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Ton propriétaire réclame un supplément pour ta grande baignoire ? La loi lui interdit ce calcul

Publié par Mathieu le 18 Juil 2026 à 15:01

Tu reçois ta régularisation de charges et ton propriétaire t’explique que ta baignoire XXL te coûte plus cher que la douche du voisin. Ou pire, il facture l’eau au forfait, sans compteur individuel, en estimant « à la louche » ta consommation supposée.

Ce que tu ne sais peut-être pas, c’est que la loi encadre très strictement la façon dont un bailleur peut te facturer l’eau. Et dans la majorité des cas, ces pratiques sont tout simplement illégales.

Locataire perplexe face à sa facture d'eau élevée

Ce que dit vraiment la loi sur les charges d’eau

La répartition des charges locatives est encadrée par la loi du 6 juillet 1989 et le décret n°87-713. Le principe est simple : les charges dites « récupérables » doivent correspondre à une consommation réelle, pas à une estimation arbitraire.

Concrètement, si ton logement dispose d’un compteur d’eau individuel, ton propriétaire doit se baser sur les relevés réels. Il ne peut pas décider unilatéralement que « ta baignoire consomme plus » sans preuve chiffrée.

Quand il n’y a pas de compteur individuel, la répartition se fait généralement au prorata de la surface habitable ou du nombre d’occupants, selon ce que prévoit le règlement de copropriété. Un calcul basé sur « le type d’équipement sanitaire » n’a aucune base légale.

L’article 23 de la loi de 1989 est clair : les charges récupérables sont fixées par décret, en des termes précis. Rien n’autorise un propriétaire à inventer sa propre grille tarifaire selon la taille de ta salle de bain.

Comment vérifier et contester une facturation abusive

Premier réflexe : demande le décompte détaillé des charges. Le bailleur a l’obligation légale de te fournir les pièces justificatives sur simple demande, un mois avant la régularisation.

Rédaction d'une lettre recommandée pour contester les charges

Compare les charges facturées à celles autorisées par le décret n°87-713 du 26 août 1987. Ce texte liste précisément ce qui est récupérable : eau froide, eau chaude, entretien des parties communes, mais rien sur un supposé « surcoût baignoire ».

Si le calcul te semble injustifié, envoie une lettre recommandée avec accusé de réception à ton propriétaire. Demande-lui de justifier sa méthode de calcul et de te fournir les factures d’eau de l’immeuble sur la période concernée.

Sans réponse satisfaisante sous un mois, tu peux saisir gratuitement la Commission départementale de conciliation. C’est une étape obligatoire avant tout recours judiciaire, et elle est entièrement gratuite pour le locataire.

Si la conciliation échoue, direction le tribunal judiciaire, sans avocat obligatoire pour les litiges inférieurs à 5 000 euros. Beaucoup de bailleurs préfèrent lâcher l’affaire plutôt que de s’exposer à une procédure.

Les pièges qui coûtent cher aux locataires

Premier piège classique : ne jamais réclamer ses charges après le départ du logement. Tu as pourtant 3 ans pour contester une régularisation, même après avoir quitté les lieux.

Deuxième erreur fréquente : accepter un forfait « tout compris » flou sans jamais demander le détail. Si ton bail mentionne des charges au réel, ton propriétaire ne peut pas basculer discrètement vers un forfait qui l’arrange.

Attention aussi à la confusion entre charges récupérables et travaux d’amélioration. Remplacer une baignoire par une douche, ou l’inverse, relève de l’entretien du bailleur, pas d’une charge à te répercuter.

Enfin, certains propriétaires évoquent des règlements de copropriété fantaisistes. Demande toujours à consulter ce document officiel avant d’accepter une clé de répartition qui te semble étrange.

Un droit simple à faire valoir

La règle à retenir est limpide : sans compteur individuel, pas de calcul « à la carte » selon tes équipements sanitaires. Avec compteur, seule la consommation réelle compte.

Ce type d’abus reste fréquent parce que peu de locataires vérifient leurs charges en détail. Un simple courrier recommandé suffit souvent à faire plier un bailleur de mauvaise foi.

Comme pour d’autres litiges entre locataires et bailleurs, la méconnaissance de la loi profite presque toujours au propriétaire. Vérifier ses charges chaque année devrait devenir un réflexe, comme surveiller son droit au respect de son logement.

Partage cet article : ta régularisation de charges de l’an prochain pourrait bien t’économiser plusieurs centaines d’euros.

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