Qu’est-ce que la misophonie ? Cette maladie qui rend les gens fous !

Il y a des bruits que personne ne supporte, vous imaginez bien de quoi nous voulons parler. Qui apprécie le frottement de la craie sur le tableau ? L’écho du collègue qui mastique son chewing-gum frénétiquement pendant des heures ? Si ces bruits du quotidien sont plus perturbants qu’autre chose, ils se révèlent insupportables pour les personnes qui souffrent de misophonie.  Ce phénomène santé ne concerne pas seulement un ou deux bruits mais englobe tous les sons répétitifs du quotidien qui peuvent rendre fou et agressif.

Qu’est-ce que la misophonie ?

La misophonie se traduit littéralement par « la haine du son » . Ce terme est apparu en 2000 et témoigne d’une forte sensibilité aux sons. Il s’agit d’un trouble neuropsychique très rarement diagnostiqué, aussi connu sous le terme Selective Sound Sensivity Syndrome (4S) ou encore Soft Sound Sensivity Syndrome.

Pour les personnes touchées par cette maladie, il est très difficile de supporter les sons du quotidien. Et plus particulièrement les sons répétitifs produits par d’autres personnes. Les plus insupportables semblent être liés aux mâchements de bouche lors des repas par exemple. À ce jour, il est impossible de déterminer précisément combien de personnes sont concernées par ce phénomène par manque de diagnostic, mais cette pathologie apparaît pendant l’enfance et s’intensifie en vieillissant. « Depuis mes 6 ans déjà je ne supportais pas le bruit de la petite cuillère dans la tasse de café que mon père tournait trop longtemps avant de mettre la tasse dans sa bouche en faisant une sorte d’aspiration bruyante à chaque gorgée » témoigne Nanou, atteinte de misophonie.

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Quelles sont les causes de la misophonie ?

La misophonie ou haine du son, est une maladie très handicapante pour ceux qui en souffrent. Si cette pathologie reste plutôt méconnue du grand public, les misophones ont tendance à paraître fous en communauté. Les causes cette pathologie ne sont pas clairement définies. Pawel Jastreboff, chercheur en neuroscience affirme qu’il s’agit d’une mauvaise connexion entre différentes composantes du système nerveux. En 2013, des études neurologiques et des examens cérébraux ont été menés pour en apprendre davantage sur le sujet. Les résultats montrent que cette anomalie se développe dans le cortex cingulaire antérieur et le cortex insulaire. Ceux-ci sont également impliqués dans le syndrome de Gilles de la Tourette et jouent un rôle important sur la colère, la douleur et l’information sensorielle.

Il reste cependant, de nombreuses études à mener sur cette maladie afin d’en déterminer plus précisément les causes exactes.

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Comment savoir qu’on souffre de misophonie ?

Si le son d’un chewing-gum mâché, le tic-tac d’une horloge ou le bruit de respiration de votre père vous mettent dans une colère irrationnelle, vous souffrez peut-être de misophonie. Les victimes de cette pathologie manifestent des réactions de colère, de rage ou d’anxiété démesurées. Un simple bruit de pas peut vous faire pleurer ou vous donner envie de tuer votre entourage. Antoine se livre : « J’ai réalisé que j’étais atteint de misophonie il y a peu. J’ai 16 ans et depuis plusieurs années, le simple fait d’entendre quelqu’un mâcher me donne envie de le tuer. Pour lutter contre cela, je suis toujours en train de me boucher les oreilles à table ou alors je leur demande de faire moins de bruit mais plus le temps passe et plus cela devient gênant pour tout le monde » .

Pour certaines personnes, cette maladie est une vraie lutte quotidienne. Les repas sont insupportables, la vie en communauté impossible. « Aller au collège est devenu une torture, je ne peux plus manger à table avec les autres, je passe mon temps enfermée dans ma chambre avec de la musique à fond, pour échapper à ces bruits dits « normaux », mais qui me paraissent insupportables. Je m’empêche de manger le soir, je préfère avoir l’estomac dans les talons plutôt que de supporter les bruits de mastications et de respirations de mes proches. Je me renferme, je deviens solitaire, je suis malheureuse… » confie Laurine.

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La misophonie est-elle la même pour tous ?

Cette maladie peu connue met les misophones dans des états de colère disproportionnée à l’entente de certains sons. Comme bien d’autres pathologies, les symptômes connaissent différents stades de gravité. Ils s’échelonnent du niveau 0 au niveau 10 grâce au tableau « The Misophonia Activation Scale »

Ainsi, il est facile de comprendre que la maladie est complexe et les misophones tous très différents. Si certains parviennent à se contrôler et à rester calmes dans certaines situations, d’autres peuvent être envahis par la colère et la rage sans pouvoir se contrôler… Jusqu’à aller à faire du mal ou se faire du mal…

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Comment soigner la misophonie ?

Il n’existe à ce jour aucun traitement EBM (pharmaceutique) pour soigner cette maladie. Certaines thérapies peuvent néanmoins soulager les personnes atteintes de misophonie en travaillant sur des stratégies d’adaptation. Des études ont été faites pour relaxer les victimes de différentes manières : thérapie acoustique d’habituation, thérapie cognitivo-comportementale ou thérapie d’exposition. Néanmoins l’efficacité n’a pas été encore prouvée. Le docteur Jastreboff semble avoir trouvé une solution qui aurait 90% de chances de réussite : le traitement consiste à écouter les sons qui dérangent et de les associer à un autre son pendant neuf mois. Pour soulager les souffrances des misophones, il leur est conseillé d’utiliser des protections auditives, d’écouter de la musique pour masquer le bruit qui les dérange. Le risque de cette solution est l’isolement social. Cela ne peut donc pas être considéré comme un traitement au long terme mais plutôt comme une aide ponctuelle pour réduire les angoisses.

Très peu prise au sérieux, cette maladie est pourtant grave et rend la vie des personnes victimes difficiles.  « J’ai essayé d’en parler à mes proches, je me suis fais traiter de menteuse, on m’a dit de cesser de dire des bêtises, et que ce genre de « maladies » n’existaient pas. » conclue Laurine. Le manque d’études nuit considérablement aux personnes qui souffrent quotidiennement de cette pathologie…

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Publié par Emma le 22 Mai 2019
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