Un chenil clandestin découvert en Lorraine : cinq chiens vivaient au milieu du sang et des excréments

Pendant des années, personne n’a réussi à faire bouger les choses. Cinq chiens survivaient dans des conditions que même les bénévoles les plus aguerris ont eu du mal à encaisser. Cette fois, la SPA Lorraine a décidé de montrer ce qu’elle a découvert, et le résultat est difficile à regarder.
Un signalement classé sans suite pendant cinq ans
Tout commence en 2021, sur la commune d’Autrey, à une vingtaine de kilomètres au sud de Nancy. La SPA Lorraine alerte les autorités sur les conditions de vie déplorables d’un chenil. La procédure est classée sans suite. Les années passent, d’autres chiens arrivent dans ce même lieu, et la situation ne s’améliore pas.
Mélanie, animalière à la SLPA de Velaine en Haye, se souvient de cette longue attente. Elle raconte à Lorraine Actu le soulagement d’obtenir enfin une réponse du parquet. Un nouveau signalement est déposé, et cette fois, l’autorisation de saisie tombe.
L’affaire rappelle d’autres sauvetages marquants dans la région, comme ce chien qu’on croyait condamné retrouvé dans des circonstances similaires, ou encore cette intervention où un animal en détresse avait été découvert à quelques kilomètres de là.
En juin, la SPA Lorraine se déplace enfin avec les gendarmes et la Direction départementale de la protection des populations. Ce qu’ils trouvent sur place dépasse leurs craintes les plus sombres.
Une casserole de viande sanguinolente et des chiens infestés de parasites
La vidéo diffusée par le refuge ce mardi 21 juillet sur Facebook ne laisse rien dans l’ombre. Dans l’un des boxes, une casserole remplie de morceaux de viande baignant dans le sang traîne à même le sol. Les niches en bois n’ont aucun couchage. Les cinq chiens, âgés de 3 à 16 ans, vivaient littéralement au milieu de leurs excréments et de débris de nourriture.
Le sol du chenil se résume à un amas de planches posées à l’extérieur, sans aucune protection. « L’odeur était insoutenable. Les chiens n’étaient protégés ni du froid ni de la chaleur et ne recevaient pas les soins dont ils avaient besoin », détaille Mélanie.
Un tableau qui rappelle à quel point le bien-être animal reste fragile même dans des régions où la mobilisation citoyenne existe déjà, comme lors de ce sauvetage collectif qui avait marqué les esprits en Lorraine.
Le constat sanitaire est sans appel : les quatre chiens sur cinq testés se révèlent positifs à l’anaplasmose, une infection transmise par les tiques. Ils souffrent également d’otites et sont infestés de puces. Une négligence qui s’est installée sur des années, dans l’indifférence quasi totale.

Après des années de souffrance, une famille a déjà dit oui
La SPA Lorraine le répète : ce sauvetage est une victoire, mais une victoire tardive. « Aujourd’hui, ils sont enfin en sécurité et vont bien. Ils reçoivent tous les soins dont ils avaient besoin et sont désormais proposés à l’adoption », confie Mélanie avec un soulagement palpable dans ses mots.
Le détail qui change tout : l’un des cinq chiens a déjà trouvé une famille. Après des années passées dans la boue et l’oubli, ce premier départ vers un foyer marque symboliquement la fin de leur calvaire collectif. Les quatre autres attendent désormais leur tour, soignés et suivis de près par les équipes du refuge.
Cette affaire illustre aussi la lenteur parfois frustrante des procédures judiciaires face à la maltraitance animale. Cinq années séparent le premier signalement de l’intervention finale. Pour suivre ce genre d’actualités locales et rester informé des initiatives similaires, il est possible de ajouter ses villes en favori ou de personnaliser son fil d’actualité via Mon Actu.
Cinq chiens, des années de silence, et enfin une porte qui s’ouvre. L’histoire de ce chenil lorrain rappelle qu’un signalement classé sans suite n’est jamais une fatalité, à condition que quelqu’un continue d’insister. Combien d’autres chenils similaires existent encore, invisibles, en attendant qu’on les regarde vraiment ?