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Émeutes du 17 octobre : Une foule immense envahit le tribunal de Paris pour connaître son verdict (vidéo)

Publié par Basma le 22 Oct 2026 à 6:34

Au lendemain des premières condamnations, le tribunal judiciaire de Paris a poursuivi mardi 20 octobre l’examen des dossiers liés aux manifestations du 17 octobre. Environ 300 personnes ont été déférées, dans un climat tendu où les juges sont dépassés par le nombre d’affaires et où des avocats dénoncent des peines disproportionnées.

Une première journée marquée par la sévérité

Lundi 19 octobre, six majeurs ont été jugés en comparution immédiate, dont quatre par la 23e chambre, particulièrement répressive. Cinq des six prévenus de cette chambre ont dormi en prison. Andy M., 23 ans, agent de sécurité au casier vierge, a été condamné à 12 mois avec sursis pour avoir tiré un mortier sur les forces de l’ordre. Un jeune homme de 21 ans, trouvé avec des bouteilles en verre, de l’acétone et des chiffons, a écopé de 8 mois dont 2 ferme avec mandat de dépôt, tout comme un jeune homme de 20 ans contrôlé place de la Bastille avec un couteau et un poing américain. Son amie, de 19 ans, a été condamnée à 5 mois avec sursis. Trois prévenus poursuivis pour un coup de pied dans une moto de police, qui ont gardé le silence et demandé le renvoi, attendront leur procès du 22 décembre en détention. Un étudiant tunisien de 20 ans, qui reconnaît avoir lancé des projectiles sur des CRS, a lui aussi été placé en détention provisoire.

Un tribunal débordé, des avocats en colère

Mardi, quatre salles étaient mobilisées, soit le double de l’ordinaire, et une cinquième pour les procédures de reconnaissance préalable de culpabilité. Des curieux et des soutiens, venus par dizaines, étaient refoulés faute de place. Le tribunal a pourtant été submergé : dossiers incomplets, prévenus n’ayant pas encore vu d’avocat, délais de comparution difficiles à tenir. Certains prévenus avaient passé près de 20 heures au tribunal depuis la fin de leur garde à vue. Quatre jeunes de 23 à 32 ans, présentés en urgence pour respecter ces délais, ont d’ailleurs été congédiés aussitôt, après avoir reconnu avoir donné de faux noms. Dans une salle, une mère en larmes disait être sans nouvelles de son fils depuis quatre jours.

Avant l’audience, des avocats ont dénoncé une « répression » en réponse à la mobilisation des lycéens, qualifiant les audiences de la veille de « scandaleuses ». Ils accusent aussi le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, de vouloir « guider la plume » des juges. Un climat tendu pour un tribunal déjà débordé par le nombre de dossiers et les délais de comparution.

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