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Un cours de yoga avec des lémuriens tourne au drame pour les animaux

Publié par Elsa Fanjul le 10 Août 2026 à 7:48

Un cours de yoga un peu trop câlin avec des lémuriens a viré au cauchemar. Selon une étude publiée dans le Journal of Zoo and Wildlife Medicine, des chercheurs de l’université de Floride ont confirmé les premiers cas de contamination de lémuriens par le virus de l’herpès humain HSV-1.

Malgré les traitements, tous les animaux infectés sont morts. Une découverte aussi rare que glaçante, qui remet en question une pratique très tendance ces dernières années : le contact rapproché entre humains et animaux exotiques lors d’activités bien-être.

Séance de yoga en contact rapproché avec des lémuriens

Un bouton de fièvre chez nous, une sentence de mort chez eux

Vétérinaire examinant un lémurien malade en clinique

Chez l’humain, le HSV-1 n’a rien d’effrayant. C’est même banal : environ deux tiers des moins de 50 ans le portent en eux, souvent sans le savoir.

Au pire, il provoque un bouton de fièvre disgracieux. Notre organisme a appris à cohabiter avec ce virus au fil de l’évolution, un peu comme deux colocataires qui se chamaillent sans jamais vraiment se faire de mal.

Mais cette tolérance, les lémuriens ne l’ont jamais développée. Pour eux, ce virus inoffensif chez nous devient une attaque foudroyante contre leur système nerveux.

Quatre lémuriens, des symptômes terrifiants

L’étude s’est penchée sur quatre lémuriens détenus par des particuliers. Tous ont développé des convulsions, une inflammation du cerveau et d’autres troubles neurologiques sévères avant de mourir.

Le point commun entre ces cas ? L’un des animaux avait participé à une séance de « lemur yoga », un concept où le public pratique le yoga entouré de lémuriens en liberté, à portée de main.

C’est très probablement lors de cet événement qu’un participant, sans le savoir, a transmis le virus à l’animal. Une poignée de main, une caresse, un souffle un peu trop proche : il n’en fallait pas plus.

Le vrai problème : on oublie que l’inverse existe aussi

Quand on pense contamination animal-humain, on imagine souvent le scénario classique : une bête sauvage qui nous refile une maladie exotique. On se méfie d’elle, rarement de nous-mêmes.

Sauf que la transmission peut parfaitre l’inverse. Et c’est précisément ce qui s’est produit ici : un virus totalement banal chez l’humain est devenu mortel une fois transmis à une autre espèce.

Dans les zoos accrédités, les soigneurs suivent des protocoles d’hygiène stricts, masques compris, justement pour éviter ce genre de transfert. Une précaution qui protège autant les humains que les animaux qu’ils côtoient au quotidien.

Mais lors d’une séance de yoga grand public, ces protocoles sautent. Personne ne porte de masque, personne ne pense à se laver les mains avant de caresser un lémurien tout excité par la foule.

Une mode qui pourrait coûter cher aux animaux

Le « lemur yoga » et les expériences similaires avec des animaux exotiques se sont multipliés ces dernières années, portés par la promesse d’un moment insolite et Instagrammable.

Cette étude rappelle une évidence qu’on a tendance à oublier : le bien-être animal ne se limite pas à leur nourriture ou leur habitat. Il inclut aussi la protection contre nos propres microbes.

Reste à savoir si ce genre de constat suffira à faire évoluer les pratiques dans les établissements qui proposent ce type d’expérience au grand public.

Lémurien catta se reposant sur une branche au sanctuaire

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