La vérité derrière la production de noix de cajou : des femmes vivent avec les mains brûlées pour 2,5 € par jour

De plus en plus de régimes ont tendance à parler des bienfaits des fruits secs. On conseille aux sportifs d’en manger une poignée chaque jour. Et le nombre croissant de vegans et végétaliens a pour conséquence que certains aliments, comme les fruits secs par exemple, sont de plus en plus consommés. Parmi eux, il y a la noix de cajou, qui de par son goût assez doux se distingue de la noix et se mange facilement à l’apéro lorsqu’elle est salée ou grillée. Malheureusement, avant d’être emballées dans de beaux sacs bio, les noix de cajou cachent un passé bien moins reluisant. Découvrez la vérité derrière la production des noix de cajou en Inde où les ouvrières aux mains brûlées travaillent dans la douleur pour 2,50 euros par jour.

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Une travailleuse a dévoilé la vérité derrière la production de cajous

Pushpa Gandhi, 30 ans, a accepté de rencontrer une journaliste du Daily Mail qui a suivi son quotidien. Cette jeune maman vit dans le sud de l’Inde et travaille toute la journée dans une entreprise qui décortique les noix de cajou. L’intérêt grandissant des occidentaux pour ces noix lui permet certes d’avoir du travail, mais les supermarchés font aussi tout pour baisser leurs prix afin de satisfaire de plus en plus de clients. Malheureusement, au début de la chaine, les pauvres travailleurs qui décortiquent les noix dans des conditions de plus en plus déplorables. Au Royaume-Uni, ce sont 17 000 tonnes de noix de cajou qui ont été mangées en 2016, ce qui représente une augmentation de 35% en 4 ans. Et depuis, ce chiffre a encore augmenté.

Certains régimes alimentaires favorisent la consommation des noix de cajou

L’augmentation du véganisme joue un rôle dans cet intérêt grandissant pour ce fruit sec. Mais il n’est pas le seul responsable. Tous les Occidentaux qui pensent faire du bien à leur corps se dirigent vers des aliments plus sains et sont en demande de ce genre d’aliments. Ainsi, même les grands fabricants imaginent des barres chocolatées dans lesquelles ils mettent des noix, des fruits secs. Les salades préparées comprennent aussi des noix de cajou et même les alternatives végétaliennes aux laits utilisent des noix. On trouve des laits végétaux aux amandes, aux noisettes, au riz et aux noix de cajou, sans compter les produits dérivés comme les crèmes à la vanille ou chocolatées fabriquées à base de noix. Il est vrai que les noix de cajou sont une bonne source naturelle de protéine, de magnésium, de potassium, de fer, de zinc et d’acides gras saturés. Pourtant, les noix de cajou cachent un secret honteux : leur production.

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50 000 personnes vivent de la production de cajous en Inde

La majorité des noix de cajou provient d’Inde ou du Vietnam, du Nigeria, des Philippines, où elles sont écossées à la main car leur coque est difficile à enlever. Mais les cosses de la cajou ne sont pas aussi simples à casser qu’une simple noix. Elle est composée de deux couches, entre lesquelles on retrouve deux substances caustiques qui s’en échappent, le cardol et l’acide anacardique. Ces substances acides ont pour effet de brûler la peau. En Inde, ce sont 50 000 personnes, presque toutes des femmes, qui travaillent dans le business des cajous. Elles ont toutes les mains noires et brûlées. Elles ne peuvent pas porter de gants car elles ont besoin de leurs ongles et de leurs mains nues pour mieux appréhender chaque noix. Bien entendu, elles n’ont pas les moyens de se payer des soins, car elles sont payées moins que rien.

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Les travailleurs gagnent environ 2,5 euros par jour

Pushpa Gandhi, qui a accepté d’être interviewée gagne 200 roupies par jour, soit 2,5 euros. Elle est payée par le grossiste, quelques centimes par kilo de noix en coques et elle produit environ 10 kilos de noix écossées par jour. À titre de comparaison, Carrefour vend des noix de cajou conditionnées dans différents emballages et sous différentes gammes, pourtant toutes de la marque Carrefour. Les noix de cajou I Love Nuts & Fruits sont à 24,88 €/ kilo, les « nature » vendues en barquette sont à 22,50 €/kilo, les « bio » sont à 29,35 €/kilo, les grillées et salées à 22,71€/kilo et celles de la marque « produit blanc » de Carrefour sont au prix imbattable de 13,27 €/kilo. Pushpa Gandhi est payée 0,25 €/kilo.

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Ses mains sont tellement brûlées par l’acide qu’elle souffre en permanence

Pushpa travaille sans contrat et est au bon vouloir des récoltes. Si les récoltes sont mauvaises, il arrive qu’elle n’ait pas de travaille pendant deux mois. Lorsqu’elle rentre chez elle le soir, elle doit encore préparer le repas pour sa famille… une vraie torture. Couper les oignons et préparer les ingrédients lui procure une douleur intense, comme a pu le constater la journaliste sur place. Ensuite, l’heure du repas est encore pire. En Inde, personne ne mange avec des couverts et lorsqu’elle utilise ses doigts pour prendre du riz imbibé de curry, elle se met à pleurer. Le curry lui pique les mains, lorsqu’il lui coule sur ses doigts crevassés.

vérité production de noix de cajou

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Les conditions de travail sont pires qu’on le pense

Les femmes qui décortiquent les cajous à longueur de journée sont motivées à en faire le plus possible, afin de ramener quelques centimes de plus en fin de journée. Mais en travaillant plus vite, des accidents se produisent. Elles utilisent des couteaux et des maillets pour casser les coques et il arrive fréquemment qu’elles se coupent un doigt, ce qui les handicape par la suite si elles arrivent encore à travailler. Au centre médical de Cuddalore, les infirmières ont l’habitude de soigner des mains abimées par l’acide qui a coulé sous les ongles, qui ont fini par s’infecter. 40% des patients de ce centre médical travaillent dans l’industrie de la noix de cajou. Bien sûr, le nombre d’infections pourrait déjà être diminué si elles se lavaient les mains, mais il n’y a aucun évier ni toilettes sur le lieu de travail.

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Il faut acheter des produits éthiques et labellisés

Que faut-il faire ? Il ne faut pas boycotter les noix de cajou pour autant. Sans ce travail, ce sont 50 0000 personnes en Inde qui n’auraient plus ce maigre salaire. Il faut privilégier les produits qui sont labellisés et qui promettent un travail éthique. Nous avons fait le test et lorsque vous lisez l’étiquette de la majorité des paquets de noix de cajou dans les magasins, il est écrit « origine France ». Ne vous y trompez pas ! Cela veut simplement dire qu’elles ont été conditionnées en France ou peut-être salées ou mélangées à d’autres ingrédients en France. Les plus gros pays producteurs au monde sont le Vietnam, le Nigeria, l’Inde et le Brésil et il existe de plus petits producteurs comme les Philippines, par exemple. Les conditions de travail varient d’un pays à l’autre, l’Inde semble-t-il, est en bas du classement. Contrairement au Vietnam qui utilise bien souvent des machines, en Inde, tout le travail se fait encore à la main.

Crédits : Daily Mail, Buzzle, Shutterstock

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Publié par Nicolas F le 07 Avr 2019
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