11h30 de retard sur un TGV Hendaye-Paris : le calvaire de nuit des passagers après la panne

Un trajet censé durer 5 heures. Ça, c’était le plan. Sauf que jeudi 20 août, un TGV parti d’Hendaye à 16h pour rallier Paris s’est transformé en cauchemar ferroviaire de plus de 16 heures. La faute à une caténaire rompue, quelque part entre Dax et le reste du monde. Bilan : des centaines de voyageurs coincés, une femme enceinte évacuée, et un arrivée à Paris… le lendemain matin.
Un train à l’arrêt, une panne qui paralyse tout
Tout semblait normal au départ d’Hendaye, ce jeudi à 16h. Le TGV filait vers Paris-Montparnasse, arrivée prévue à 21h. Un trajet classique, sans embûche apparente, comme des milliers de Français en vivent chaque été pour rentrer de vacances ou rejoindre la capitale.
Puis, vers 17h15, juste après avoir dépassé la gare de Dax, dans les Landes, le convoi s’immobilise brutalement. Une caténaire a cédé plus loin sur la ligne, coupant net l’alimentation électrique du réseau. Sans courant, impossible d’avancer. Le train reste figé en pleine campagne, comme suspendu dans le temps, pendant que la nuit commence tout doucement à tomber.
Les minutes deviennent des heures. Cinq heures, exactement, d’immobilité totale. À bord, l’inquiétude grandit, d’autant que les informations se font rares. Ce jour-là, la Gironde était d’ailleurs placée en vigilance orages, un facteur qui n’a rien arrangé à la tension ambiante. Pendant ce temps, d’autres perturbations s’enchaînent ailleurs sur le réseau, un peu à l’image des contraintes en cascade qui touchent parfois plusieurs services publics le même jour.
Enfants, claustrophobie, contractions : la nuit de tous les dangers
« Nous avons entendu très peu de communication », raconte Serge, un passager présent dans le train, au micro de BFMTV. Un silence qui pèse, alors que la situation à bord devient de plus en plus tendue au fil des heures.
Car dans le wagon, tout ne se passe pas calmement. Des enfants s’impatientent, fatigués et déboussolés. Des personnes claustrophobes commencent à paniquer, enfermées sans perspective claire de sortie. Le point culminant de la soirée : une femme enceinte, prise de contractions, doit être évacuée en urgence. Les pompiers, présents à bord, sont appelés en renfort jusqu’à la cabine 18 pour gérer cette situation devenue critique.
Une fois le train enfin rerouté vers Dax en fin de soirée, la SNCF propose deux options aux voyageurs : rester sur place pour la nuit, ou tenter de rejoindre Bordeaux puis Paris. Un choix cornélien, à une heure où plus grand monde n’a l’énergie de réfléchir.
Ce n’est qu’au cœur de la nuit que les passagers parviennent enfin à changer de train, direction la gare de Bordeaux Saint-Jean, où ils arrivent aux alentours de 2h du matin.

Encas rudimentaires et nuit sur les quais : le vrai coût de la galère
La panne d’un seul train a fait boule de neige. Plusieurs autres liaisons prévues plus tard dans la soirée depuis Hendaye et Tarbes ont tout simplement été supprimées, à commencer par un Ouigo qui devait partir à 17h57. Certains voyageurs ont bien tenté leur chance en montant dans un autre train vers 20h, avant de se retrouver eux aussi bloqués dans les Landes, comme pris au piège d’un effet domino ferroviaire.
À l’arrivée à Bordeaux, la déception est encore plus vive. « Avant notre arrivée à Bordeaux, on nous avait redit qu’il y aurait une solution d’hébergement.
Mais une fois arrivé en gare, non, plus rien, on nous a dit de passer la nuit dans le train et d’attendre le lendemain matin », témoigne un passager, amer.
Une promesse non tenue qui a laissé des centaines de personnes livrées à elles-mêmes, sans solution d’hôtel ni prise en charge digne de ce nom.
Côté ravitaillement, ce n’était pas franchement la fête. Des bouteilles d’eau ont bien été distribuées, mais les encas, eux, ont fait grincer des dents. « On a eu une boîte de Saupiquet, de taboulet d’une couleur qui ne faisait pas du tout envie », raconte Serge, encore un peu dépité.
Finalement, les passagers en direction de Paris ont pu embarquer dans un nouveau TGV partant à 5h18 du matin, avec une arrivée espérée vers 8h40 à Paris-Montparnasse. D’autres ont suivi sur des trains partis vers 6h et 7h. Les causes exactes de la rupture de la caténaire, elles, restent pour l’instant inconnues.
Onze heures et demie de retard, une nuit blanche, un taboulet dont personne ne voulait : voilà le résumé d’un simple trajet Hendaye-Paris devenu épreuve d’endurance. Reste une question qui traîne sur les quais : combien de voyageurs vivent ce genre de scénario chaque été, sans que personne n’en parle jamais ?