« Un acte odieux » : qui a abattu Rantanplan à bout portant dans ce village de la Sarthe ?

Un chien qui ne quittait jamais ses maîtres, retrouvé sans vie à quelques mètres de chez lui. À Ruillé-en-Champagne, en Sarthe, ce mercredi 15 juillet a viré au cauchemar pour Nicole et André Bellanger. Leur Border Collie, Rantanplan, a été abattu d’un coup de fusil à courte distance. Reste une question qui hante tout le village : qui a bien pu tirer sur ce chien décrit comme « doux comme un agneau » ?
Un chien qui ne sortait jamais seul, retrouvé abattu à 400 mètres de chez lui
Nicole et André Bellanger vivent à Ruillé-en-Champagne depuis quatorze ans, en pleine campagne sarthoise. Une vie tranquille, sans conflit de voisinage, qu’ils racontent sans détour à la rumeur près. Ce mercredi 15 juillet, vers 7h45, leur chien Rantanplan quitte la maison. Un geste anodin en apparence, sauf que ce Border Collie ne s’aventurait jamais seul dehors.
« Il était toujours dans nos pattes », confie Nicole Bellanger. « Même quand on mangeait, il se mettait entre nous deux. » Ce n’est donc pas un chien fugueur que le couple a vu s’éloigner ce matin-là. L’inquiétude monte vite. Les Bellanger partent à sa recherche dans le voisinage, comme on le ferait pour un enfant.
C’est un voisin qui le découvre le premier, allongé devant son habitation, à seulement 400 mètres de la maison des Bellanger. Il venait d’entendre une détonation. Un détail qui, rétrospectivement, prend tout son poids : le tir a eu lieu quasiment sous les yeux, ou plutôt sous les oreilles, de ce riverain, sans que personne n’ait pu réagir à temps face à ce drame soudain.
Une cinquantaine de plombs révélés par l’autopsie du vétérinaire
Le couple charge le corps de leur chien dans la voiture et file directement chez le vétérinaire. L’autopsie confirme leurs pires craintes : Rantanplan a bel et bien été abattu d’un coup de fusil, tiré à une distance estimée entre 20 et 25 mètres. Le corps de l’animal a été criblé d’une cinquantaine de plombs.
Une charge d’une telle intensité ne laisse guère de place au doute sur l’intention derrière le geste. Difficile d’imaginer un accident de chasse à une distance aussi rapprochée d’une habitation. Les Bellanger ont immédiatement porté plainte à la gendarmerie de Sillé-le-Guillaume, espérant que l’enquête permette d’identifier le tireur.
« Qui a pu le tuer avec son fusil ? C’est un acte odieux de s’attaquer ainsi à une bête sans défense », s’indigne Nicole Bellanger. Son mari André va plus loin : « Moi, j’ai une petite idée, mais je n’ai pas de preuve.
En tout cas, c’est bête et méchant de tirer sur un chien doux comme un agneau. » Une phrase lourde de sous-entendus, qui laisse deviner des soupçons précis sans qu’aucune accusation ne puisse encore être formulée publiquement.

Un chat déjà visé en 2021 dans le même secteur : coïncidence ou même auteur ?
Voilà le détail qui change la portée de cette affaire. En 2021, dans ce même secteur de Ruillé-en-Champagne, un chat avait déjà reçu un coup de fusil, perdant un œil dans l’attaque. Un précédent troublant que les Bellanger n’ont pas manqué de relever. « On peut se demander s’il ne s’agit pas du même auteur, qui ne supporte pas les animaux domestiques ? », interroge le couple, sans pouvoir l’affirmer avec certitude.
Deux animaux, deux tirs à l’arme à feu, un même périmètre géographique : la coïncidence interpelle forcément. Si aucun lien formel n’a été établi par les autorités entre les deux dossiers, l’hypothèse d’un auteur récidiviste, animé par une haine des bêtes domestiques, circule désormais dans le village comme une évidence tacite.
Face à ce silence et à cette absence de réponse, les Bellanger ont choisi de ne pas se contenter d’une plainte. Ils ont placardé des affichettes dans le secteur pour sensibiliser les habitants à la cause animale.
Le couple a également alerté la SPA et prévoit de faire de même auprès de la Fédération de la chasse, dans l’espoir que ce genre d’acte cesse d’être toléré en silence.
« Tout ça ne fera pas revenir Rantanplan, mais il est important de mener une campagne de sensibilisation pour tenter d’éviter ce genre d’acte odieux », insiste Nicole Bellanger.
Un chien tué, un chat mutilé, et toujours aucun nom derrière la gâchette. À Ruillé-en-Champagne, la campagne paisible cache peut-être un habitant qui n’a plus rien de tranquille. L’enquête de gendarmerie dira si la justice parvient à percer ce silence.