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La cabine du photomaton Photomatic en 1975 : ce détail derrière le rideau a totalement disparu de France

Publié par Elsa Fanjul le 08 Sep 2026 à 18:01

Il y a 50 ans, chaque gare, chaque grand magasin et chaque préfecture française possédait sa cabine à rideau bleu. On y entrait pour la photo d’identité, on en ressortait avec un ticket à composer soi-même.

Cette mécanique bruyante et lente a façonné des générations de portraits officiels. Aujourd’hui, elle a presque totalement disparu du paysage urbain français.

Le rituel oublié de la cabine à rideau

En 1975, s’installer dans un photomaton relevait presque du cérémonial. Il fallait d’abord glisser des pièces dans une fente métallique, souvent après avoir fait la queue derrière trois ou quatre personnes.

Le rideau, généralement bleu ou orange, ne fermait jamais totalement. On apercevait toujours un bout de chaussure ou une mèche de cheveux qui dépassait, au vu et au su de la file d’attente.

Femme dans un photomaton vintage à rideau bleu en 1975

À l’intérieur, un tabouret réglable en hauteur, souvent grinçant, et un petit miroir tâché où l’on tentait d’ajuster sa coiffure en quelques secondes. Le siège gardait la chaleur du client précédent, une intimité forcée que personne ne trouvait vraiment gênante à l’époque.

Puis venait l’attente du flash. Un voyant lumineux clignotait pour annoncer chaque pose, généralement quatre au total, espacées de quelques secondes seulement.

Le bruit mécanique de l’obturateur résonnait dans toute la cabine, presque effrayant pour les plus jeunes enfants. Cette technologie argentique, héritée des cabanes parisiennes d’un autre siècle, développait les clichés directement dans un bain chimique intégré à la machine.

Il fallait alors patienter dehors, parfois jusqu’à 8 minutes, en surveillant une petite trappe métallique. La bande de photos tombait enfin, encore légèrement humide et odorante, avec cette chimie caractéristique qui collait presque aux doigts.

Ce que le photomaton est devenu aujourd’hui

En 2026, la cabine mécanique a quasiment disparu des gares et grands magasins. Les rares modèles encore en service ont troqué l’argentique contre l’impression numérique instantanée, en moins de 20 secondes.

Homme utilisant un photomaton numérique moderne en gare

Le rideau bleu défraîchi a laissé place à des cabines lisses en aluminium brossé, souvent tactiles et connectées. Certaines proposent même un fond vert et une retouche automatique conforme aux normes biométriques des passeports.

Mais le vrai bouleversement vient d’ailleurs : le smartphone a remplacé la majorité des usages du photomaton classique. Une photo d’identité peut désormais se faire chez soi, via une application qui valide automatiquement le cadrage réglementaire.

Les administrations françaises acceptent depuis plusieurs années ces photos numériques imprimées à domicile, à condition de respecter des normes précises de fond et de luminosité. Le rituel de la cabine à pièces est devenu presque anecdotique, réservé aux gares les plus fréquentées.

Reste un usage qui résiste étonnamment bien : la photo souvenir entre amis ou en soirée, façon bande de quatre poses façon photomaton vintage. Des versions rétro, volontairement kitsch, réapparaissent même dans certains bars branchés parisiens.

Pourquoi cette machine a presque disparu

Le premier coupable, c’est évidemment le smartphone équipé d’un appareil photo haute définition. Pourquoi payer 5 euros et attendre 8 minutes quand on peut faire l’équivalent en 30 secondes chez soi ?

Le second facteur est économique : l’entretien des cabines argentiques coûtait cher, entre les produits chimiques et la maintenance mécanique régulière. Les sociétés exploitantes ont progressivement retiré les machines les moins rentables des petites gares de province.

Un dernier élément a précipité la chute : le passage aux passeports biométriques dans les années 2000. Les normes de photo se sont durcies, rendant obsolètes de nombreuses cabines qui ne pouvaient pas s’adapter aux nouveaux critères de fond et de cadrage.

Ce phénomène de disparition rappelle celui d’autres commerces emblématiques, comme le distributeur de billets des années 80 qui a lui aussi profondément changé de visage. La technologie grand public a toujours fini par rattraper ces petites machines de quartier.

Dans 30 ans, on regardera sûrement nos selfies automatisés et nos cabines biométriques actuelles avec le même sourire attendri. Une génération future trouvera probablement notre époque tout aussi datée que nous trouvons le rideau bleu du photomaton de 1975.

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