« Même si c’est le voleur » : dans le Gard, Roland offre plusieurs milliers d’euros pour retrouver son chien
Un chien qui s’échappe, une laisse qui glisse des mains en une seconde. Ça arrive à n’importe qui, n’importe où. Sauf que pour Roland, retraité du Gard, cette seconde-là dure depuis la mi-août. Et il est prêt à payer très cher pour qu’elle s’arrête enfin.

Une balade tranquille qui vire au cauchemar
Tout commence le 13 août, entre les communes de Brignon et Moussac, au nord de Nîmes. Roland décide de profiter de la fraîcheur matinale pour promener Astorg, son épagneul de 16 mois adopté fin juillet seulement.
La laisse glisse. Le chien détale. Malgré une course-poursuite immédiate, l’animal disparaît dans la nature sans laisser de trace, un scénario qui rappelle à quel point la surveillance des comportements animaux reste imprévisible.
Roland fouille les alentours jusqu’à trois heures du matin. En vain. Les jours suivants, toujours rien, malgré une mobilisation qui dépasse largement le cadre habituel d’une simple recherche d’animal, comme si le lien entre humains et animaux devenait soudain visible dans toute sa fragilité.
Un témoin, une plainte, et une piste inquiétante
La piste la plus troublante émerge près du collège Gardonnenque de Brignon. Un témoin affirme y avoir vu quelqu’un s’emparer du chien, une information qui change radicalement la nature de la recherche.
Roland dépose alors une plainte pour vol à la gendarmerie. Une démarche qui n’a rien d’anodin : elle suppose que l’épagneul n’a pas simplement fugué, mais qu’il aurait pu être délibérément récupéré, un geste de solidarité aussi marquant que celui d’Astrid, 63 ans, sur une plage, aurait pu changer le cours de l’histoire.
Malgré le quadrillage du secteur avec des amis, les multiples appels sur les réseaux sociaux et une pétition lancée pour élargir la mobilisation, aucune trace concrète d’Astorg n’a refait surface depuis, un entêtement qui rappelle celui de cet agriculteur de 86 ans refusant de lâcher ce qui compte vraiment pour lui.

« Plusieurs milliers d’euros », même pour le voleur
C’est là que l’histoire prend un tournant presque inédit. Roland ne se contente pas d’espérer : il promet une récompense financière conséquente à qui lui ramènera son chien.
« J’offrirai une très forte récompense, plusieurs milliers d’euros, à la personne qui me ramènera mon chien », affirme-t-il. Et il va plus loin encore, sans détour : « Et même si c’est le voleur qui le ramène. »
Une phrase qui résume tout : Roland n’a plus rien à perdre à part son chien. Il n’est pas question de vengeance, mais d’un seul objectif, retrouver Astorg coûte que coûte, quitte à récompenser celui qui le lui a peut-être volé.
Ce n’est pourtant pas un novice de la relation homme-animal. « Cela fait 50 ans que j’ai des chiens », confie-t-il. « C’est la première fois que cela m’arrive.
» Un « coup de malchance », dit-il, qui ne l’a pourtant jamais fait envisager d’abandonner, même après plusieurs semaines de recherches infructueuses, une situation qui n’est pas sans rappeler les difficultés que traverse parfois une partie des retraités français face aux coups durs de la vie.
Roland le répète, presque comme un mantra : « je continue mon combat ». Pas de trêve, pas de renoncement, juste l’espoir tenace de voir un jour Astorg franchir à nouveau le pas de sa porte.
Une laisse qui glisse, un chien qui s’évapore, et un homme qui refuse d’abandonner : voilà tout ce qu’il reste de cette histoire, pour l’instant sans fin heureuse. Si vous croisez un épagneul noir, blanc et marron dans le secteur de Nîmes, une chose est sûre : quelqu’un, quelque part, l’attend avec une récompense en poche.