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Elles n’ont que 18 mois et pondent encore : chaque année, 50 millions de poules partent à l’abattoir en France, alors qu’on peut les adopter pour 7 euros et garder des œufs pendant des années

Publié par Mathieu le 05 Nov 2026 à 9:19

Dans les élevages, une poule pondeuse est « réformée » dès qu’elle passe sous les 300 œufs par an. Des associations les rachètent par milliers et les proposent aux particuliers. Novembre est la pleine saison des distributions.

Une poule pondeuse commence à travailler à 6 mois. Pendant un an, elle pond presque chaque jour. Puis, vers 18 mois, sa cadence baisse légèrement, et dans la logique d’un élevage, elle n’est plus rentable. Direction l’abattoir, où elle finira en croquettes pour chiens ou en plats préparés. Ce sort concerne entre 45 et 50 millions de poules par an en France, alors qu’une poule peut vivre 6 à 10 ans.

Pourquoi on les tue si jeunes

Ce n’est pas qu’elles ne pondent plus. Une poule de 18 mois produit encore un peu moins de 300 œufs par an, soit presque un par jour. Mais les éleveurs doivent vider, nettoyer et désinfecter leurs bâtiments chaque année avant d’accueillir un nouveau lot de jeunes poules, plus productives. Garder les anciennes n’a aucun intérêt économique. Toute la bande part en même temps.

C’est là qu’interviennent des associations comme Poule pour Tous, créée en 2017, ou Les Caquetteuses en Bretagne. Elles rachètent les poules aux éleveurs partenaires, parfois quatre fois le prix que paierait l’abattoir pour que l’opération reste intéressante pour lui, puis organisent des journées de distribution dans des dépôts départementaux.

7 euros la poule, et jusqu’à 1 000 œufs à venir

Le principe est simple : vous réservez vos poules en ligne, vous venez les chercher avec une caisse de transport, et vous repartez avec des pondeuses rousses pour environ 7 euros pièce. Elles s’adaptent vite à un jardin et peuvent encore pondre jusqu’à un millier d’œufs sur le reste de leur vie. Les Caquetteuses en ont déjà fait adopter 6 000 en une seule opération en 2021, et visent désormais des sauvetages de 10 000 à 20 000 poules.

L’argument écologique s’ajoute à l’affectif : une poule avale jusqu’à 150 kg de déchets alimentaires par an. Plusieurs collectivités l’ont compris et offrent carrément des poules réformées à leurs habitants pour alléger les poubelles, comme la communauté de communes Vaison Ventoux, qui en a placé 500 d’un coup.

Ce qu’il faut savoir avant d’adopter

Deux poules minimum, jamais une seule : c’est un animal de groupe. Un abri fermé la nuit contre les renards et les fouines, un enclos de quelques mètres carrés, de l’eau fraîche et des graines en complément des restes. Les poules de réforme arrivent souvent un peu déplumées et stressées par la vie en bâtiment ; en quelques semaines dehors, elles retrouvent leur plumage et leur assurance.

Attention aussi à l’hiver qui arrive : comme le hérisson qu’il ne faut surtout pas nourrir au lait en novembre, les poules ont leurs règles de saison. Elles supportent bien le froid sec, beaucoup moins les courants d’air et l’humidité dans le poulailler.

Pour trouver une distribution près de chez vous, tapez « poules de réforme » et votre département : les associations annoncent leurs dates quelques semaines à l’avance, et les lots partent vite. Et si vous hésitez encore sur l’animal à accueillir, le classement des races de chiens préférées des Français montre qu’on cherche souvent compliqué quand la réponse tient dans un poulailler.

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