Collapsologues : ces gens qui se préparent à la fin du monde

Publié par Mélaine le 07 Fév 2019

On connaissait déjà les survivalistes. Mais aujourd’hui, ce sont les collapsologues qui sont sur le devant de la scène. Des témoignages de prises de conscience, des témoignages de vies que Le Monde a recueilli. Découvrez qui sont ces collapsologues, quelles sont leur vie et comment ils se préparent à la fin du monde tel que nous le connaissons aujourd’hui.

 

Collapsologues : la fin d’un monde

Pas de panique, nous n’allons pas vous parler de personnes qui pensent qu’une attaque de zombies est à craindre. Loin de là.

 

Les collapsologues croient en l’effondrement d’un monde. Du monde tel que nous le connaissons aujourd’hui. C’est à dire la fin de notre civilisation industrielle. Il croient en un effondrement qui se produira en cascade : des crises écologiques, financières, sociales, politiques et culturelles.

 

On les appelle les « effondristes » et, pour eux, le réveil a été brutal. A l’instar d’Ingrid, une mère de famille de 44 ans qui, après avoir lu une tribune du mathématicien Yves Cochet, explique que « J’ai réalisé que l’effondrement de notre société était déjà en cours, comme si je voyais d’un coup le mur dans lequel on était en train de foncer ».

 

Tous les effondristes parlent de leur prise de conscience comme d’un « choc »« un coup de massue » mais, rapidement, parlent d’une « évidence »,d’« un mot enfin mis sur un sentiment diffus ».

 

Collapsologues : entre violence, déni et acceptation

La prise de conscience de ces hommes et ces femmes est violente. Elle les interroge sur leur place dans la société et sur le sens même qu’ils veulent donner à leur vie.

 

Vanessa, 40 ans, ancienne Parisienne, explique que « Nous les cadres, exerçant des métiers intellos, on réalise notre haut niveau d’inutilité dans le monde qui nous attend demain ». Sa vie d’avant ? Des « commandes hebdomadaires sur Amazon, de nombreux voyages à l’étranger » et du « gaspillage outrancier. Comme plein de gens, je me disais que vivre, c’était consommer ». Pour elle, la prise de conscience a engendré une « phase de deuil [qui] a été violente ».

 

Une existence pré-prise de conscience qui, avec du recul, leur provoque un sentiment de honte. Thierry, lui, s’est simplement demandé « qu’est-ce que je fous là ? ». A 50 ans, il venait de passer 20 ans en Asie où il mesurait sa « réussite personnelle en fonction des entreprises » pour lesquelles il travaillait.

 

Des angoisses que Clément, 30 ans, accepte comme « des angoisses liées à la fin de mon monde« .

 

Collapsologues : une nouvelle vie

Après la violence et le déni, les effondristes passent alors à l’action. Thierry le dit : « l’effondrement n’est pas une fin, cela peut-être une renaissance« . Et pour renaître, des alternatives existent. La première, et la plus évidente, c’est de revoir sa consommation, de sortir de cette usine dont nous sommes l’offre et la demande, de cette surconsommation outrancière et honteuse dans laquelle nous vivons. Ils boycottent les grandes surfaces au profit des circuits courts, il vont à l’essentiel.

 

Thierry, ex businessman, rapporte que sa famille et lui « ont arrêté de vivre dans le confort que l’on a connu » et s’en sont allés, acquérir un petit terrain à la campagne pour y faire de la permaculture.

 

Les collapsologues partent. Ils fuient cette société dans laquelle ils n’ont pas leur place. Et à laquelle ils ne veulent pas, plus, participer. Partir. Protéger les leurs de l’effondrement à venir. Vivre en auto-suffisance, réapprendre à respecter Mère Nature, à se contenter de ce qu’elle nous apporte. Redécouvrir la vie, en autonomie. Des petits et grands changements qui, s’ils ne changent pas forcément la face du monde, permettront à nos enfants de savourer la vie, de la comprendre. De l’aimer, à sa juste valeur.

 

Et vous ? Pensez-vous que ce type de scénario est possible ? Pensez-vous que, justement, nous soyons en plein dedans ? Avez vous peur des conséquences ? Avez-vous l’impression d’avoir des points communs avec les collapsologues ?

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