Dans les comptes de Sandra, esthéticienne à domicile à Lens à 1 680 € nets par mois
Sandra, 34 ans, a quitté son institut de beauté en 2022 pour se mettre à son compte. Aujourd’hui, elle sillonne Lens et ses environs avec sa mallette de soins, à domicile, chez des clientes qui n’ont plus le temps ou l’envie de se déplacer.
Son statut d’auto-entrepreneuse lui laisse une liberté qu’elle ne regrette pas, mais qui vient avec son lot d’incertitudes. « Le mois où je tombe malade, je ne suis payée par personne », résume-t-elle.
Un revenu qui dépend entièrement du carnet de rendez-vous
Sandra facture ses prestations entre 35 € et 90 € selon les soins : épilations, soins du visage, manucures, massages relaxants. En moyenne, elle réalise 90 à 100 rendez-vous par mois.
Son chiffre d’affaires mensuel tourne autour de 3 400 €. Après déduction des cotisations sociales de la micro-entreprise (environ 24,6% pour une activité de prestation de service), il lui reste 2 560 € bruts d’activité.
De cette somme, elle retire encore ses charges professionnelles avant de calculer son vrai revenu disponible. Le résultat final : 1 680 € nets qu’elle peut réellement dépenser chaque mois.

« Certains mois je fais 2 100 €, d’autres 1 400 €. Il faut apprendre à lisser sur l’année », confie-t-elle. Un métier accessible sans diplôme mais qui demande une vraie discipline budgétaire.
Les charges professionnelles, ce poste que personne ne voit
Avant même de parler de loyer ou de courses, Sandra doit financer son outil de travail. Son véhicule utilitaire lui coûte 320 € par mois entre crédit, essence et entretien, indispensable pour ses tournées quotidiennes.
Les produits professionnels (crèmes, cires, vernis, matériel jetable) représentent 180 € mensuels. Son assurance responsabilité civile professionnelle lui coûte 35 €, et sa mutuelle de travailleuse indépendante 95 €.
S’ajoutent 45 € de comptable pour la gestion de sa micro-entreprise et 60 € de communication (réseaux sociaux, cartes de visite, petite pub locale). Au total, ses charges pro avalent 735 € par mois, en plus des cotisations déjà déduites.
Le loyer et les charges fixes du quotidien
Sandra vit seule dans un T2 à Lens, où elle paie un loyer de 480 € charges comprises. Un montant raisonnable comparé aux grandes métropoles, mais qui pèse tout de même lourd sur un revenu irrégulier.
Son forfait mobile coûte 15 €, son abonnement internet 25 €. Elle a résilié Netflix l’an dernier pour ne garder qu’un abonnement partagé à Disney+, soit 4 € par mois.

L’assurance habitation lui coûte 12 € mensuels. Son budget électricité, chauffage électrique compris, grimpe à 75 € en hiver et redescend à 40 € l’été, soit une moyenne lissée de 58 €.
« Le loyer, l’essence et les produits, ça part avant même que je regarde mon compte », lâche-t-elle. Une réalité partagée par beaucoup d’indépendants, comme le montre le profil de Solène, correctrice freelance à Lille.
Les dépenses variables, entre courses serrées et petits plaisirs
Côté alimentation, Sandra dépense environ 220 € par mois en courses pour une personne, en privilégiant les promotions et le marché du samedi à Lens. Elle limite les restaurants à une sortie par mois, budgétée à 35 €.
Le shopping vêtements et cosmétiques personnels (car elle teste beaucoup de produits pour son activité) représente 60 € mensuels. L’essence hors trajets professionnels, pour ses loisirs, ajoute 30 € au budget.
Elle garde un budget loisirs modeste de 40 € pour le cinéma ou les sorties entre amies. Pour les vacances, elle met de côté 50 € chaque mois afin de partir une semaine l’été, généralement en France.
Ce qui reste vraiment en fin de mois
Une fois toutes ces dépenses additionnées, loyer, charges pro, alimentation et loisirs compris, Sandra parvient à épargner en moyenne 150 € par mois, quand l’activité tourne bien.
Mais certains mois, notamment en janvier après les fêtes ou en août quand les clientes partent en vacances, elle ne met rien de côté. « Je garde toujours une petite réserve de sécurité, environ 800 €, pour les mois creux », explique-t-elle.
Elle n’a pas de crédit à la consommation, seulement son véhicule utilitaire en cours de remboursement pour encore deux ans. Son projet à moyen terme : investir dans une seconde mallette de matériel pour proposer des prestations de spa mobile plus haut de gamme.
« Je gagne moins qu’en institut, mais je choisis mes horaires et mes clientes », résume-t-elle. Avec 1 680 € nets mensuels, Sandra se situe sous le salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets, mais elle assure ne pas vouloir retourner en salariat.