En Italie, cette taxe auto détestée est suspendue pour 15 millions de voitures : la France regarde

La fiscalité automobile française agace de plus en plus, entre malus écologique et malus au poids qui grimpent chaque année. Pendant que le gouvernement se contente de mesurettes, un autre pays européen vient de frapper fort. L’Italie a décidé de suspendre une taxe annuelle honnie par des millions d’automobilistes, une décision qui pourrait faire des envieux chez nous.
Une fiscalité auto qui étouffe les automobilistes français
En France, le système de malus écologique ne cesse de s’alourdir. Certes, le tour de vis initialement prévu pour 2028 a finalement été abandonné, une petite victoire pour la filière. Mais le plafond du malus va tout de même grimper à 90 000 €, tout en touchant un nombre croissant de véhicules chaque année.
Les professionnels du secteur réclament depuis longtemps une remise à plat complète de cette fiscalité, jugée punitive. Certains y voient même une des raisons pour lesquelles les Français hésitent encore à passer à l’électrique, malgré les aides existantes. Le bonus écologique ne compense pas toujours l’effet dissuasif du malus sur les modèles thermiques les plus lourds.
Face à cette pression, les annonces italiennes sonnent presque comme une provocation. Le gouvernement de Giorgia Meloni vient d’annoncer la suspension pure et simple d’un impôt automobile annuel, en pleine crise du prix des carburants.
Le geste fort de Rome : 15 millions de véhicules concernés
La mesure porte un nom bien connu des Italiens : le « bollo auto ». Cette taxe annuelle, perçue directement par les régions et provinces autonomes, sera exonérée du 1er janvier au 31 décembre pour près de 15 millions de véhicules. Giorgia Meloni présente cette décision comme la suppression de « l’un des impôts les plus détestés des Italiens ».
Le terme est un peu exagéré : il s’agit techniquement d’une exonération temporaire, pas d’une abrogation définitive. Mais l’effet concret reste le même pour les propriétaires concernés, à un moment où le prix à la pompe frise les 3 € dans certaines stations françaises comme dans certaines stations d’autoroute italiennes.
Le calcul budgétaire est colossal. Cette exonération devrait coûter environ 2,3 milliards d’euros à l’État italien, qui a promis de compenser intégralement les pertes fiscales des collectivités locales. Le ministère de l’économie transalpin évoque même la volonté de pérenniser ce geste pour les véhicules les moins puissants, bien au-delà de cette seule année 2026.

Qui touche vraiment cette exonération, et pourquoi les électriques en sont exclues
Contrairement à ce que le mot « suspension » laisse imaginer, tous les automobilistes italiens ne sont pas logés à la même enseigne. Seules les voitures essence et diesel dont la puissance ne dépasse pas 80 kW, soit 109 chevaux, sont exemptées de paiement. Cela inclut aussi les modèles hybrides et les versions bicarburation GPL équivalentes.
Dans un pays où la petite Fiat Pandina reste de très loin le modèle le plus vendu, cette limite de puissance concerne malgré tout une immense majorité du parc roulant. La mesure s’étend également aux motos et cyclomoteurs, à condition que leur propriétaire ne possède pas déjà une voiture dépassant ce seuil de puissance.
Autre surprise pour un lecteur français habitué aux aides massives sur l’électrique : les véhicules « zéro émission » sont totalement exclus de cette exonération italienne. Ils bénéficient déjà d’autres avantages fiscaux dans la Botte, ce qui a permis à leurs immatriculations de progresser fortement, notamment au profit de la citadine chinoise Leapmotor T03.
Enfin, ceux qui possèdent plusieurs véhicules ne pourront exonérer que celui dont la taxe aurait été la plus basse. Côté carburant, l’Italie va aussi financer sa baisse des droits d’accise sur le gazole grâce à la hausse des recettes de TVA, un mécanisme de « droits d’accise mobiles » qui rappelle l’ancienne TIPP flottante française, que Paris continue pourtant d’écarter au profit de simples chèques carburant.
Reste à savoir si un tel geste, budgétivore mais politiquement payant, pourrait un jour inspirer la France. Pour l’instant, la fiscalité automobile hexagonale continue sa trajectoire inverse, entre malus renforcé et plafonds relevés. De quoi nourrir, chez de nombreux automobilistes français, une bonne dose de jalousie transalpine.