Gaspillage alimentaire : un Leclerc des Landes épinglé

Publié par Mélaine le 09 Fév 2019

Souvenez-vous, c’était le 11 février 2016. La loi Garot était votée. C’est elle qui interdit aux grandes surfaces de rendre impropres à la consommation leurs invendus encore consommables. Ces invendus sont, depuis, censés rejoindre les associations d’aide alimentaire. Ce lundi, pourtant, une opération coup de poing a prouvé qu’un supermarché Leclerc n’avait pas respecté la loi et avait aspergé d’eau de Javel de la nourriture.

 

Gaspillage alimentaire : Leclerc épinglé

Deux avocats du barreau de Paris ont, ce lundi 4 février, lancé une opération coup de poing contre un centre Leclerc situé à Mimizan Plage, dans les Landes.

 

Accompagnés par un huissier de justice, ils ont fait constater que l’enseigne avait, délibérément, jeté près de 50 kilos de nourriture. La nourriture avait ensuite été aspergée d’eau de Javel.

 

Les deux avocats, Me Arash Derambarsh (à l’origine de la loi anti-gaspillage) et son associé Thierry Vallat ont eux-mêmes vidé la poubelle en question, sous les yeux ébahis des clients. « C’est un véritable scandale de voir cela. Des fruits, des légumes, de la viande, des viennoiseries dont la plupart avec des dates de péremption non dépassées. Comment peut-on voir cela en France en 2019 alors que tant de gens ont du mal à se payer de quoi manger ? » explique l’un des avocats.

 

Devant la directrice de l’établissement, Me Derambarsh explique que « Nous ne sommes pas là pour taper sur les doigts de quiconque mais pour faire respecter un texte qui permet de servir 10 millions de repas chaque année« . 

 

Leclerc épinglé : une action qui en appelle d’autres

Ne soyons pas naïfs. Nous imaginons tous que ce genre de comportement doit être récurrent. La directrice de l’enseigne n’a eu d’autre choix que d’expliquer que son magasin donne pourtant de la nourriture à la Banque Alimentaire mais que les collectes ne sont pas toujours possibles. 

 

Quant à savoir pourquoi de l’eau de Javel était déversée sur la nourriture, spontanément, la directrice répondra que cette décision émane de sa direction générale.

 

Me Thierry Vallat rappelle que « Cette action est la première d’une très longue série car nous avons des informations venant de toute la France pour des comportements similaires et nous allons déposer des dizaines de plaintes ». 

 

Rappelons que les patrons encourent 3750€ d’amende s’ils ne respectent pas la loi. Michel-Edouard Leclerc a répondu à cette affaire sur Twitter. « L’info est vraie. Même si c’est un petit magasin, c’est incompréhensible, c’est du laxisme et non respect de notre charte. Je viens d’avoir le propriétaire, par ailleurs nickel dans son hyper. Il s’excuse et rectifie ».

 

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