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La tour Montparnasse, « sale tour » de Paris, se prépare à une seconde vie dès 2026

Publié par Hannah Maline le 23 Oct 2026 à 18:01

Il y a plus de 50 ans, le quartier Montparnasse n’avait pas de gratte-ciel. Il avait une gare du XIXe siècle, des rues basses et un ciel parisien bien dégagé.

Aujourd’hui, la tour domine la capitale et divise depuis toujours. Et voilà que son avenir, comme celui de son centre commercial délaissé, est en train de se rejouer pour de bon.

Le Paris d’avant la tour : un quartier de gare et de cafés

Avant la tour, Montparnasse, c’était d’abord un carrefour. Les trains de l’Ouest arrivaient dans une gare ancienne, et autour d’elle vivait un quartier d’artistes, de brasseries et de petits immeubles.

Le paysage était horizontal, comme dans une grande partie de Paris. Les toits restaient à peu près à la même hauteur, et on voyait le ciel d’un bout à l’autre des rues.

Cette gare n’était pas anodine. Elle a été démolie à la fin des années 1960, pour laisser place à un vaste plan de rénovation urbaine du quartier. La tour n’en était que la pièce la plus visible.

Mais comment fait-on passer un projet aussi imposant dans une ville réputée pour ses toits bas ? La réponse tient en un mot : modernité.

Rue de Montparnasse et ancienne gare avant la tour

1973 : le jour où Paris a eu son gratte-ciel

Dans les années 1960, on rêvait de grand, de moderne, de verre et d’acier. Le plan de rénovation de Montparnasse devait faire entrer la capitale dans l’ère des tours, comme les grandes villes étrangères.

La tour a été inaugurée en 1973. Avec ses 59 étages et plus de 200 mètres, elle a surpassé tout ce que Paris connaissait. Un ascenseur rapide emmène encore les visiteurs vers une terrasse tout en haut.

Le chantier a donné lieu à un reportage sonore resté dans les archives de l’INA, titré « Montparnasse, le sale tour ». Le jeu de mots disait déjà beaucoup de l’accueil réservé au géant.

Car la tour n’a jamais fait l’unanimité. Et ce n’est pas le détail le plus étonnant de son histoire.

Pourquoi on ne l’a jamais vraiment aimée

Son silhouette sombre et massive tranche avec le Paris de pierre blonde. Beaucoup de Parisiens y ont vu un corps étranger, posé au milieu d’un décor qu’ils aimaient tel quel.

Elle a surtout eu un effet durable : les règles sur la hauteur des bâtiments dans la capitale se sont ensuite durcies. Autrement dit, le gratte-ciel a freiné ceux qui devaient suivre.

C’est ce qui rend son histoire étrange. Un projet censé ouvrir la voie à des dizaines de tours est devenu, dans l’esprit de beaucoup, la preuve qu’il ne fallait pas recommencer.

Et pourtant, la tour est toujours là, plus de 50 ans après. Ce qui se passe à ses pieds est peut-être encore plus parlant.

Parisiens des années 1970 face à la tour Montparnasse

Aujourd’hui : un géant fatigué et un centre commercial abandonné

Le quartier a changé de visage, mais la tour a vieilli avec lui. Son pied, avec son centre commercial largement délaissé, reste l’un des symptômes d’un urbanisme de béton pensé pour une autre époque.

Là où l’on rêvait d’un cœur de ville moderne, on trouve des espaces peu accueillants, où l’on passe sans s’arrêter. Le contraste est frappant avec la vie de café du Montparnasse d’autrefois.

Le chantier est désormais annoncé : la tour et son centre commercial font l’objet d’un projet de réaménagement prévu sur la période 2026-2028. L’ambition est de rendre au quartier une vraie vie, au lieu d’une dalle grise.

Reste à savoir ce que cette seconde vie changera concrètement pour ceux qui y passent chaque jour. Et à comprendre pourquoi il a fallu autant de temps.

Ce que la tour dit de nous

Chaque époque a ses certitudes. Dans les années 1960, on était sûr que le futur serait vertical, rapide et fait de béton. Aujourd’hui, on parle de rénovation, de sobriété et de réemploi.

Ce qu’on appelait progrès est devenu un défaut à corriger. Et c’est précisément ce qui rend cette histoire fascinante : le même bâtiment, vu à deux époques, raconte deux Paris.

C’est le même réflexe qui a poussé la France à inventer, à la même époque, l’hypermarché, dont le premier Carrefour de 1963 avait lui aussi effrayé tout le monde.

Et vers 1971, de l’autre côté de l’Atlantique, on ouvrait un autre rêve géant : le ticket d’entrée de Disney World montre combien le monde d’alors voyait les choses en grand.

Et dans 30 ans ?

Dans 30 ans, on regardera sans doute notre époque avec la même incrédulité. Nos écrans, nos objets, nos rénovations « durables » paraîtront peut-être aussi datés que les rêves de béton de 1973.

Les objets du quotidien vieillissent plus vite encore : le téléphone fixe en est la preuve, comme ces jouets disparus des rayons.

Même le sous-sol français nourrit des rêves : certains parlent de tonnes d’or enfouies sous la France, que personne ne touche.

Et si les grands basculements avaient toujours un jour précis ? Voici l’un des plus spectaculaires : le jour où la France a mis fin à 1000 ans de rois.

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