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Une chatte errante est nommée chef de la gare de Kishi, menacée de fermeture : payée en croquettes, elle fait grimper la fréquentation de 17 % et rapporte 1,1 milliard de yens

Publié par Elsa Fanjul le 01 Nov 2026 à 16:34

Imaginez une petite gare de campagne, des quais presque vides et une fermeture qui plane. Puis un chat, un képi et une idée un peu folle. Voici l’histoire d’une chatte qui a sauvé une ligne de train.

Elle s’appelle Tama. Elle est née le 29 avril 1999 et a commencé sa vie dehors, à rôder près de la gare de Kishi, sur la ligne Kishigawa, dans la préfecture de Wakayama, au Japon. Rien ne la prédestinait à entrer dans les livres d’histoire.

Une gare au bord du gouffre, et des chats qui s’installent

À l’époque, la petite gare de Kishi est menacée de fermeture. Les voyageurs se font rares et l’avenir de la ligne paraît bouché. Dans ce décor, les chats errants du quartier ont pris leurs habitudes sur place.

Le président de la compagnie Wakayama Electric Railway, Mitsunobu Kojima, accepte alors que les chats vivent dans la gare. Un geste de bienveillance, sans plan de bataille derrière. Il ne se doute pas encore de ce que ce petit arrangement va déclencher.

Et ce n’est que le début de l’histoire.

Le jour où un chat reçoit un vrai titre

Le 5 janvier 2007, la compagnie franchit le pas. Tama obtient officiellement le titre de chef de gare. Un képi sur la tête, elle accueille les passagers sur le quai, comme n’importe quel employé en uniforme.

Son salaire ? De la nourriture pour chat. Pas de prime, pas de bulletin de paie, juste des croquettes. Difficile de trouver un recrutement plus économique, et pourtant le retour sur investissement allait dépasser toutes les attentes.

Chatte calico en képi de chef de gare sur un quai japonais

Car dès le premier mois, quelque chose change. Les voyageurs affluent, curieux de voir cette cheffe d’un genre nouveau. La fréquentation grimpe de 17 % en l’espace de quelques semaines seulement.

Reste à savoir jusqu’où va l’effet Tama.

1,1 milliard de yens : la facture d’un chat qui travaille

On estime que pendant sa carrière, Tama a rapporté 1,1 milliard de yens à l’économie locale. Pour une gare de campagne qui risquait de disparaître, le contraste est total. Un chat a fait mieux que bien des plans de sauvetage.

Les promotions s’enchaînent. En 2008, le président de la compagnie et le maire de la ville la nomment super chef de gare. Elle devient la seule femme à un poste de direction dans l’entreprise, avec un bureau aménagé dans un ancien guichet.

En 2010, elle est promue Operating Officer, une récompense pour avoir élargi la clientèle de la gare à ce point. Pas mal pour un ancien chat de la rue.

Et la compagnie ne s’arrête pas là. Voyons comment la gare tout entière a changé de visage.

Un train, une gare en forme de chat et une célébrité mondiale

Voyageurs photographiant une chatte dans une petite gare de campagne

Début 2009, la compagnie lance un « Tama train », décoré à l’effigie de la chatte. Plus tard, le bâtiment de la gare de Kishi est reconstruit pour ressembler à un visage de chat. Le moindre détail rappelle la star des lieux.

La notoriété dépasse les frontières. Tama apparaît dans un documentaire, La Voie du Chat en français, et dans la série Must Love Cats d’Animal Planet. Une petite gare du Wakayama est devenue une destination pour les curieux du monde entier. Si le Japon vous attire, vous pouvez d’ailleurs préparer vos prochaines destinations sans quitter votre canapé.

Le Japon aime d’ailleurs les histoires qui sortent de l’ordinaire. On pense par exemple à ces millions de maisons abandonnées qui racontent l’autre face du pays.

Mais la vraie surprise se cache dans ce qui s’est passé après son départ.

Ce qui reste d’une chatte devenue légende

Tama est morte en 2015. Des milliers de fans ont assisté à ses funérailles, et elle a reçu le titre de « Chef de gare éternelle honoraire ». Elle est aujourd’hui vénérée dans un sanctuaire shinto voisin sous le nom de déesse Tama Daimyojin.

Elle n’a pas laissé le poste vacant. En 2012, elle avait obtenu une apprentie officielle, Nitama, qui a pris la relève à sa disparition. Sa mère Miiko et sa sœur Chibi avaient elles aussi porté le titre de chef de gare.

Gare japonaise en forme de tête de chat au coucher du soleil

Depuis 2007, la gare de Kishi a toujours été tenue par un chat. Une tradition née d’un geste simple, et qui continue.

Le Japon n’a pas fini de vous surprendre. Par exemple, ce chiffre que tout le monde cite cache lui aussi une histoire inattendue.

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