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Chien, chat, vache : vous connaissez leur bébé. Mais celui de l’écureuil ? La réponse va vous surprendre

Publié par Elsa Fanjul le 14 Juil 2026 à 8:25
Bébé écureuil nu et aveugle dans un nid de feuilles

On sait tous comment s’appelle le bébé du chien, du chat ou de la vache. Mais demandez à n’importe qui comment se nomme le petit de l’écureuil, et c’est le silence radio. Ce n’est pas un trou de mémoire : ce mot n’existe tout simplement pas dans les dictionnaires français. Alors comment appelle-t-on vraiment ce petit être fragile qui naît nu et aveugle au fond d’un nid ?

Un vide linguistique qui en dit long sur nos campagnes d’autrefois

Chien, chat, lion, vache : tous ces animaux ont un nom précis pour désigner leurs petits. Mais l’écureuil roux (Sciurus vulgaris), lui, fait figure d’exception. Ni le Larousse ni le Robert ne référencent de terme officiel pour son petit.

La raison est presque logique quand on y pense. La langue française a nommé en priorité les animaux qui avaient une utilité économique ou symbolique dans le quotidien des campagnes. Vaches, chevaux, moutons : ces bêtes faisaient partie intégrante de la vie rurale, donc on les nommait avec précision, jusqu’à leurs petits.

L’écureuil, lui, n’a jamais eu ce statut. Discret, sans réelle utilité agricole, il passait entre les mailles du filet lexical. Un peu comme d’autres petits animaux longtemps ignorés par la nomenclature officielle, alors même que leur comportement fascine les amoureux de la nature qui observent la faune de leur jardin. Un vide que même les passionnés de jardinage confirment sans peine.

« Écureuillon » : le mot que les blogs animaliers ont inventé

Face à ce manque, les amoureux des animaux ont fini par créer leur propre solution. Le terme « écureuillon » est né tout naturellement, construit sur le modèle du chaton, de l’ânon ou de l’ourson : le nom de l’animal, plus le suffixe diminutif « -on ».

Ce mot n’a aucune reconnaissance officielle. Aucune académie ne l’a validé. Mais il circule largement sur les blogs animaliers et dans les ouvrages de vulgarisation, portés par un besoin simple : donner une identité à ce petit être vulnérable, au même titre qu’on parle du bébé hérisson.

Et la réalité de sa naissance justifie amplement cette tendresse. Une portée compte entre 3 et 5 écureuillons, nés nus et aveugles dans un nid de feuilles appelé « hutte » ou « gîte ». Leur mère les allaite pendant un mois complet, une lactation qui l’épuise autant qu’elle les protège.

Vous pouvez d’ailleurs l’aider directement : laisser quelques noix en coquille, des noisettes ou des graines de tournesol non salées dans votre jardin au printemps offre à la mère un apport nutritionnel précieux pendant cette période critique.

Personne souriante observant un arbre dans un jardin

70 % de mortalité : la réalité brutale qui suit la naissance

Au-delà du nom, il y a une statistique qui glace : entre 70 % et 85 % des jeunes écureuils meurent avant d’atteindre l’âge d’un an. Rapaces, mustélidés, chutes du nid : les dangers sont partout dès la sortie du gîte.

Vers six semaines, les écureuillons ouvrent enfin les yeux. La curiosité prend alors le dessus sur la prudence, avant même le sevrage complet. Ils quittent le nid pour explorer, un moment décisif où la mortalité juvénile explose. Un phénomène qui rappelle celui observé chez d’autres jeunes animaux sauvages qui doivent apprendre vite pour survivre, un peu comme ces écosystèmes de jardin qui abritent une faune plus fragile qu’il n’y paraît.

Nommer précisément un animal, ce n’est pas un détail de vocabulaire. C’est souvent la première étape vers l’observation, puis la protection. Un lecteur du site racontait ainsi avoir adopté un jeune écureuil trouvé en vacances, baptisé « Vendée », qui venait chaque matin se poser sur son épaule avant de disparaître un jour sans explication.

Une précision légale s’impose toutefois : en France, l’écureuil roux est une espèce protégée. Il est strictement interdit de le capturer ou de le détenir en captivité, aussi tentante que soit cette proximité avec un animal sauvage aussi attachant, au même titre que d’autres passions liées au patrimoine naturel français.

Alors la prochaine fois qu’un petit écureuillon détale dans votre jardin, vous saurez enfin comment l’appeler. Et vous, avez-vous déjà croisé l’un de ces petits acrobates sans savoir qu’il portait, finalement, un nom inventé par des passionnés plutôt que par un dictionnaire ?

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