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Le feu n’est plus qu’à 15 km de Bordeaux : 8 000 personnes évacuées en pleine nuit en Gironde

Publié par Elodie le 25 Juil 2026 à 23:06
En Gironde, la préfète ordonne l'évacuation de 8 000 personnes à quinze kilomètres de Bordeaux

La nuit a été longue en Gironde, et elle n’est pas encore finie. Alors que des dizaines de milliers de familles avaient déjà quitté leur maison ces derniers jours, un nouvel ordre est tombé cette nuit. La préfète vient d’annoncer une vague d’évacuations supplémentaire, pendant que le feu continue de ronger la distance qui le sépare de Bordeaux.

Un feu qui refuse de reculer face à la métropole

Ce vendredi soir, le maire de Bordeaux Pierre Cazenave l’a formulé sans détour face à la presse : l’incendie n’est plus qu’à une quinzaine de kilomètres de la ville, du côté de Martignas-sur-Jalle. Un chiffre qui donne le vertige quand on sait que la météo du Sud-Ouest reste capricieuse depuis plusieurs jours.

« L’incendie a ralenti par rapport à la nuit précédente, mais nous restons vigilants », a précisé l’élu, installé dans un centre d’accueil au Parc des expositions. Les ordres d’évacuation, insiste-t-il, restent purement préventifs. Rien n’est encore joué, mais personne ne veut prendre de risque.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui aussi tenu à alerter dans la soirée : « Les prochaines heures peuvent être difficiles en Gironde. » Le changement brutal des conditions météorologiques a bouleversé la dynamique du feu, et les prévisions redeviennent défavorables après une accalmie de courte durée. Un scénario qui rappelle d’autres épisodes extrêmes vécus récemment en France, où des vagues de chaleur successives ont mis les secours sous tension.

8 000 personnes de plus sommées de fuir cette nuit

Sophie Brocas, préfète de la Gironde, a annoncé dans la nuit l’évacuation de 8 000 nouvelles personnes. Sont concernées les communes de Marcheprime, ainsi que les quartiers de Croix d’Hins, Pierroton, Toctoucau et Argentiers, à Cestas.

Ce nouvel ordre s’ajoute à un bilan déjà vertigineux. Selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, près de 98 000 hectares ont brûlé en France, un niveau qualifié d’« historique ». Plus de 167 000 personnes ont été évacuées depuis le début de la crise, dont 57 000 en une seule nuit dans la région bordelaise.

Le bilan matériel est tout aussi lourd : 140 maisons détruites selon un premier décompte provisoire. Des solutions d’hébergement d’urgence se multiplient, des chambres étudiantes aux 500 propositions de logement faites par des particuliers. Une mobilisation citoyenne qui rappelle à quel point les forêts françaises sont fragilisées d’année en année, et combien chaque foyer touché compte.

Habitant évacué épuisé dans un centre d'accueil de nuit

Une mobilisation sans précédent, jusqu’aux armées et à l’Europe

Face à l’ampleur de la crise, l’État a activé tous les leviers possibles. Un dispositif militaire de 1 500 soldats a été déployé dès vendredi soir, en appui direct des pompiers, pour protéger les biens et accompagner les évacuations dans les zones les plus menacées.

Fait rare : un avion de transport militaire A400M a été mobilisé en urgence, avec plusieurs semaines d’avance sur son calendrier initial. Équipé d’un kit de largage capable de déverser 20 tonnes de produit retardant, il vient renforcer la flotte de Canadair et de Dash déjà à pied d’œuvre.

La solidarité européenne s’est également activée via le mécanisme de protection civile : un groupe roumain de 40 pompiers, un Canadair croate, des Air Tractor portugais et suédois, des hélicoptères lourds allemands, tchèques et slovaques, ainsi qu’un groupe suisse au sol. Le président Emmanuel Macron a salué ce soir « un peuple uni, qui se serre les coudes », remerciant sapeurs-pompiers, militaires, gendarmes et agriculteurs mobilisés sans relâche.

Sur le terrain, la SNCF a mis en place un dispositif exceptionnel permettant d’annuler ou reporter sans frais tout voyage vers la région bordelaise. Bison Futé recommande, lui, d’éviter purement et simplement de traverser le département pour laisser les routes libres aux secours.

Cette nuit rappelle une évidence brutale : le feu ne négocie pas avec les distances, et chaque kilomètre gagné se paie en évacuations. La Gironde retient son souffle, entre vigilance et attente d’une accalmie durable.

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