Paternité forcée, papa au foyer et congé parental : Que veut dire être papa en 2019 ?

À quoi ressemblent les papas d’aujourd’hui ? Que sont devenu les pères après MeToo, le féminisme et la dénonciation de la charge mentale ? Nous ne sommes plus en 1969 où les hommes partaient travailler pendant que les femmes restaient s’occuper des enfants. Les choses ont changé et les rapports au père aussi. À une époque où le congé paternité, la paternité imposée et les papas au foyer font (encore) débat, comment peut-on se construire en tant que père ?

Quand est-ce qu’on devient papa ?

Cette question a longtemps fait débat. On entend souvent qu’une femme devient mère au moment où elle tombe enceinte et qu’un homme le devient lors de l’accouchement. En effet, une mère a un rapport plus « fusionnel » avec l’embryon puisqu’il vit littéralement en elle pendant 9 mois. Pour les papas, intégrer le fait qu’un petit être va bientôt venir chambouler leur vie peut être plus dur. Le sujet est évoqué dans le livre « Pater Dolorosa » de Jérémie Szpirglas. Ce papa raconte la deuxième grossesse compliquée de sa femme et comment il s’est senti impuissant. Ce sentiment surgit surtout quand le couple fait de douloureux choix de l’interruption médicale de grossesse. Comment faire son deuil quand il est périnatal ? Comment aider sa compagne quand on ne vit pas la même chose qu’elle ? Car au final même si la connexion avec l’enfant n’est pas la même, elle est bien présente.

paternité

La paternité imposée

Mais certains hommes ne choisissent pas cette paternité. Ils n’ont parfois pas le temps de s’y préparer. On ne parle pas de dénis de grossesse où aucun des deux parent n’est prêt mais de la paternité imposée. Ce sujet commence à lentement faire parler de lui ces derniers temps. Ce cas concerne les hommes qui ne souhaitent pas (ou plus) avoir d’enfant mais dont les compagnes ou partenaires sexuelles tombent enceintes et décident de garder l’enfant. Si la mère déclare un père et que le test de paternité coïncide avec ses déclarations alors cet homme peut se voir contraint de payer une pension alimentaire. En effet, la loi reconnaît une action en recherche de paternité (article 327 du Code civil), c’est-à-dire la non-protection en cas de rapports sexuels. Cette loi permet de protéger la mère et l’enfant mais ne laisse pas le choix aux pères.

Certains regrettent que les choses se passent ainsi, spécialement quand la grossesse a lieu à « l’insu » du père ou quand la mère a quitté son compagnon avant la naissance de l’enfant. Certains hommes apprennent parfois 20 ans plus tard qu’ils sont pères et qu’ils doivent des sommes astronomiques à un enfant qu’ils ne connaissent pas. Pour pallier cette « inégalité » de la loi, la juriste est essayiste Maria Iacub a proposé de créer le concept de « géniteur sous X » .  « Il suffirait de créer une procédure analogue à celle de l’accouchement sous X, qui lui permettrait de s’opposer à une action en recherche de paternité (…). » écrit-elle.

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De l’utilité du congé paternité

Se préparer à accueillir un enfant c’est bien mais après ? Que se passe-t-il si on n’a pas le temps de créer du lien avec lui ? Aujourd’hui, en France, le congé paternité est de 11 jours. Un peu plus d’une semaine pour apprendre à connaître son enfant et aider sa compagne à mettre en place une nouvelle organisation. Si vous avez un enfant vous savez que les premières semaines peuvent être compliquées. Entre les couches, les réveils nocturnes et le manque de sommeil on peut vite perdre pied. De plus en plus de papas (et de mamans) demandent un congé paternité rallongé. En Suède, les deux parents sont obligés de prendre au moins deux mois. Cette période de « repos » peut s’étendre jusqu’à 480 jours. Une sacrée différence avec la France !

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L’égalité des sexes, la solution pour une paternité positive ?

De plus en plus de papas se déclarent féministes, spécialement ceux qui ont eu une petite fille. Et comment ne pas les comprendre ? Qui souhaite voir son enfant victime de sexisme ou se faire harceler dans la rue ? Et même les papas de petits garçons ne sont pas en reste ! Souvenez-vous de la compagne pour La Fondation des Femmes: « Tu seras un homme mon fils » . Dans ce spot, on entendait un père expliquer à son fils comment être un homme, un vrai. Mais avec les codes de 2018. De plus, on voit de plus en plus de pères au foyer. Pourtant, ils ne sont pas toujours bien considérés. Pour certains cela va à l’encontre des codes de virilité traditionnels.

« À l’époque, c’était un choix difficile à assumer, pas du tout dans l’air du temps : le père au foyer, c’était un peu le gigolo, le fainéant qui passe ses journées devant la télé en buvant des bières. Avec ma belle-famille, qui a des valeurs assez conservatrices, c’était conflictuel. » raconte ainsi Alain-Michel au journal Marie-Claire. À travers tous les témoignages de pères au foyer ce qui ressort le plus est le rapport privilégié qu’ils ont l’impression d’avoir avec leurs enfants par rapport à leurs amis masculins. Mais le regard extérieur peut être compliqué à gérer, certains papas ont l’impression d’être considérés comme des mamans. Ils sortent des codes classiques de la paternité pour créer de nouvelles normes et ça ne peut être que positif pour les enfants.

paternité positive

Qui sont les nouveaux papa modèles ?

Si le sujet vous intéresse, sachez qu’il existe plusieurs ouvrages, podcasts et comptes Instagram dédiés à la paternité. Nous vous parlions plus haut du livre « Pater Dolorosa » de Jérémie Szpirglas. Ça peut être un bon point de départ même si cet ouvrage aborde des sujets difficiles tels que l’IMG ou le deuil. Mais l’auteur sait mettre le doigt sur les mots qui expliquent la paternité et ce sentiment d’impuissance qui peut habiter certains pères. Du côté des podcasts, vous pouvez vous tourner vers « Histoire de Darons » qui reçoit toutes les deux semaines un papa parlant de son rapport à ses enfants. Vous y retrouverez des personnalités comme des anonymes, des jeunes comme des vieux… Bref des papas qui viennent d’horizons très différents et qui ont tous leur vision de la paternité.

Si vous aimez la paternité positive et que vous chercher des idées de jeux ou activités vous pouvez suivre Samuel et Gaspard sur Instagram. Samuel est un jeune papa de 22 ans qui a eu un petit garçon il y a environ un an et demi avec sa femme Léa, aka Je ne suis pas Jolie sur Youtube et Instagram. Ensemble, ils élèvent Gaspard avec des méthodes « alternatives » . Vous trouverez donc des idées de recettes, de jeux d’éveil ou encore de sorties. Si vous cherchez des témoignages de papas vous pouvez aller faire un tour sur Je Suis Papa ou Papa roi et ses Reines. De quoi remplir votre timeline Instagram de positivité.

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Publié par Constance le 14 Juil 2019
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