Cyberminimalisme : ils se sont sevrés d’Internet pour revenir à l’essentiel

Publié par Mélaine le 09 Fév 2019

Cyberminimalisme. Un mot récent qui pourrait, dans les années à venir, devenir un véritable mode de vie. Pour certains, l’usage des écrans est une véritable addiction. Preuve en sont ces quelques témoignages recueillis par le 20 minutes.

 

Cyberminimalisme : ils passaient leurs journées sur des écrans

Les chiffres sont parlants et criants de vérité. Une note publiée en août dernier par la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives rapportait qu’en 2016, 93% des 12-17 ans étaient équipés d’un téléphone portable.

 

En 2017, les 13-19 ans passaient en moyenne 15h11 par semaine sur Internet.

 

Internet et les écrans font désormais partie intégrante de nos vies et ont considérablement modifié nos rapports sociaux. Il suffit d’observer les gens pour se rendre compte que le smartphone, qui nous servait initialement à téléphoner, nous a coupé du monde. Au restaurant, les uns et les autres ne se parlent plus. Ils sont scotchés à leurs écrans et ne rateraient pour rien au monde la moindre notification.

 

Nicolas, 22 ans, a été contraint d’arrêter la course à pied après un accident. Alors, de ce temps libre, il s’est empiffré d’écrans. « Je suis devenu accro aux jeux vidéo et je passais 6 à 8 heures par jour devant les écrans. J’étais très actif aussi sur les réseaux sociaux. Au bout de quelques mois, j’ai ressenti une énorme fatigue mentale, je suis devenu agoraphobe. »

 

Alors, pour s’en sortir, des personnes comme Nicolas ont opté pour le cyberminimalisme.

 

Le cyberminimalisme les a reconnecté à la réalité

Nicolas, soutenu par sa famille et ses amis, prend une décision radicale : réduire drastiquement ses usages numériques.

 

« Le soir, je mets systématiquement mon téléphone en mode avion et au réveil, je me force à l’allumer le plus tard possible. Aujourd’hui, j’essaie de ne pas dépasser 1 à 2 heures d’utilisation par jour sur mon smartphone ». 

 

Et pour réduire tout cela, le mieux a été de supprimer bien des applications. A l’instar de Papsou qui  a « commencé par supprimer l’intégralité des notifications, tous les sons, vibrations, les pastilles, les bannières, sauf pour les appels. Si c’est vraiment urgent, on m’appelle en règle générale ».

 

Pierre, 42 ans, a décidé de tout supprimer à son retour de vacances « J’ai retiré toutes les messageries comme Messenger ou Whatsapp. Au total, j’avais une centaine de conversations, ça devenait intenable ». 

 

Le cyberminimalisme : a adopter d’urgence

Internet, les écrans en général, ne devraient être qu’un plus. Pas une raison d’être. Les yeux rivés sur leur téléphone, Giulia note que « les gens ne se parlent plus et se rentrent dedans lorsqu’ils marchent dans la rue. C’est triste ».

 

Lorsque des témoignages comme ceux-ci nous parviennent, on pense que cela ne se passe que chez les autres. Et pourtant. Combien sommes-nous à regarder notre téléphone alors que nous ne sommes pas encore tout à fait réveillé ? Combien sommes-nous à nous sentir chargé de la vie des autres et de leurs problèmes ? Combien de nous nous sommes déjà dit qu’on avait rien fait de la journée parce que nous avions passé des heures face à un écran ?

 

Le téléphone portable servait principalement à téléphoner. Une cure de cyberminimalisme s’impose. En arrêtant le téléphone, nous nous rendons compte que son usage a aussi changé notre notion même de l’urgence. Peu de choses sont urgentes, dans la vie. Et il y a fort à parier que si, un jour, une urgence arrivait, ce n’est pas par une notification Facebook que vous l’apprendriez.

 

Faites l’expérience : combien de temps perdez vous lorsque vos yeux sont rivés sur votre écran ? Combien de fois, lorsque votre enfant vous sollicite, vous répondez « je suis occupé.e ». Se couper de son écran, c’est aussi revenir à l’essentiel et s’éviter une surcharge mentale terrible. 

 

Nicolas, quant à lui, a remarqué qu’en optant pour le cyberminimalisme, il s’endormait et dormait « beaucoup mieux. J’ai l’impression d’avoir retrouvé une certaine liberté, j’ai plus de temps pour moi, pour mes proches et c’est ça qui me fait le plus de bien ». 

 

Le saviez-vous ? On appelle nomophobie la peur panique d’être séparé de son téléphone.

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