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Elle sauve un chat à l’agonie avec le sang de son propre chien : « Il n’y avait pas de sang de chat »

Publié par Elsa Fanjul le 23 Oct 2026 à 18:03
Elle sauve un chat à l'agonie avec le sang de son propre chien : « Il n'y avait pas de sang de chat »

Rolo, deux ans, ne bougeait plus. Ses gencives étaient pâles, elle ne mangeait ni ne buvait, et sa famille se préparait à lui dire adieu.

Ce dimanche-là, dans une clinique d’urgence du sud de Londres, tout reposait sur une seule chose : du sang. Et il n’y en avait pas du bon côté.

La solution est arrivée sur quatre pattes, et elle s’appelle Gin.

Une chatte de deux ans qui ne bouge plus

Rolo est un chat de famille comme les autres, installé à Carshalton, dans le sud de Londres. Jusqu’au jour où elle s’effondre, incapable de se déplacer.

Sa propriétaire, Louise Wood, la conduit en urgence chez Vets Now, à Sutton. Le diagnostic tombe vite : une anémie sévère, causée par une infestation de puces.

Les puces se nourrissent de sang. Quand elles prolifèrent, elles peuvent en prélever assez pour vider littéralement un petit animal de ses globules rouges.

Pourtant, Louise n’était pas négligente. Elle traitait régulièrement Rolo contre les puces. Elle a découvert plus tard que les produits en vente libre qu’elle utilisait n’étaient pas assez puissants pour venir à bout de l’infestation.

Et ce détail-là concerne bien plus de propriétaires qu’on ne l’imagine. Les parasites capables de prendre un animal d’assaut font parfois des dégâts qu’on ne soupçonne pas.

Sur la table d’examen, la vétérinaire de garde ce week-end-là, Paige Walker, comprend que le temps est compté. Il lui manque une chose essentielle, et ce n’est pas un médicament.

Sept pour cent : le chiffre qui a tout fait basculer

Les analyses sanguines tombent. Le taux de globules rouges de Rolo à son arrivée : 7 %. La normale chez un chat tourne autour de 30 %.

« C’est l’un des niveaux les plus bas que j’aie jamais vus chez un chat adulte », explique Paige Walker. Gencives très pâles, effondrement : tous les signaux d’anémie sont là.

Une seule option pour la maintenir en vie : une transfusion sanguine d’urgence. Mais le sang de chat est extrêmement difficile à se procurer, et la clinique n’en avait pas à cet instant précis.

Les minutes comptent. Louise, elle, pense déjà à lui dire au revoir. Elle racontera plus tard avoir eu le sentiment, dans la salle d’attente, de faire ses adieux à sa chatte.

C’est là qu’intervient un hasard heureux. Certains signaux discrets du corps peuvent passer inaperçus longtemps, mais ici, tout s’est joué en quelques heures, un dimanche après-midi.

Paige Walker n’avait pas de sang de chat. Mais elle avait amené quelqu’un au travail avec elle ce jour-là : son cocker spaniel de quatre ans, Gin. Et elle savait que la médecine vétérinaire connaît ce recours.

Le sang d’un chien, pour sauver un chat. Sur le papier, cela ressemble à une mauvaise blague.

Le sang de Gin, 60 millilitres et une nuit de veille

Mains gantées de vétérinaire tenant une poche de transfusion

Elle a donc prélevé environ 60 millilitres de sang sur Gin, puis les a transfusés à Rolo. La suite s’est jouée toute la nuit, sous surveillance rapprochée.

Selon la vétérinaire, ce type de transfusion « est une option établie pour un usage unique, dans des circonstances d’urgence ». Elle prévient pourtant : aucune garantie de succès, et l’acte n’est pas sans risques pour le patient.

Dans le cas de Rolo, l’opération a fonctionné. Son taux de globules rouges a commencé à remonter progressivement. Au matin, elle était assez bien pour retourner dans sa clinique vétérinaire habituelle, avant de rentrer chez elle.

Louise, elle, n’en revenait pas : « Je n’avais absolument aucune idée que le sang d’un chien pouvait servir à un chat. Ça ne m’avait jamais traversé l’esprit. »

Reste le détail qui amuse tout le monde. Rolo porte le nom de Roly, l’un des chiens de 101 Dalmatiens. « C’est un chat nommé d’après un chien, et sauvé par un chien », résume sa propriétaire.

Ce que cette histoire change pour les propriétaires

Le vrai sujet de cette histoire, ce sont les puces. Sam King, vétérinaire en chef chez Vets Now, parle d’un problème « assez courant » dont les propriétaires doivent avoir conscience.

Son explication : les puces développent une résistance aux traitements avec le temps. Résultat, la plupart des produits en vente libre peuvent s’avérer inefficaces, même si on suit les instructions à la lettre.

Les meilleurs résultats s’obtiennent avec les options modernes disponibles uniquement sur ordonnance. Louise pensait faire tout ce qu’il fallait avec ce dont elle disposait, sans succès.

Une autre leçon touche au quotidien des animaux. Un chat qui s’affaiblit, qui ne mange plus et dont les gencives pâlissent n’a pas le temps d’attendre. Les vétérinaires alertent d’ailleurs régulièrement sur des détails négligés chez les chats.

Louise, elle, retient surtout la gratitude. « Sans leur aide, nous n’aurions pas Rolo avec nous aujourd’hui, et ça ne se pense même pas », confie-t-elle à propos de Paige, de Sam et de leur équipe.

Quant à Gin, le cocker donneur, il a rejoint l’histoire sans le savoir. Les animaux aussi ont leurs héros du dimanche. Et les gestes du quotidien qui protègent un chat comptent parfois autant que les exploits des urgences.

Un chat sauvé par un chien, c’est une anecdote qui fait sourire. Mais derrière, il y a une alerte très concrète : le traitement antipuces de votre animal est-il vraiment assez fort ?

Et si vous pensiez que les dangers pour nos animaux se limitaient aux parasites, ce légume que presque tout le monde cuisine chaque semaine s’attaque lui aussi aux globules rouges. Et si le corps humain vous intrigue autant que celui de nos compagnons, pourquoi certains plongeurs tiennent plus de vingt minutes sans respirer va vous faire lever les sourcils.

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