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Il sauve un bébé hippopotame de la noyade : 6 ans plus tard, la « bête apprivoisée » de 1 200 kg le tue

Publié par Elsa Fanjul le 20 Juil 2026 à 19:22
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Hippopotame massif émergeant d'une rivière boueuse

Un bébé hippopotame secouru des flots, élevé comme un membre de la famille, monté à cru comme un cheval. L’histoire ressemble à un conte pour enfants. Sauf qu’elle s’est déroulée en Afrique du Sud, avec un animal sauvage de plus d’une tonne, et qu’elle a fini dans le sang.

Pendant six ans, Marius Els a juré que son lien avec Humphrey était unique, presque magique. Les villageois, eux, voyaient venir le drame depuis longtemps.

Un sauvetage qui vire à l’histoire d’amour improbable

Tout commence en 2005, dans la province sud-africaine de l’État-Libre. Une crue frappe la rivière Vaal et emporte un jeune hippopotame de seulement cinq mois. Marius Els, ancien major de l’armée et fermier amateur, le repère et le sauve de la noyade.

L’homme aurait pu s’arrêter là. Il choisit de garder l’animal sur sa propriété, de le nourrir, de l’élever presque comme un enfant. Il le baptise Humphrey et développe avec lui ce qu’il décrit comme une véritable affection, à des années-lumière de la relation classique entre un homme et un animal de compagnie.

Les images qui circulent alors donnent le vertige : Marius nage aux côtés de l’hippopotame, le chevauche dans l’eau comme s’il s’agissait d’un poney dressé. Une proximité qui rappelle d’autres tentatives risquées, comme cet homme irakien dévoré par un lion qu’il venait tout juste d’acheter comme animal de compagnie.

« Je l’appelle et il répond immédiatement pour venir jouer avec moi. Je lui donne des pommes. C’est un peu dangereux, mais je peux nager avec lui », confiait Marius Els dans une vidéo, convaincu d’avoir apprivoisé l’animal le plus dangereux d’Afrique. Une confiance qui va se fissurer au fil des saisons, aussi sûrement qu’un territoire encore inexploré réserve toujours des surprises à ceux qui croient tout maîtriser.

Le géant de 1 200 kilos devient de plus en plus imprévisible

Un hippopotame adulte n’a rien d’un animal domestique, même élevé au biberon. Au fil des années, Humphrey atteint sa taille adulte, autour de 1 200 kilos, et son comportement se transforme radicalement.

Les incidents s’enchaînent. Un jour, il brise son enclos et s’attaque au bétail des fermes voisines. Une autre fois, il s’échappe dans la rivière Vaal et poursuit un grand-père accompagné de son petit-fils, qui doivent leur survie à un arbre providentiel dans lequel ils grimpent en urgence, raconte The Guardian.

Face à ces alertes répétées, les habitants du village mettent en garde Marius Els. Ils lui expliquent, avec des exemples concrets, que la situation devient dangereuse. Mais le fermier refuse d’entendre. Il persiste à croire que le lien affectif construit depuis l’enfance de l’animal le protège, lui, contrairement à n’importe qui d’autre.

Cette conviction, presque naïve, rappelle ces récits où l’humain sous-estime la part sauvage d’un animal, un peu comme on redécouvre parfois que certains comportements animaliers gardent des mystères que la domestication n’efface jamais complètement.

Fermier isolé au bord de la rivière Vaal

Le 12 novembre 2011, le pire scénario se réalise

Ce jour-là, Marius Els, alors âgé de 40 ans, est retrouvé sans vie dans la rivière Vaal, exactement à l’endroit où il avait sauvé Humphrey six ans plus tôt. Le lieu du sauvetage devient celui de sa mort.

Les enquêteurs établissent qu’il a été attaqué puis traîné dans l’eau par l’hippopotame, qui lui a infligé des blessures fatales. Son corps portait de profondes lacérations et perforations, témoignant de la violence inouïe de l’attaque.

Peu avant le drame, l’agriculteur défendait encore son choix face aux critiques : « Ils pensent qu’on ne peut avoir une relation qu’avec des chiens, des chats et des animaux domestiques. Mais j’ai une relation avec l’animal le plus dangereux d’Afrique. »

Cette phrase résonne aujourd’hui comme un avertissement tragique. Le Guardian rappelle un chiffre glaçant : les hippopotames tueraient chaque année davantage de personnes en Afrique que les lions, les éléphants, les léopards, les buffles et les rhinocéros réunis. Un géant paisible en apparence, mais imprévisible par nature.

L’affection ne suffit jamais à effacer l’instinct. Marius Els l’a appris à ses dépens, dans les mêmes eaux où il avait offert une seconde chance à un bébé hippopotame perdu. Faut-il vraiment croire qu’un animal sauvage puisse un jour devenir totalement inoffensif, même après des années de tendresse partagée ?

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