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Ces lapins avec des « tentacules » sur la tête inquiètent les experts américains… et la cause est bien réelle

Publié par Elsa Fanjul le 01 Juil 2026 à 14:59
Lapin sauvage avec excroissances verruqueuses sur la tête

Des photos de lapins coiffés de protubérances tentaculaires circulent en boucle sur les réseaux américains. L’image est saisissante, presque irréelle. Pourtant, derrière ce spectacle digne d’un film d’horreur, un virus bien identifié est à l’œuvre — et ses conséquences sur la faune sauvage préoccupent sérieusement les spécialistes.

Des « cornes » sur des lapins sauvages : le virus de Shope refait surface aux États-Unis

Depuis plusieurs semaines, des clichés troublants émergent de différentes régions des États-Unis. On y voit des lapins à queue blanche — l’espèce sauvage la plus répandue d’Amérique du Nord — affublés de masses allongées, ramifiées, plantées sur le crâne, le museau ou le cou. À première vue, on jurerait des tentacules.

Sauf que ce ne sont pas des tentacules. Ces excroissances sont en réalité des tumeurs verruqueuses provoquées par le virus du papillome de Shope, identifié il y a plusieurs décennies déjà. Quand le système immunitaire du lapin flanche, les verrues grossissent, durcissent et prennent cette forme spectaculaire qui fascine autant qu’elle effraie.

Dans les cas bénins, les lésions restent petites et finissent par disparaître d’elles-mêmes. Mais quand elles prolifèrent, elles peuvent recouvrir les yeux ou la gueule de l’animal, l’empêchant de se nourrir ou de voir. Un calvaire silencieux qui alerte les autorités fauniques à chaque nouvelle vague.

Comment ce virus se propage — et pourquoi l’été est la saison critique

Le papillomavirus de Shope ne se transmet pas d’un lapin à l’autre par simple contact. Le vecteur principal, ce sont les insectes piqueurs : moustiques, tiques et autres arthropodes qui servent de taxi au virus. Résultat logique : c’est durant les mois les plus chauds, quand l’activité de ces bestioles explose, que les contaminations grimpent en flèche.

Cette saisonnalité explique pourquoi les signalements se multiplient chaque printemps et été dans les zones rurales américaines. Les lapins à queue blanche, qui vivent à proximité des habitations et des jardins, sont particulièrement exposés. Et avec le réchauffement des températures, la fenêtre de transmission s’allonge d’année en année.

Le virus ne tue pas directement. Mais les lésions massives affaiblissent l’animal, le rendent vulnérable aux prédateurs et aux infections secondaires. Un lapin dont la vision est obstruée par des excroissances de plusieurs centimètres n’a quasiment aucune chance de survie dans la nature. C’est cette spirale qui préoccupe les biologistes, d’autant que les populations de faune sauvage subissent déjà de multiples pressions.

Personne examinant un lapin sauvage avec des gants

Faut-il s’inquiéter pour l’homme ? Ce que disent vraiment les experts

C’est la question que tout le monde pose dès qu’un virus animal fait surface : peut-il nous atteindre ? Sur ce point, les spécialistes sont formels. Le virus du papillome de Shope est strictement adapté aux lapins. Aucune preuve scientifique ne montre qu’il provoque la moindre maladie chez l’être humain.

Pour autant, la prudence reste de mise. Les experts recommandent de ne jamais manipuler un lapin sauvage malade, de ne pas toucher les lésions à mains nues et de signaler tout spécimen suspect aux autorités locales de la faune. Un animal présentant des excroissances importantes ou un comportement anormal mérite une prise en charge par des professionnels.

Ce qui intrigue davantage les chercheurs, c’est la récurrence du phénomène. Chaque année, les photos resurgiront, chaque été sera propice à de nouvelles contaminations. Et si le virus n’est pas nouveau, sa visibilité, elle, explose grâce aux réseaux sociaux — transformant un problème vétérinaire ancien en sujet viral mondial.

Des lapins à « cornes » qui hantent les pelouses américaines : la nature n’a pas besoin de la science-fiction pour nous rappeler qu’elle a plus d’un tour dans son sac. Et si demain, un phénomène similaire touchait la faune européenne, serait-on prêt à réagir ?

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