Dans les comptes de Nolwenn, professeure de piscine à Quimper à 1 810 € nets par mois
Nolwenn, 33 ans, est maître-nageuse et professeure de natation dans une piscine municipale de Quimper. Fonctionnaire territoriale depuis six ans, elle touche 1 810 € nets par mois, primes comprises. Voici comment elle répartit chaque euro, entre horaires décalés et cours particuliers le week-end.
« Les gens pensent qu’on passe nos journées à bronzer au bord du bassin, mais on est debout huit heures, souvent en horaires coupés », lance-t-elle en riant. Célibataire, elle vit seule dans un T2 du centre-ville, à dix minutes à pied de son lieu de travail.
Le salaire d’une fonctionnaire territoriale, entre grille indiciaire et primes
Le traitement de base de Nolwenn, éducatrice territoriale des activités physiques et sportives (ETAPS), s’élève à 1 590 € nets mensuels. S’y ajoute une prime de sujétions spéciales liée aux horaires décalés et au travail le samedi, d’environ 140 € par mois.
Elle perçoit aussi le supplément familial de traitement, inexistant dans son cas puisqu’elle n’a pas d’enfant, mais bénéficie d’une prime annuelle versée en deux fois, lissée à 80 € mensuels sur l’année. Total : 1 810 € nets par mois en moyenne.

« Le salaire de base n’a rien d’extraordinaire, c’est vraiment les primes qui font la différence », précise-t-elle. Deux fois par mois, elle donne aussi des cours particuliers de natation le dimanche matin, facturés 30 € de l’heure en auto-entrepreneuse, ce qui lui rapporte entre 120 et 180 € supplémentaires selon les mois.
Ce complément n’est pas comptabilisé dans son budget fixe car trop irrégulier, mais il lui permet de « souffler » certains mois. Elle touche également les APL, à hauteur de 68 € par mois, versées directement à son propriétaire.
Le loyer, la voiture et les charges qui pèsent chaque mois
Son T2 de 42 m² lui coûte 480 € de loyer charges comprises, un tarif raisonnable pour Quimper mais qui grimpe avec les charges collectives de la copropriété. L’électricité, avec un chauffage électrique vieillissant, lui coûte 75 € en moyenne l’hiver, moins l’été.
Elle a une petite voiture d’occasion, une Twingo de 2015, pour laquelle elle rembourse encore 90 € par mois sur un crédit consommation contracté il y a deux ans. L’assurance auto lui revient à 38 € mensuels, et elle met environ 70 € d’essence pour ses trajets, y compris jusqu’à la piscine où elle donne des cours le dimanche.

« Sans voiture ici, impossible d’aller donner des cours à l’extérieur de Quimper, donc je fais avec », explique-t-elle. Son forfait mobile lui coûte 12 € chez un opérateur low-cost, et sa box internet 25 € par mois.
Elle paie aussi une mutuelle complémentaire obligatoire pour les agents territoriaux, prélevée à 42 € sur son salaire net. Son assurance habitation s’élève à 11 € mensuels, et elle cotise 15 € à une association sportive locale où elle nage elle-même deux fois par semaine hors travail.
Total des charges fixes : environ 858 € par mois, soit près de la moitié de ses revenus. Reste à voir ce qu’il lui reste pour vivre au quotidien, entre courses et petits plaisirs.
Ce qu’elle dépense vraiment au quotidien
Nolwenn budgète 220 € par mois pour ses courses alimentaires, en faisant attention aux prix mais sans se priver de produits frais. Elle cuisine presque tous les soirs, un réflexe hérité de son enfance dans une famille modeste du Finistère.
« Je fais mes courses au marché le samedi matin quand je ne travaille pas, c’est souvent moins cher que le supermarché pour les légumes », confie-t-elle. Elle s’autorise un restaurant ou un brunch entre amies environ deux fois par mois, pour un budget de 60 € au total.
Le shopping vêtements reste limité à 40 € mensuels lissés sur l’année, principalement pour renouveler ses maillots de bain professionnels qui s’usent vite avec le chlore. Elle consacre 35 € à des loisirs divers : cinéma, sorties, un abonnement Netflix partagé avec sa sœur.
Les vacances représentent un budget de 100 € par mois mis de côté, pour un séjour d’une semaine chaque été, souvent en camping dans le sud de la France ou chez des amis. Elle dépense aussi 25 € en produits de beauté et cosmétiques, moins que la moyenne car « l’eau chlorée abîme déjà suffisamment la peau et les cheveux, pas la peine d’en rajouter avec des produits chers ».
Ce qu’il lui reste pour épargner et souffler
Une fois toutes ses charges fixes et variables réglées, il reste à Nolwenn environ 130 € par mois qu’elle essaie de mettre de côté sur un Livret A. Certains mois, cette épargne grimpe grâce aux cours particuliers du dimanche.
« Je sais que je devrais épargner plus régulièrement, mais avec le crédit de la voiture qui se termine dans un an, ça va déjà mieux après », reconnaît-elle. Elle n’a pas d’autre crédit en cours et compte utiliser cette marge retrouvée pour se constituer une épargne de précaution plus solide.
Son projet à moyen terme : passer le concours pour devenir cadre territoriale, ce qui lui permettrait d’augmenter son salaire de base. En attendant, elle continue les cours du dimanche, « le seul vrai levier que j’ai pour améliorer mes fins de mois ».
« Je ne roule pas sur l’or, mais je vis correctement pour une ville comme Quimper », résume-t-elle. Avec 1 810 € nets, elle se situe légèrement en dessous du salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets par mois, mais le coût de la vie plus modéré en Bretagne lui permet de garder la tête hors de l’eau.