« Ce ne sont plus des animaux de compagnie mais des meurtriers » : un berger allemand tué par une meute dans les Yvelines

Thao avait 4 ans. Un berger allemand plein de vie, jusqu’à cette fin du mois d’août dans les Yvelines. Sa propriétaire, Émilie, raconte une scène qu’elle ne pourra jamais oublier. Ce qu’elle a découvert ce jour-là va relancer une affaire qui traîne depuis des années entre deux communes voisines.
Un drame qui n’était pas le premier
L’histoire commence entre les communes de Coignières et Jouars-Pontchartrain, dans les Yvelines. Une propriété y abrite une meute de chiens connue depuis longtemps des riverains, et pas pour de bonnes raisons. Cette même meute avait déjà attaqué Thao en 2023, lui arrachant l’oreille et une partie du dos.
Une employée d’Émilie avait même perdu un bout de bras en tentant de s’interposer ce jour-là. Le berger allemand avait survécu, hospitalisé une semaine entière. Mais fin août, la meute a fini le travail. Ce genre d’histoires marquantes circulent souvent sans qu’une décision suive vraiment.
« Ce ne sont plus des animaux de compagnie mais des meurtriers qui lui ont sectionné la carotide », confie Émilie au Parisien. Une phrase glaçante, qui résume la colère d’un quartier entier.
Car Thao ne serait pas la seule victime : au moins deux autres chiens auraient été tués mortellement par cette même meute au cours des dernières années, en 2023 puis en 2024. Un engrenage que la mairie assure avoir découvert récemment, sans pouvoir agir plus tôt faute de preuves formelles.
La cohabitation entre humains et animaux tourne ici clairement au cauchemar.
La mairie sort enfin l’arme légale
Face à ces révélations, le maire de Coignières, David Fischer, a décidé de ne plus attendre. « Nous avons appris cette semaine que d’autres drames ont eu lieu en 2024 et 2023 donc là, ce n’est plus possible de laisser en l’état car ça signifie qu’il y a récidive sur récidive », explique-t-il. L’élu insiste : le danger ne concerne plus seulement les animaux du voisinage, mais potentiellement les habitants eux-mêmes.
David Fischer a donc pris un arrêté municipal pour mise en danger grave et imminent. Une procédure rare, qui traduit l’urgence ressentie par les autorités locales. Cet arrêté vise à permettre l’intervention directe sur la propriété où vivent les chiens. Ce type de décision administrative soulève souvent des questions sur son application réelle.
Sauf que sur le terrain, les choses se sont compliquées presque immédiatement. Jeudi dernier, la police et un vétérinaire se sont présentés sur place pour faire exécuter la mesure. Résultat : un refus catégorique des occupants. Certaines affaires locales finissent d’ailleurs par prendre une tournure judiciaire faute de coopération.

Vers l’euthanasie ou un placement en refuge
Selon Le Parisien, « les personnes présentes dans la propriété ont refusé de nous laisser leurs chiens, et comme l’arrêté ne nous permet pas d’entrer, l’affaire va se judiciariser afin de pouvoir exécuter cet arrêté », détaille David Fischer. Concrètement, la mairie ne peut pas forcer une entrée sans validation d’un juge, même en cas de danger avéré.
L’affaire va donc désormais passer entre les mains de la justice, seule habilitée à trancher la suite. Deux issues sont sur la table une fois l’arrêté exécutable : soit l’euthanasie des chiens, soit leur placement auprès d’une association de protection animale. La décision finale reviendra au vétérinaire mandaté par la mairie.
En attendant, Émilie a porté plainte contre les propriétaires de la meute. Elle espère que la mort de Thao ne restera pas, comme les précédentes attaques, sans conséquence judiciaire. Les questions autour du comportement animal reviennent régulièrement dans ce type d’affaires, mais ici, c’est bien un défaut de surveillance humaine qui est pointé du doigt.
Une meute connue, des attaques répétées, un maire enfin décidé à agir : l’histoire de Thao pourrait devenir le déclencheur d’un vrai tournant judiciaire dans les Yvelines. Reste à savoir si la justice tranchera avant qu’un nouveau drame ne survienne.