Ils ont attendu une heure pour recharger leur voiture sur cette aire d’autoroute en Dordogne

Un départ en vacances qui vire au chemin de croix électrique. Sur l’A89, entre files d’attente interminables et automobilistes à cran, l’aire de Saint-Laurent-du-Manoire est devenue le symbole d’un problème que tous les propriétaires de voiture électrique redoutent en été. Une heure d’attente pour brancher son véhicule, ça vous tente ? C’est pourtant le scénario vécu par des dizaines de vacanciers ce week-end.
Le goulot d’étranglement de l’A89
Direction la Dordogne, sur cette autoroute très empruntée pendant les grands départs. L’aire de Saint-Laurent-du-Manoire ne dispose que de huit bornes de recharge ultra-rapide. Un chiffre qui paraissait suffisant il y a encore quelques années, mais qui craque littéralement sous la pression des nouveaux flux de voitures électriques.
Entre 11 heures et 15 heures, le créneau le plus chargé du week-end, une dizaine de véhicules patientent en permanence sur le parking, moteur coupé, en attendant qu’une place se libère. Le phénomène n’est pas isolé : les automobilistes en vacances multiplient les mauvaises surprises logistiques cette saison, un peu comme lors de l’essai de l’Audi SQ6 e-tron, qui pointait déjà les limites pratiques du tout-électrique sur longue distance.
Une heure d’attente, et des tensions qui montent
Le directeur d’exploitation de l’aire ne cache pas la réalité du terrain. Selon lui, certains conducteurs peuvent patienter « une bonne heure, facile » avant de pouvoir enfin recharger leur batterie. Une attente qui, sur une aire d’autoroute bondée en plein mois de juillet, use rapidement les nerfs des familles pressées d’arriver à destination.
Résultat : certains automobilistes n’hésitent plus à doubler la file pour accéder plus vite aux bornes, provoquant des accrochages verbaux entre usagers. Une ambiance électrique, au sens propre comme au figuré, qui contraste avec l’image sereine promise par la transition vers l’électrique. Ce type de tension rappelle d’ailleurs les files interminables observées lors des week-ends de chassé-croisé, où chaque minute de retard pèse lourd sur le moral des vacanciers.

Le vrai problème : un maillage encore trop léger
Derrière cette attente à rallonge se cache un problème plus structurel que conjoncturel. L’aire de Saint-Laurent-du-Manoire est la seule de l’A89 en Dordogne à proposer de la recharge ultra-rapide, avec un espacement de 60 à 70 kilomètres entre les principales aires équipées. Concrètement, si cette station sature, il n’existe aucune alternative immédiate à proximité pour désengorger le trafic.
Ce déséquilibre entre le nombre de véhicules électriques en circulation et le rythme d’installation des infrastructures illustre une transition qui avance plus vite que les équipements censés l’accompagner.
Un constat qui n’est pas sans rappeler d’autres secteurs automobiles en pleine mutation, comme celui évoqué dans l’essai de la Mazda MX-5, où le plaisir de conduite reste indissociable des contraintes pratiques du quotidien.
En attendant un maillage plus dense sur l’ensemble du réseau autoroutier, les vacanciers électriques devront composer avec la patience comme unique option, surtout aux heures de pointe des grands départs.
Une heure pour recharger, ça se transforme vite en une heure de moins sur la plage. La question n’est plus de savoir si les infrastructures suivront, mais quand — et combien de week-ends tendus il faudra encore avant que ça change vraiment.