Nutella : son inventeur n’a jamais goûté la pâte à tartiner qui a fait sa fortune
Il y a des histoires qu’on n’invente pas. Celle-ci en fait partie : l’homme qui a créé la pâte à tartiner la plus vendue au monde ne l’aurait jamais goûtée de son vivant. Pas par dégoût, ni par diététique. Pour une raison bien plus étrange.
Michele Ferrero, le patron discret derrière l’empire Ferrero, avait une phobie qui a façonné toute sa vie professionnelle. Et cette phobie explique pourquoi Nutella existe encore aujourd’hui exactement comme en 1964.
Un homme obsédé par une seule peur
Michele Ferrero est né en 1925 dans le Piémont italien, dans une famille de pâtissiers. Après-guerre, le cacao coûte une fortune et manque cruellement en Italie ravagée par le conflit.
Son père Pietro invente alors une pâte à base de noisettes, moins chère que le chocolat pur, pour continuer à vendre des douceurs sucrées aux Italiens. C’est la base de tout ce qui va suivre.
Michele reprend l’entreprise familiale et développe une obsession quasi maladive : il refuse que quiconque, y compris lui-même, connaisse la recette exacte de ses produits.

La révélation qui change tout
Selon plusieurs biographes et proches de la famille Ferrero, Michele Ferrero n’a jamais mangé sa propre pâte à tartiner par crainte de perdre le contrôle et de finir par en abuser.
L’homme était terrifié à l’idée de devenir accro à son propre produit. Une peur qui paraît absurde, mais qui dit tout du niveau d’addictivité qu’il cherchait à créer chez ses clients.
Cette anecdote, reprise par plusieurs médias italiens après sa mort en 2015, a longtemps circulé comme une légende d’entreprise. Elle colle pourtant parfaitement à sa personnalité obsessionnelle.
Car Ferrero ne faisait confiance à personne pour la recette. Même ses cadres dirigeants n’avaient accès qu’à des fragments de la formule, jamais à l’intégralité du processus.

Un secret mieux gardé que celui du Coca-Cola
La recette du Nutella est répartie entre plusieurs usines à travers le monde. Aucune ne connaît la totalité du procédé de fabrication, un peu comme le WD-40, dont la formule reste secrète même pour ses employés.
Chaque usine fabrique une partie du mélange, qui est ensuite assemblé ailleurs. Résultat : personne dans l’entreprise, à l’exception d’un cercle restreint de la famille Ferrero, ne connaît l’intégralité des proportions.
Aujourd’hui, l’entreprise fabrique environ 365 000 tonnes de Nutella par an, réparties dans plus de 160 pays. Un pot est vendu toutes les 2,5 secondes dans le monde.
La fortune de la famille Ferrero est aujourd’hui estimée à plus de 30 milliards de dollars, ce qui en fait l’une des plus riches d’Europe, juste derrière les héritiers d’autres géants agroalimentaires comme celui qui a inventé les Doritos.
Le détail que personne ne connaît
Autre anecdote méconnue : le nom Nutella n’a jamais failli être différent. Il vient tout simplement de la contraction entre « nut » (noisette en anglais) et le suffixe italien « -ella ».
Mais avant Nutella, le produit s’appelait Supercrema, lancé en 1949. Ce n’est qu’en 1964, après une reformulation, que la marque adopte définitivement son nom actuel.
Depuis, la composition n’a quasiment jamais changé. Sucre, huile de palme, noisettes, cacao maigre, lait écrémé en poudre : la formule reste un mystère bien gardé, jalousement protégé depuis six décennies.
Une histoire à raconter au prochain petit-déjeuner
Voilà un détail qui change la donne au moment de tartiner sa biscotte : le créateur du produit le plus addictif du rayon petit-déjeuner s’en interdisait la moindre bouchée.
Maintenant tu sais pourquoi Michele Ferrero préférait rester spectateur de son propre succès. Raconte ça à un pote au prochain petit-déj, il va halluciner devant son pot de Nutella.