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Dans les comptes de Farida, institutrice à Amiens à 2 150 € nets par mois

Publié par Mathieu le 14 Sep 2026 à 19:01

Farida, 34 ans, enseigne en CE2 dans une école du quartier Saint-Leu à Amiens depuis huit ans. Chaque mois, son salaire net tombe à 2 150 €, primes comprises. Elle vit seule avec sa fille de 6 ans dans un trois-pièces loué non loin de son école, et connaît son budget au centime près.

« Je gagne bien ma vie pour une prof, mais avec un enfant à charge et un seul salaire, il ne faut jamais rien lâcher », confie-t-elle. Voici comment elle répartit chaque euro qui tombe sur son compte.

Un salaire d’instit qui cache plusieurs lignes

Le traitement de base de Farida, classe normale, échelon 7, s’élève à 1 980 € nets par mois. À cela s’ajoute l’indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves (ISAE), soit 135 € nets mensuels, versée à tous les professeurs des écoles depuis 2021.

Elle perçoit aussi une prime REP, sa école étant classée en réseau d’éducation prioritaire léger, pour 45 € nets par mois. Enfin, la CAF lui verse 190 € d’allocation de soutien familial car le père de sa fille ne participe pas financièrement.

Total : 2 150 € nets qui atterrissent sur son compte, entre le traitement de base, les primes et l’aide de la CAF. « Sans l’ASF, je serais clairement dans le rouge tous les mois », reconnaît-elle.

Institutrice calculant son budget mensuel à la maison

Le loyer, poste numéro un qui ne bouge jamais

Son appartement de 62 m² coûte 690 € charges comprises, un tarif dans la moyenne basse pour Amiens, ville où les loyers restent nettement inférieurs à ceux de Lille ou Paris. L’électricité et le gaz, mutualisés dans les charges, représentent une grosse partie de cette somme en hiver.

Elle paie aussi 38 € d’assurance habitation et 22 € d’assurance auto, sa Clio de 2015 servant surtout pour les trajets vers l’école et le centre de loisirs de sa fille. Le forfait mobile lui coûte 15 € et l’abonnement internet fibre 29,90 €.

La cantine et le périscolaire de sa fille reviennent à 95 € par mois, tarif calculé selon le quotient familial de la mairie d’Amiens. La mutuelle santé, obligatoire pour les fonctionnaires depuis peu, lui prend 48 € supplémentaires.

Côté crédits, Farida rembourse encore 140 € par mois pour sa voiture, achetée d’occasion il y a trois ans. Elle n’a aucun autre emprunt en cours, ayant renoncé à l’idée d’acheter un logement pour l’instant.

Total des charges fixes : environ 1 060 €, soit un peu moins de la moitié de son salaire net mensuel. Un ratio qu’elle juge tenable, mais qui ne laisse guère de marge en cas d’imprévu.

Charges fixes et loyer d'une enseignante à Amiens

Le budget qui varie selon les semaines de classe

Les courses alimentaires pèsent environ 340 € par mois pour elle et sa fille, un montant qui grimpe légèrement pendant les vacances scolaires quand la cantine ne prend plus le relais du déjeuner. « Je fais mes courses au Lidl du quartier et je cuisine tout, ça aide énormément », précise-t-elle.

Elle consacre 60 € aux activités extrascolaires de sa fille : danse le mercredi et natation le samedi matin. Le budget habillement, pour les deux, tourne autour de 70 € mensuels, lissé sur l’année avec les soldes.

L’essence lui coûte 85 € par mois, entre les trajets domicile-travail et les sorties du week-end vers la campagne picarde. Elle garde aussi 60 € pour les sorties, un resto une fois par mois et quelques cafés entre collègues.

Les fournitures scolaires personnelles, souvent oubliées dans les calculs, lui coûtent en moyenne 25 € par mois sur l’année : cahiers, feutres et petit matériel qu’elle achète parfois de sa poche pour sa classe. « On ne le dit jamais assez, mais les instits financent une partie de leur matériel », glisse-t-elle.

Les vacances, lissées sur douze mois, représentent une enveloppe de 90 €. Elle privilégie les campings dans la Somme ou chez ses parents dans le Nord plutôt que les séjours coûteux.

Ce qu’il reste, et pourquoi elle ne s’inquiète plus autant

Une fois toutes ces dépenses réglées, il reste environ 190 € à Farida chaque mois. Une somme qu’elle verse presque intégralement sur un livret A ouvert pour sa fille, avec l’idée de constituer un petit matelas pour ses études futures.

« Je sais que je devrais épargner plus pour moi, mais entre le loyer et l’école de ma fille, c’est déjà beaucoup demandé », admet-elle. Les mois difficiles, souvent en septembre avec la rentrée scolaire, elle pioche dans une petite réserve de 300 € constituée les bonnes années.

Elle n’a pas de projet d’achat immobilier à court terme, jugeant les taux encore trop élevés pour son budget. Son objectif reste de passer l’échelon supérieur d’ici deux ans, ce qui ferait grimper son traitement de base d’environ 80 € nets mensuels.

Avec 2 150 € nets, Farida se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets selon l’Insee. « Je ne me plains pas, mais avec un enfant seule, chaque euro compte double », résume-t-elle en refermant son tableur Excel mensuel.

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