Ce chaton pulvérise un record du monde avec 29 orteils : est-ce vraiment sans danger pour lui ?
Un chaton vient d’entrer dans le Guinness World Records avec un détail qui laisse tout le monde perplexe : 29 orteils. Oui, vous avez bien lu. Un chat normal en a 18. Celui-là en a 11 de plus, répartis sur ses quatre pattes.
Le record a fait le tour du web en quelques heures. Mais derrière l’exploit chiffré, une question plus sérieuse se pose : cette particularité, appelée polydactylie, est-elle un problème pour l’animal ? On a creusé le sujet.

Un chaton qui bat tous les compteurs

Ce petit félin âgé de seulement 5 mois a pulvérisé un record vieux de 24 ans. L’ancien détenteur du titre, un chat américain, plafonnait à 28 orteils.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un chat polydactyle bat un record du monde : le précédent recordman avait été adopté un peu par hasard, avant que ses propriétaires ne réalisent l’ampleur de sa particularité. Pour le nouveau champion, l’histoire de ce petit Maine Coon a également surpris son entourage.
Chaque patte du chaton présente un ou plusieurs orteils supplémentaires, avec des griffes en plus à la clé. Un cas rare, même chez les polydactyles, où l’excès s’arrête généralement à un ou deux doigts de plus par patte.
La polydactylie, une bizarrerie génétique bien connue
Derrière ce mot compliqué se cache une simple mutation génétique. Elle touche le gène responsable du développement des membres pendant la gestation.
Cette mutation est dominante, ce qui veut dire qu’un seul parent porteur suffit pour transmettre le trait à sa portée. Résultat : dans une même fratrie, certains chatons naissent avec des pattes normales, d’autres avec des orteils en trop.
La polydactylie n’est pas une maladie. C’est une variation anatomique bénigne, documentée depuis des siècles chez les félins du monde entier.
Pourquoi on les appelle « chats Hemingway »
Si vous avez déjà entendu ce surnom, il vient d’un endroit précis : la maison de l’écrivain Ernest Hemingway à Key West, en Floride.
L’auteur y hébergeait une cinquantaine de chats polydactyles, descendants d’un chaton offert par un capitaine de navire. Aujourd’hui encore, la propriété abrite près de 60 chats aux pattes surdimensionnées, tous cousins du même lignage.
La légende raconte que les marins appréciaient particulièrement ces chats à bord des bateaux. Leurs pattes plus larges leur donneraient un meilleur équilibre sur le pont, un atout non négligeable en pleine mer agitée.
Est-ce que ça gêne vraiment le chat au quotidien ?
C’est la question qui inquiète le plus les futurs adoptants. Dans l’immense majorité des cas, la réponse est rassurante : non, la polydactylie ne handicape pas l’animal.
Ces chats marchent, courent et sautent normalement. Certains vétérinaires notent même une meilleure stabilité, un peu comme des raquettes naturelles qui répartissent mieux le poids du corps.
Le vrai point de vigilance concerne les griffes. Avec des orteils supplémentaires souvent mal positionnés, certaines griffes poussent dans un angle inhabituel et ne s’usent pas naturellement en grattant.
Sans surveillance, ces griffes en trop peuvent s’incarner dans le coussinet, provoquant douleur et infection. C’est pourquoi les propriétaires de chats polydactyles doivent vérifier régulièrement l’état des pattes.
Les soins spécifiques à connaître
Un coupe-griffes classique et un contrôle mensuel suffisent généralement à éviter tout souci. Les zones à surveiller sont les orteils excédentaires, souvent plus petits et repliés vers l’intérieur de la patte.
Certains vétérinaires recommandent une consultation dédiée dès l’adoption, histoire de cartographier précisément l’anatomie de l’animal. Cela permet d’anticiper les zones à risque avant qu’un problème n’apparaisse.
En dehors de cette attention particulière aux griffes, un chat polydactyle vit exactement comme n’importe quel autre chat. Même appétit, même besoin de jeu, et souvent, le même réflexe de pétrissage avec ses pattes quand il est détendu.
Une particularité loin d’être isolée
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la polydactylie n’est pas rarissime. On estime qu’elle toucherait entre 1 et 2 chats sur 40 dans certaines populations, notamment sur la côte est des États-Unis et au Royaume-Uni.
Le Maine Coon, race originaire du nord-est américain, est particulièrement concerné par cette mutation. Ce n’est pas un hasard si le chaton recordman appartient justement à cette race reconnue pour sa robustesse.
Reste que battre un record avec 29 orteils, ça, c’est franchement du jamais-vu. Même chez les habitués de la polydactylie, ce chaton place la barre extrêmement haut.

Faut-il craquer pour un chat aux pattes extra-large ?
Si l’idée d’adopter un chat polydactyle vous tente, sachez qu’il n’existe aucune contre-indication médicale sérieuse. Ces chats vivent aussi longtemps et aussi bien que leurs congénères aux pattes classiques.
Le seul vrai conseil : redoubler d’attention sur l’entretien des griffes, comme on le ferait pour n’importe quelle particularité physique nécessitant un suivi. Un geste simple qui évite bien des désagréments.
Pour le reste, ce chaton recordman n’a rien d’un animal fragile. Juste un compagnon un peu plus équipé que la moyenne pour crapahuter partout dans la maison.