« Content d’avoir perdu connaissance » : ce chasseur veut abattre l’ours qui l’a attaqué en Alaska

En Alaska, chasser l’orignal, c’est accepter de partager le territoire avec le prédateur le plus redouté du continent : l’ours brun. Gavin Haakenson, chasseur américain, en a fait la terrifiante expérience début septembre. Ce qu’il a vécu en dix secondes à peine va vous glacer le sang, et sa décision pour la suite ne l’est pas moins.
Une traque banale qui vire au cauchemar
Le 2 septembre dernier, Gavin Haakenson et son ami Ethan Yeager partent traquer l’orignal près de la rivière Killey, dans le Kenai National Wildlife Refuge. Rien d’inhabituel pour ces deux habitués du parc, qui possèdent tous deux des permis de chasse à l’ours et à l’orignal.
Les deux hommes parcourent environ trois kilomètres, imitent le cri du cervidé pour l’attirer, sans succès. Ce genre de traque silencieuse rappelle d’autres histoires de survie extrême, comme ce spéléologue disparu 63 jours dans une grotte, où l’isolement change tout en quelques secondes.
Faute d’orignal, le duo rebrousse chemin peu avant le coucher du soleil, empruntant un sentier différent à travers les arbres. C’est là que tout bascule. Un bruit sur la droite, puis une masse brune qui fonce à pleine vitesse : l’ours est déjà sur lui.
Comme souvent face à un danger animal soudain, la nature réserve son lot de surprises, à l’image de ce comportement animal inattendu observé en plein hiver.
Dix secondes, deux tirs, et un trou noir salvateur
« Il grognait très fort, c’était terrifiant. J’ai vu son visage. Il avait les crocs sortis. Il m’a frappé à l’épaule et m’a fait tomber », raconte Gavin Haakenson à nos confrères d’Outdoor Life.
Dernier souvenir avant le trou noir : essayer d’armer son fusil pendant que l’ours bondit sur lui. Il se retrouve allongé sur le dos, l’animal au-dessus de lui, quand son ami Ethan Yeager ouvre le feu avec son arme de poing, en évitant soigneusement Gavin.
Deux tirs plus tard, l’ours se relève et détale. Gavin, revenu à lui, continue de tirer sur l’animal en fuite et pense l’avoir touché. Ce type d’incident rappelle à quel point la faune sauvage reste imprévisible, un thème que l’on retrouve aussi du côté des attaques de requins qui poussent les nageurs vers les piscines naturelles de Sydney.
« Tout s’est passé en moins de dix secondes », résume le chasseur, encore sous le choc de la violence de l’échange.

Pas d’os cassé, mais des nuits sans sommeil
Comme souvent avec les prédateurs, les traces physiques racontent une partie de l’histoire : la crosse du fusil de Gavin Haakenson est rayée, sa lunette de visée cabossée, et une partie de son manteau a été arrachée par les griffes de l’ours.
Miraculeusement, aucun point de suture, aucun os cassé. Le chasseur devra tout de même suivre six semaines de kinésithérapie pour ses épaules, tant le choc de la charge a été violent.
Mais c’est le mental qui encaisse le plus. « Je suis nerveux rien que d’y penser. Je suis content d’avoir perdu connaissance et de ne pas me souvenir de l’ours sur moi. C’est le “et si ?” qui m’empêche de dormir », confie-t-il, encore marqué par l’expérience.
Des agents du U.S. Fish and Wildlife Service ont depuis inspecté les lieux et retrouvé des morceaux de son manteau dans des fosses probablement creusées par l’animal. Ils estiment qu’il s’agirait d’un ours brun mâle, resté introuvable depuis l’attaque.
Gavin Haakenson hésite désormais à retourner sur ce sentier avant la fin de la saison de chasse. « J’aimerais retourner là-bas pour retrouver cet ours brun et l’abattre, mais jusqu’à quel point ai-je envie d’inquiéter ma mère ? Et à quel point cet ours brun sera-t-il énervé lorsqu’il me verra ? », s’interroge-t-il, tiraillé entre vengeance et prudence.
Dix secondes ont suffi à transformer une simple sortie chasse en souvenir traumatique. Retournerez-vous sur les lieux d’un tel danger, ou préférez-vous, comme la mère de Gavin, ne jamais tenter le diable une seconde fois ?