, 868 concerne des violences dites « volontaires«  , ce qui représente une hausse de 41% par rapport à l’année 2018 ! Retour sur les circonstances de ces augmentations dramatiques !

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Une hausse majoritairement due aux tensions durant la crise des gilets jaunes

L’IGPN classe les 868 cas d’affaire pour « violences volontaires » mis en lumière en plusieurs catégories :  38,8 % relèvent d’interpellations ou d’interventions ayant eu lieu dans le contexte des manifestations, 12,8 % au cours des contrôles d’identité ou routiers et 14,1 % proviennent d’« allégations de violences sur des personnes retenues » . 

2019 a été une année particulièrement violente. En effet, la crise des gilets jaunes a mis à rude épreuve les forces de l’ordre, qui ont parfois dramatiquement débordés. Sur les 868 cas de violences policières, 399 dossiers concernant les arrestations, interpellations, arrestations dans le cadre des manifestations des « gilets jaunes » . Parmi ces dossiers, 130 concernent des blessures graves et 274 ont été transmis à la justice. 12 policiers sont actuellement fortement susceptibles de faire l’objet de poursuite judiciaire.

L’IGPN est fréquemment remise en question, car cette institution est accusée de manque d’impartialité. Or, comme le rappelle Brigitte Jullien, la directrice de l’IGPN, « in fine des décisions nombreuses de classement (sans suite) qui sont prises par l’autorité judiciaire et, en aucun cas, par l’IGPN » , rapporte Konbini news.

Selon la directrice de l’IGPN, cette augmentation drastique des violences s’expliquent par la multiplication des  manifestations violentes envers les forces de l’ordre qui ripostent de manière « plus ferme » . De plus, l’IGPN se voit attribuer une quantité trop grande de plaintes relatives à l’usage de la force, « quelle que soit la gravité des faits » , ce qui ralentit les enquêtes méritant d’être approfondies et le travail de l’institution.

Un total de 19 morts en 2019

Selon le rapport, l’année 2019 comptabilise 19 décès dus à l’intervention policière. Parmi eux, 8 sont la conséquence de l’usage directe d’une arme à feu et « dans plus d’un tiers des cas, le décès résulte du comportement direct du particulier ou de son état physique (problème de santé, malaise généré par l’alcool ou les stupéfiants…) » .

À côté, 53 blessures ont eu lieu lors d’opération de maintien de l’ordre ou suite à des violences urbaines, contre 90 en 2018. C’est la seule baisse mis en exergue par le rapport de l’IGPN avec le nombre d’enquêtes judiciaires relatives à l’usage des armes à feu individuelles par les policiers, qui sont de 34 par rapport à 52 en 2018.

Une chose est claire : l’année 2019 a été une année d’une particulière violence. Celle-ci doivent pouvoir être condamnée par la justice française, au même titre que les violences civiles. À côté, la majorité des forces de l’ordre tente d’accomplir leur mission de protection de la population civile et de veiller à la sécurité des citoyens. Des cas isolés remettent en question cet effort collectif. Les débordements sont inadmissibles, les policiers représentent l’état et se doivent de se comporter impeccablement. Or, la haine envers ces fonctionnaires d’état n’arrangera pas la situation et délégitime notre solidarité nationale.

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Publié par Salomee le 09 Juin 2020
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