Adieu Costa Smeralda : cette ville sarde à mer à 26°C fait chavirer les touristes

La Sardaigne, on l’associe presque toujours aux yachts, aux prix qui piquent et aux plages VIP de la Costa Smeralda. Sauf qu’à quelques heures de route, une petite ville catalane fait tout à l’envers : centre piéton, plage accessible à pied, falaises sauvages juste à côté. Et elle attire de plus en plus de vacanciers qui en ont assez de payer un parking pour poser leur serviette.
La Costa Smeralda a un nouveau rival, et il ne ressemble pas du tout
Depuis 1961, la Costa Smeralda incarne le luxe balnéaire sarde. Développée par Karim Aga Khan IV sur la commune d’Arzachena, cette bande côtière de 55 kilomètres ressemble davantage à un chapelet de resorts qu’à une véritable ville. On y vient pour l’image, pas forcément pour y vivre.
C’est justement ce contraste qui fait le succès grandissant d’Alghero, une cité du nord-ouest de l’île longtemps restée dans l’ombre de sa voisine tape-à-l’œil.
Contrairement à d’autres destinations où le tourisme de masse a tout écrasé, comme certaines zones proches de la Méditerranée qui affiche des records de température, Alghero garde un équilibre rare. La ville compte environ 41 000 habitants à l’année, pour près de 1,6 million de nuitées touristiques. Elle vit, elle respire, elle ne se transforme pas en décor vide hors saison, contrairement à ce que l’on observe parfois dans d’autres destinations prisées à l’étranger.
300 jours de soleil, une mer à 26°C et une plage à pied du centre-ville
Le climat d’Alghero fait tourner les têtes. Selon Ulysse, la ville profite d’environ 300 jours de soleil par an. En été, les températures grimpent entre 30 et 35°C, tandis que la mer atteint souvent 24 à 26°C en juillet-août. De quoi rivaliser sans complexe avec les eaux vantées ailleurs sur l’île, à l’heure où la France elle-même traverse des scénarios de canicule redoutés par les météorologues.
Mais le vrai atout d’Alghero, c’est la géographie. La plage de Maria Pia se rejoint à pied depuis le centre-ville, en traversant une pinède ombragée qui sent la résine.
Pas besoin de voiture, pas de parking à 2 ou 3 euros de l’heure comme c’est souvent le cas sur la Costa Smeralda selon RoyalChill. Une simplicité qui tranche avec l’organisation parfois lourde d’autres spots touristiques, un peu comme les complications logistiques que subissent certains voyageurs cet été.

Le secret catalan et les falaises sauvages qui achèvent de convaincre
Ce qui distingue vraiment Alghero, c’est son passé. Pendant plusieurs siècles, la présence aragonaise a façonné la ville : une partie des habitants parle encore l’alguérois, une variante du catalan, et les enseignes des ruelles jouent la double identité italienne et catalane.
Le clocher de l’église San Michele, couvert de majoliques colorées, tranche avec les pierres dorées des remparts qui surplombent la mer. On pense presque à ces lieux du patrimoine que le temps n’a pas totalement effacés.
Et puis il y a Porto Conte, le parc naturel situé à quelques kilomètres seulement. Les falaises de Capo Caccia y plongent directement dans la mer et dissimulent la grotte de Neptune, accessible en bateau ou par un escalier vertigineux taillé dans la roche. Là où la Costa Smeralda propose des croisières organisées vers la Maddalena, Alghero offre son grand décor sauvage au bout de la route, sans intermédiaire ni ticket d’entrée obligatoire.
Cette combinaison rare, entre centre historique piéton, plage accessible et nature brute à portée de main, explique pourquoi de plus en plus de voyageurs délaissent le glamour affiché pour l’authenticité vécue. Alghero ne cherche pas à impressionner. Elle se contente d’exister, et ça suffit largement à faire chavirer les touristes en quête d’autre chose.
Alghero prouve qu’on peut avoir la mer turquoise sans le prix du champagne qui va avec. Et si le vrai luxe des vacances, c’était finalement de marcher jusqu’à la plage ?