Voici pourquoi votre enfant vous demande de (toujours) relire la même histoire ?

Publié par Mélaine le 01 Jan 2019

Non, vous n’êtes pas seuls ! Et rien que ça, c’est déjà une bonne nouvelle. Et nous comprenons, entre parents, notre désarroi. Chaque soir, c’est la même chose : vous voulez apaiser votre enfant en lui lisant une belle histoire ? Et chaque soir, le dit-enfant vous redemande la même histoire que la veille, et l’avant-veille et … Bref. Autant se contenter d’une bibliothèque à un livre ? Rassurez-vous : c’est normal. Et tout cela a une raison bien précise.

 

La même histoire, inlassablement

Nous, parents, on fait des efforts. Alors, comme on sait qu’il n’y a que du bon à tirer de la lecture, on se dit que le rituel de l’histoire du soir est important. Et chaque soir, c’est le même scénario. Dans tous les sens du terme : votre enfant réclame son livre préféré, que toute la maison connaît déjà par cœur. Mais pourquoi ?

 

La raison est assez simple. Les enfants se souviennent particulièrement bien des dernières activités qu’ils font avant de s’endormir. Cela les rassure et les apaise. Et c’est pour cela qu’il a un livre préféré. Parce qu’ils préfèrent la familiarité à la nouveauté, ils se sentent rassurés à l’idée d’un livre avec des personnages et une histoire qu’ils connaissent (déjà) par cœur.

 

Chez un nourrisson, c’est seulement une fois que son cerveau a bien mémorisé une chose, qu’il en a décrypté les moindres détails, qu’il se tournera vers ce qu’il ne connait pas. Un processus qui ne quitte pas les plus grands.

 

La même histoire : une question de développement de la mémoire

Plus un enfant grandi, plus sa mémoire devient performante. C’est plus rapidement qu’il se souviendra des choses.

 

Par exemple, un enfant d’un an assimile une séquence de nouvelles actions deux fois plus vite qu’un bébé de 6 mois. A un an et demi, il se souviendra de cette séquence pendant 15 jours. Celui de deux ans s’en souviendra pendant 3 semaines.

 

Sauf que, malheur aux parents, le livre du soir présente deux dimensions : le fond (l’histoire et son vocabulaire) et la forme (les images). Et voilà pourquoi ça coince : il faut moultes répétitions pour que leur cerveau comprenne tout.

 

Par exemple, les histoires que nous lisons à des enfants qui ont entre 3 et 5 ans leur permettent d’apprendre (et d’appréhender) de nouveaux mots. En moyenne, 50% de mots rares en plus qu’une simple émission de télévision.

 

Preuve en est : quand avez vous prononcé les mots « rhinocéros » ou « pyramide » pour la dernière fois dans une discussion ? Vous noterez donc que ces mots « simples » ne sont (presque) jamais utilisés en dehors des histoires. Les assimiler, les mettre en relation avec une image, les conceptualiser pour un enfant, prend du temps. Et donc, beaucoup de répétition.

 

Aborder l’histoire autrement

Nos yeux d’adultes et nos cerveaux sont souvent fatigués et peu disponibles lorsqu’on lit une histoire à son enfant. Un rituel dont, certains soir (et parce que la vie), on se passerait bien.

 

Il ne faudrait faire la lecture que dans un contexte particulier : celui de la détente. Et ne jamais oublier que si pour nous, ce n’est qu’une histoire, pour notre enfant, c’est bien plus. Alors pour l’aider, l’astuce est de se concentrer à chaque lecture sur un nouvel élément. Une fois, ce seront les images, une autre, le vocabulaire. On peut s’amuser en laissant l’enfant nous raconter l’histoire avec ses mots : c’est un exercice très enrichissant pour lui.

 

Et pour passer à un autre livre, en douceur, vous pouvez opter pour un autre livre du même auteur ou sur la même thématique par exemple.

 

Quoi qu’il en soit, même si vous êtes fatigués et hors-service le soir, n’oubliez jamais que ce moment ne se rattrapera plus jamais. Et que d’ici (trop) peu de temps, votre enfant sera grand et préfèrera passer ses soirées au téléphone avec ses amis plutôt qu’avec son papa ou sa maman qui lui lit une histoire. Alors, profitez-en !

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