Trois semaines après le séisme au Venezuela, un chat sort vivant des décombres à La Guaira

Vingt-trois jours. C’est le temps qu’un petit chat a survécu sous des tonnes de gravats, à Catia La Mar, dans l’État de La Guaira.
Depuis le double séisme qui a frappé le Venezuela le 24 juin dernier et fait plus de 5.000 morts, les secours cherchent encore des corps sous les ruines. Mais ce matin-là, ils ont trouvé un signe de vie.
Un miracle que personne n’attendait plus, raconté par celui qui l’a vécu de près.
Un immeuble en ruines, des recherches qui s’éternisent

Le bilan du séisme du 24 juin reste l’un des plus lourds qu’ait connu le pays ces dernières décennies. Des quartiers entiers de Catia La Mar ont été rayés de la carte, et à La Guaira, les équipes de secouristes continuent, semaine après semaine, de fouiller les décombres du bloc 3 de la Páez. Le travail est long, éprouvant, souvent sans résultat.
Parmi les bénévoles présents sur place, un étudiant en politique internationale prénommé Andres. Il n’est pas arrivé là par hasard. Il cherchait une amie disparue sous les gravats, comme des milliers de familles vénézuéliennes confrontées à ce genre de drame brutal qui bouleverse une vie du jour au lendemain. « Nous avons passé dix jours à chercher. Nous ne l’avons pas trouvée », confie-t-il, la voix marquée par l’échec de cette quête.
Alors il est resté. Il a rejoint d’autres volontaires de la BRIA UCV, descendus à La Guaira pour « faire tout notre possible ». C’est dans ce contexte, au milieu d’un immeuble effondré, qu’un ami repère un mouvement furtif entre deux blocs de béton. Un animal, encore vivant, terré au plus profond des ruines depuis on ne sait combien de temps exactement.
Le chat s’enfuit, puis revient pour manger
Premier réflexe : l’animal a peur. Effrayé par la présence humaine, il détale « vers l’intérieur, encore plus loin dans le bâtiment », raconte Andres. Un comportement classique chez un animal traumatisé, mais qui complique sérieusement l’opération de sauvetage dans une structure déjà instable.
Le bénévole ne renonce pas. Lui-même propriétaire d’un chat, il connaît les gestes qui rassurent. Il part chercher de la nourriture, retire son gant pour paraître moins menaçant, et dépose la pâtée au sol. « Il s’est approché, évidemment il a mangé, avec un peu de désespoir », décrit-il. Ce détail, presque anodin, en dit long sur les trois semaines de privation que l’animal vient de traverser.
C’est à ce moment précis qu’Andres livre le témoignage le plus marquant de toute cette histoire, celui qui a fait le tour des réseaux sociaux vénézuéliens : « Le pire que j’ai vu, ce sont ses yeux, avec beaucoup de poussière, beaucoup de débris. » Une image qui résume, à elle seule, l’ampleur de la catastrophe et la résilience insoupçonnée de cet animal.
Un rayon de lumière dans un bilan qui s’alourdit
La vidéo du sauvetage, publiée sur le réseau social par le média local Notitarde, a été partagée massivement sous le hashtag du 17 juillet, date exacte de la découverte. On y voit les images du sauvetage, publiées ce vendredi-là et relayées le 17 juillet 2026, provoquant une vague d’émotion rarement observée depuis le début de la catastrophe.
Aujourd’hui, l’animal est pris en charge, réhydraté et soigné par des équipes vétérinaires mobilisées sur place. Difficile de savoir s’il était piégé depuis le tout premier jour du séisme ou s’il s’est réfugié plus tard dans les décombres pour trouver un abri. Cette incertitude n’enlève rien à la force du moment vécu par les secouristes ce 17 juillet.
Pour Andres, cette découverte a une valeur qui dépasse largement le simple sauvetage animalier. « Il est impossible de ne pas ressentir de l’empathie », confie-t-il, encore marqué par des jours de fouilles infructueuses. « Trouver ce petit chat, c’est un rayon de lumière. » Une phrase qui résonne comme un symbole d’espoir au cœur d’un pays encore traumatisé par les catastrophes naturelles et leurs conséquences durables.
Trois semaines de silence, de poussière et de doute, et puis ce miracle minuscule qui redonne du sens aux efforts des bénévoles. Andres, lui, continue de descendre chaque jour à La Guaira. Combien d’autres histoires comme celle-ci dorment encore sous les décombres du Venezuela ?
- 20/07/2026 à 18:55Bonjour...Petit chat
- 20/07/2026 à 08:20Très émouvant...dans l horreur ce petit chat est comme une étincelle de joie
2 commentaires