Honteux : le règlement sexiste d’un lycée qui trouvait que les tenues de certaines filles « empêchaient les garçons de travailler » !

Publié par Mélaine le 27 Sep 2018

Ah le sexisme … On vous en parle souvent. Au lycée Jean Moulin de Pézenas, dans le sud de la France, les shorts sont interdits aux filles. Pourquoi ? Parce que cela gênerait les garçons.

 

Un sexisme décomplexé

Le sexisme est à la fois quotidien et ordinaire. Mais il est d’autant plus dangereux dès lors qu’il est totalement décomplexé.  Le site madmoizelle.com nous rapporte un mail qu’une journaliste a reçu. Une jeune lycéenne lui a écrit que :

 

« Le jour de la rentrée, lors d’une réunion dans l’amphithéâtre avec les professeurs et tout les terminales, la proviseure a déclaré qu’elle était « profondément choquée de la façon dont s’habillaient les filles de cet établissement »

Elle ne comprenait pas « comment des parents peuvent laisser leurs filles partir étudier comme ça »

Elle a donné, comme exemple de vêtements choquants, les shorts et les t-shirts moulants — sur les filles, bien évidemment. »

 

De quoi nous faire bondir. Le jour de la rentrée, il faisait plus de 30 degrés.

 

« Selon la proviseure, les filles doivent s’habiller de façon « décente », c’est-à-dire avec des pantalons, afin que les garçons ne soient pas dérangés dans leur apprentissage scolaire. Nous devons donc, pour le bien des garçons, nous couvrir afin qu’ils puissent étudier tranquillement. »

 

Alors, on sait déjà ce que certains vont dire : qu’au lycée, on y va pour étudier, pas pour faire un défilé de mode. Sauf que là, clairement, les garçons, eux, ont le droit au short. Mais pas les filles. Dont les gambettes déconcentreraient ces jeunes hommes.

 

La réaction face au sexisme

C’est un garçon qui a tenu à prendre la parole et à se lever contre la proviseure :

 » Lorsqu’un garçon a osé prendre la parole dans l’amphithéâtre pour lui dire qu’il ne voyait pas de rapport entre la scolarité des garçons et les vêtements des filles, la proviseure lui a tout simplement répondu d’aller voir l’infirmière « pour qu’elle lui explique ce que peut provoquer chez un garçon une tenue indécente sur une fille ».

 

À travers son discours, elle réduit donc les garçons au statut de prédateurs sexuels ne pouvant retenir leur pulsions à la vision d’une fille (ou d’un objet sexuel, il n’y a apparemment pas grande différence). »

 

 » Chaque jour, des dizaines de filles se font interpeller par la proviseure, mais également la proviseure adjointe ou encore l’infirmière, au sujet de leur tenue.

 

Elle se voient qualifiées « d’indécentes », et cela peut arriver n’importe où : dans la cour, dans les couloirs, devant le lycée, à la cantine, à l’infirmerie…

 

Une fille peut se faire arrêter plus de trois fois dans la même journée par une personne différente, qui va à chaque fois émettre un jugement sur ce qu’elle porte.

 

Les tenues en questions sont généralement de simples shorts en jean et t-shirts.

 

Je tiens aussi à préciser que les garçons venant au lycée en shorts qui arrivent en haut de la cuisse, comme ceux des filles, ne se font absolument jamais reprendre. »

 

Il aura fallut la mobilisation des élèves, des parents d’élèves ainsi que du site Madmoizelle pour que la proviseure abandonne son règlement on ne peut plus sexiste

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