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« Il va nous apporter de la bonne énergie » : ce chaton abandonné vit désormais chez les pompiers de Bassens

Publié par Elsa Fanjul le 17 Sep 2026 à 10:00
Chaton aux yeux bleus dans une caserne de pompiers

Un chaton abandonné dans une poubelle, entouré de pots de compote vides. La scène pourrait sembler banale si elle ne s’était pas déroulée en pleine canicule de l’été 2026, au cœur de la Gironde ravagée par les flammes. Trois mois plus tard, la petite bête a retrouvé une famille bien particulière. Et son histoire, elle, ne fait que commencer.

Un sauvetage né au cœur du chaos girondin

Le 31 juillet dernier, à Cadillac-sur-Garonne, des pompiers en intervention découvrent une boule de poils affamée dans une poubelle. Le mégafeu qui ravage alors la région, après avoir dévoré 42 000 hectares, n’est pas encore fixé. Ce contexte dramatique inspire logiquement son nom : Saumos, en mémoire de l’incendie hors norme qui frappe la Gironde cet été-là.

La chaleur extrême de cette période n’a d’ailleurs pas seulement mis en danger les animaux : elle a aussi fragilisé le réseau électrique dans plusieurs départements et poussé certains à revoir leur manière de protéger leur jardin face aux vagues de chaleur successives. Saumos, lui, pesait à peine 309 grammes à sa découverte.

Rongé par les parasites et souffrant de troubles digestifs, le chaton est confié à Élodie Villegente, présidente de l’association Les Chats pitres de la Presqu’île. « Il pesait seulement 309 grammes, avait pas mal de parasites, des soucis de transit », se souvient-elle. Sa convalescence durera plusieurs semaines, loin des sirènes et de l’agitation des casernes.

Une caserne entière transformée pour l’accueillir

Ce lundi soir, Saumos a enfin découvert son nouveau chez-lui : la caserne de Bassens, dans la banlieue bordelaise. Panières molletonnées, jouets, tapis brodé à son nom, une aquarelle le représentant casqué comme un pompier : rien n’a été laissé au hasard pour l’accueil du félin, tout juste un kilo deux cents grammes sur la balance.

Dans le bureau des officiers, transformé en véritable chambre pour lui, on trouve désormais arbre à griffes, tunnel de jeux et gamelles. Sur la porte, un « règlement intérieur » fixe les règles de la maison : bien fermer les portes, ne pas trop le nourrir. Des consignes presque tendres pour ceux habitués à gérer l’urgence.

La sapeuse-pompière Julie Loubet résume l’émotion collective : « Sauver un animal, c’est déjà quelque chose de grand pour un pompier. Alors, pouvoir le garder et lui offrir une nouvelle vie, c’est formidable ! » Une histoire qui a d’ailleurs dépassé les frontières de la Gironde meurtrie par les incendies, au point de générer un afflux de dons comparable à ceux observés lors d’autres épisodes marquants ayant capté l’attention nationale.

Coin aménagé pour chaton dans une caserne

Le livreur connaît déjà l’adresse par cœur

Depuis l’annonce de son adoption, les cadeaux affluent littéralement à Bassens. « On a reçu énormément de choses, le livreur connaît parfaitement notre adresse désormais ! confie Julie Loubet. Une dame nous a même adressé des petits bracelets. Tous ces cadeaux, y compris pour nous, cela nous a réchauffé le cœur et regonflé le moral. »

Le capitaine Pierre Neyrand, plus pragmatique, tempère : « On croule sous les dons et nous avons tout ce qu’il faut, il faut dire aux gens de les adresser désormais aux associations de défense des animaux plutôt qu’à nous ! » Avant de se laisser gagner, lui aussi, par l’attendrissement général : « Quand les agents sont contents, le chef de centre l’est aussi. »

Le caporal Chaïb Bouglala, membre de l’amicale des sapeurs-pompiers, ne cache pas son enthousiasme : « Il va nous apporter du soutien, de la bonne énergie pour la dynamique du centre. » Un soutien moral bienvenu après une saison marquée par des interventions éprouvantes, un peu à l’image de ces professions dont le quotidien est bousculé par des changements réglementaires ou climatiques.

La caserne n’en est pas à son coup d’essai : chèvres, chevreuil, sept poules et bientôt un âne peuplent déjà les lieux. Élodie Villegente, elle, y voit surtout une occasion de sensibiliser à un problème bien réel : « On recueille en moyenne une vingtaine de chats abandonnés chaque année. On les sort de la rue, on les aime, on les soigne avant leur adoption. »

Habitué désormais aux bruits de la caserne, Saumos n’a « rien à faire » des sirènes, sourit Julie Loubet, curieuse de voir sa réaction face aux bottes des pompiers. Une chose est sûre : d’une poubelle de Cadillac-sur-Garonne à une caserne bordelaise, ce chaton a parcouru bien plus de chemin que ses trois mois ne le laissent penser. Et si son histoire vous a fait sourire, elle mérite d’être partagée.

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