Le Futuroscope de 1987 : deux pavillons et un écran géant, face au parc de 2026
Le 31 mai 1987, des visiteurs découvrent dans la Vienne un parc qui n’a presque rien d’un parc. Deux bâtiments aux formes étranges, une zone de jeux, et un pari un peu fou : « apprivoiser le futur ».
Presque quarante ans plus tard, le Futuroscope reçoit plus de 2 millions de personnes par an. Mais le plus surprenant, c’est ce qu’il y avait au départ.
Un parc qui fermait dès la fin de l’été
Tout commence par une idée de René Monory, alors président du Conseil général de la Vienne. Au départ, en 1983, il n’imagine qu’un seul bâtiment, destiné à présenter les réalisations du département en informatique et en nouvelles technologies. Ce lieu s’appelle alors « Observatoire du Futur ».
La première pierre est posée le 11 décembre 1984. Puis l’idée grossit : un second bâtiment, le futur Kinémax, démarre en novembre 1985, et le projet devient un parc entier.

Ce qui peut étonner : dès l’été 1986, les curieux pouvaient visiter le site gratuitement, des mois avant l’ouverture officielle. Un chantier transformé en vitrine, bien avant l’heure des réseaux sociaux.
Et le 31 mai 1987, le parc ouvre pour de bon, avec un slogan sur « un nouveau regard sur le monde qui change ». Mais il y a un détail que peu de gens connaissent sur cette première saison.
Deux bâtiments, une sphère et un cristal géant
Cette première saison est pensée comme un prélancement : le complexe ferme dès la fin août. Il n’y a que deux grandes attractions, plus une zone ludique.
Le premier est le Pavillon du Futuroscope, le symbole du parc. C’est un prisme de verre triangulaire, calculé selon les proportions du nombre d’or, sur lequel est posée une sphère blanche de 17,20 mètres de diamètre, assemblée comme des quartiers d’orange.
Le second est le Kinémax, un immense cristal de quartz de 35 mètres de haut. Ses 3 000 plaques-miroirs sont inclinées à 60 % et fixées par 5 300 boulons. Dedans, une salle IMAX avec un écran plat d’environ 600 m², le plus grand d’Europe à l’époque.

Le Futuroscope est alors le tout premier grand parc d’attractions inauguré en France. Il passe devant le Parc Astérix, qui ouvre en 1989, et devant Disneyland Paris, en 1992. Pour mesurer ce que ces géants ont raconté ensuite, tu peux jeter un œil à ce ticket d’entrée de Disney World en 1971.
Mais pourquoi un parc de cinéma, et pas de manèges ? La réponse tient à ce que le Futuroscope voulait vendre.
Ici, on ne venait pas pour les montagnes russes
L’idée de départ, c’était l’image. Le Futuroscope se présentait comme le parc européen de l’image, avec des salles où l’on regardait autrement.
Dans la France de 1987, on communique encore beaucoup avec un téléphone fixe posé dans l’entrée. Un écran de la taille d’un immeuble relevait presque de la science-fiction.
L’année suivante, en 1988, arrive le premier cinéma dynamique, avec des sièges qui bougent, ainsi que le Monde des Enfants. Ce sont les premiers signes d’un parc qui change sans cesse de visage.
Et cette habitude de se réinventer, c’est justement ce qui explique le Futuroscope d’aujourd’hui.
2026 : un parc à 60 millions d’euros pour une seule attraction
Aujourd’hui, le parc compte une vingtaine d’attractions, présentées dans des pavillons aux formes géométriques. Le Kinémax est toujours là, avec ses films sur l’espace, mais il n’est plus seul du tout.
L’Aquascope, inauguré en 2024, a coûté 60 millions d’euros. Il a été élu meilleur parc aquatique du monde et a accueilli plus de 200 000 visiteurs en sept mois seulement.
En 2024, le parc a battu un record avec 2,05 millions de visiteurs, contre 1,97 million l’année précédente. En 2025, il a ajouté Mission Bermudes, une expérience immersive, et Les Yeux Grands Fermés, un parcours guidé par des personnes non-voyantes ou malvoyantes. Depuis son ouverture, le parc annonce plus de 60 millions d’entrées.
Le parc prépare déjà la suite, avec un projet baptisé Vision 2030. Comme si le futur ne devait jamais s’arrêter.
Ce qui a vraiment tout changé
Premier moteur : la concurrence. Avec Astérix puis Disneyland Paris, il a fallu que le Futuroscope trouve sa différence, sans copier les montagnes russes des autres.
Deuxième moteur : la technologie, qui rend vite les attractions dépassées. Un écran géant en 1987 émerveillait, mais le public d’aujourd’hui veut des expériences immersives, du spectacle vivant et des séjours de plusieurs jours. Ces séjours de trois jours et plus ont d’ailleurs été multipliés par quatre en 2024.
Troisième moteur, plus discret : ce parc a toujours été en chantier. Il construit, modifie, remplace, au rythme des innovations. C’est ce qui lui permet de rester « futuriste » quand d’autres lieux vieillissent.
Et dans 30 ans ?
En 1987, personne n’imaginait de parc aquatique à 60 millions d’euros dans la Vienne. En 2056, nos visiteurs d’aujourd’hui, casque de réalité virtuelle sur le nez, paraîtront aussi étranges que ce cristal de miroirs il y a quarante ans.
Les jouets de ton enfance racontent la même histoire : ceux qui ont disparu des rayons en disent long sur nous. Et si tu veux voir comment un magasin a pu effrayer toute la France en 1963, ou comment une course a démarré avec 21 survivants sur 60 partants, la suite t’attend.