Un message inscrit sur les étriers du gynéco pour aider les femmes victimes d’abus à parler sans la présence de leur conjoint

Une association canadienne qui vient en aide aux femmes en difficulté, a eu une idée ingénieuse pour mettre fin au tabou des violences conjugales. Bon nombre de femmes victimes d’abus n’osent pas parler, notamment parce qu’elles ne se sentent pas à l’aise pour le faire mais aussi parce que leur compagnon abusif les suit à la trace et refuse de les laisser seules. L’association Women’s Aid vient de lancer une campagne de sensibilisation qui utilise les étriers des gynécologues comme support média, afin de livrer subtilement un message aux femmes qui souffriraient en silence, sans que leur conjoint ne se rende compte de rien.

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Comment oser parler des violences lorsque son conjoint est dans les parages ?

Les victimes d’abus sexuels, de violence conjugale ou de toute sorte de violence physique ou mentale sont encore trop souvent muettes. Effrayées par la nature possessive et agressive de leur compagnon, elles n’osent pas parler. Women’s Aid a décidé de leur venir en aide en tentant une nouvelle approche, qui permettrait à un professionnel, comme un médecin, de demander au compagnon de quitter la pièce. Grâce à des cabinets de gynécologues partenaires au Canada, l’association a pu écrire des messages sur les étriers et par conséquent, seules les patientes peuvent le lire, même si leur compagnon est dans la pièce pour les surveiller.

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Cette campagne sur les étriers du gynécologue permet de demander un peu d’intimité en toute discrétion

Il faut avoir les pieds sur les étriers, et les jambes relevées pour que le message apparaisse à hauteur des yeux de la patiente. Pendant toute la consultation la patiente peut lire le message, qui lui donnera peut-être le courage de parler. « Vous ne vous sentez pas en sécurité et vous avez besoin de me parler en privé ? », peut-on lire sur l’étrier de gauche. « Prenez un échantillon avec un couvercle rouge et je demanderai à votre conjoint de nous laisser ». À la fin de la consultation, le gynécologue demande à sa patiente un échantillon d’urine pour procéder à des tests. Avant de se rendre aux toilettes, il lui montre l’étagère sur laquelle sont posés des petits pots qui ont des couvercles rouges ou des couvercles noirs. Si elle prend une éprouvette au couvercle rouge, le médecin sait qu’elle veut parler en privé et il demande à l’homme de sortir, prétextant une excuse.

Si vous êtes victime d’abus en France, le numéro d’écoute est le 39 19.

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Crédits : Shutterstock

Publié par Nicolas F le 26 Jan 2020
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