Le sexisme ordinaire au travail, sommes-nous toutes obligées de passer par-là ?!

Publié par Charlene le 18 Mar 2017

Vous est-il déjà arrivé d’entendre l’occurrence sexisme ordinaire au moins une fois dans votre vie ? Si vous n’avez pas d’excroissance dans la culotte, techniquement oui. Je vais donc le résumer à ma façon : les gros lourdingues au boulot, on sait à peu près toutes ce que c’est. Cela dit, j’admets que pour avoir bossé au service marketing d’une boîte dont je ne citerai pas le nom (ça vaut même pas le coup), il y avait 80 % de nanas. Et ce qui est marrant, c’est de réaliser que même lorsqu’il n’y a pas beaucoup d’hommes dans un service, on trouve quand même le moyen de se prendre une réflexion sexiste de temps en temps.

Sexisme ordinaire, une lutte permanente...

Et c’est supposé être normal. On n’a donc pas à s’en offusquer… Sinon ça envoie plusieurs messages à l’autre : 1) t’aimes pas l’humour. 2) t’es mal baisée. 3) t’es aigrie. Les filles, jme trompe ? Eh pourtant, j’aime l’humour, et tout le reste aussi. Alors aujourd’hui, parlons d’une petite expérience rigolote (je ris jaune) qu’un mec a mené au sein de sa propre boîte.

 

Il s’agit plus exactement de l’expérience de deux collègues, Martin et Nicole, qui bossent dans le même service d’une boîte dont nous ne citerons pas le nom non plus. Martin R. Schneider, ex-agent d’une société de recherche d’emploi, a donc constaté un jour avoir reçu un email cinglant de la part d’un client. L’email en question faisait suite à un email de Martin (ce point est important pour la suite de l’histoire).

 

Très clairement, aucun client ne lui avait jamais parlé de la sorte. L’email était vraiment salé, déplacé, malpoli. Et tout l’échange d’emails entre ce client et Martin s’est déroulé ainsi, dans un profond dédain de la part du client. De prime abord, Martin était étonné de recevoir de telles réponses. Il ne comprenait pas pourquoi un tel manque de respect. Puis Martin a réalisé que tous les emails qu’il avait envoyé au client avait été signé sous le nom de sa collègue Nicole Hallberg. Les joies des boîtes mail partagées au taff !

 

Avant de vous raconter la suite de cette anecdote, il est important de préciser que le patron de Nicole lui avait a plusieurs reprises reprocher d’être trop lente au moment de la prise en charge des clients. Elle ne parvenait pas à boucler les dossiers aussi rapidement que Martin. Comme il avait un peu plus d’expérience qu’elle, il s’est simplement dit que c’était le temps que Nicole se familiarise complètement au poste. Et qu’elle serait plus productive d’ici quelques temps. Pour Martin, il n’y avait là rien d’alarmant. Fin de l’aparté.

 

Martin a donc informé sa collègue de l’incident de la boîte mail et ensemble, ils ont voulu faire une petite expérience durant deux semaines. L’idée était que Nicole signe ses emails sous le nom de Martin et inversement. Et voilà l’histoire telle qu’elle fut publiée sur Twitter (traduite) :

 

« Alors voilà une petite anecdote de la fois où @nickyknacks m’a expliqué à quel point il était difficile d’obtenir le respect au travail lorsqu’on est une femme.

 

Nicole et moi bossions dans le même service et notre boss se plaignait tout le temps de la même chose. Elle prenait trop de temps avec les clients.

 

En tant que son superviseur direct, je voyais ça comme un mal de moindre importance. Et je me suis dit que si je bossais plus vite, c’était simplement parce que j’avais un peu plus d’expérience.

 

Puis je me suis retrouvé dans le rôle de celui qui devait toujours contrôler son taff et lui mettre la pression pour que le boss soit content. On détestait ça elle et moi, et je voyais bien qu’elle faisait son maximum pour fournir un bon travail rapidement.

 

Alors un jour, j’ai envoyé un email à un client au sujet de son CV et il est juste devenu ingérable. Malpoli, méprisant, et il ignorait mes questions en plus.

 

Il me répondait que ses méthodes respectaient les standards de l’industrie (ce n’était pas le cas) et que je ne pouvait pas comprendre les termes qu’il utilisait (alors que si).

 

Quoi qu’il en soit, j’ai commencé à en avoir marre de ses conneries puis j’ai remarqué un détail. À cause de notre boîte mail partagée, je n’avais pas réalisé que je m’étais planté et que tous mes mails avaient été signés sous le nom de Nicole.

 

En fait, le client se montrait impoli car il pensait communiquer avec Nicole, pas avec moi. Alors par curiosité, je lui ai envoyé un email en lui disant : « Bonjour, moi c’est Martin, je vais prendre en charge le projet de Nicole à partir de maintenant ».

 

AMÉLIORATION IMMÉDIATE. J’ai reçu une réponse positive, qui me remerciait pour mes suggestions. Il répondait rapidement, en me disant des trucs du genre « bonnes questions » ! Il est devenu le client modèle quoi.

 

À noter : mes techniques et mes conseils ont toujours été les mêmes. La seule chose qui changeait était que dorénavant, les recommandations venaient d’un nom d’homme.

 

Alors j’ai demandé à Nicole si ça lui arrivait souvent. Et elle m’a répondu ceci : « Pas TOUT le temps… mais souvent oui ».

 

On a donc mené une expérience. Pendant deux semaines, on a échangé nos noms. Je signais tous les emails que j’envoyais aux clients sous le nom de Nicole. Et elle signait tous ses emails sous mon nom. Les gars. Ça craint grave.

 

J’ai vécu l’enfer. Tout ce que je demandais ou suggérais était remis en question. Ces clients, que j’aurais pu gérer même pendant mon sommeil, se montraient condescendants. Il y en a même un qui m’a demandé si j’étais seul.

 

Nicole en revanche, a passé les deux semaines les plus productives de toute sa carrière. J’ai réalisé que la raison pour laquelle elle mettait plus de temps à bosser, c’est simplement parce qu’elle devait convaincre les clients de la respecter.

 

À peine avait-elle le temps de convaincre un client qu’elle était digne de confiance et que celui-ci la respecte enfin, que moi, j’étais déjà passé à un autre client.

 

Je n’étais pas meilleur qu’elle dans mon boulot, j’avais juste cet avantage invisible.

 

J’ai montré tout ça à notre boss, et il ne m’a pas cru. Ce à quoi je lui ai répondu qu’il n’y avait pas de problème, mais que désormais, je ne reprendrais plus jamais Nicole sur sa productivité avec les clients.

 

Il m’a finalement concédé cette bataille, mais n’a pas pour autant arrêté de nous les casser sur cette histoire de productivité. Mais ça, c’est encore un autre problème.

 

Voilà le truc qui craint vraiment : pour moi, c’était choquant. Pour elle, c’était une HABITUDE. Elle se disait que ça faisait juste partie de son travail…« 

 

Que pensez-vous de tout ça ?

Crédits photo / photo à la une : Pixabay

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