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« Perfectly normal », a dit la vétérinaire : Eva et ses trois chiots sont morts 30 heures plus tard

Publié par Elsa Fanjul le 17 Août 2026 à 10:00

Une chienne qui souffre depuis des heures. Un propriétaire qui appelle, encore et encore. Et une réponse toujours identique : « c’est normal, attendez ».

Colis abandonné devant une porte sous la pluie

À Brooklyn, cette histoire s’est terminée sur une table d’examen, vingt minutes trop tard. Yiutung Lok réclame aujourd’hui 3 millions de dollars à la clinique qui, selon lui, a laissé mourir sa chienne et ses trois chiots à naître.

Une nuit de travail qui vire au cauchemar

Tout commence le 15 avril, dans l’appartement de Yiutung Lok à Kensington, un quartier de Brooklyn. Sa chienne Eva, une Poméranienne de trois ans pesant à peine 4,5 kilos, entre en travail chez elle vers minuit. Cinq heures plus tard, la situation dégénère : la chienne perd un liquide vaginal verdâtre en grande quantité, signe que l’un des sacs amniotiques protégeant ses chiots s’est rompu.

Paniqué, Lok l’emmène en urgence à VEG ER for Pets, une clinique vétérinaire de Flatlands, à 4h25 du matin. C’est là qu’il rencontre la vétérinaire Kayla Anderson, celle qui va, selon la plainte déposée devant la Brooklyn Supreme Court, minimiser une situation pourtant alarmante. Selon les recommandations habituelles pour la mise bas des chiens, la plupart des accouchements se déroulent naturellement — mais certains signes doivent alerter immédiatement, comme justement cette rupture de poche des eaux.

Anderson aurait pourtant assuré à Lok que l’écoulement était « parfaitement normal » et renvoyé Eva chez elle, en lui annonçant un accouchement dans les 16 à 24 heures suivantes. Une estimation qui allait s’avérer tragiquement fausse, et qui pose une question simple : combien de temps peut-on vraiment laisser souffrir un animal avant d’agir ?

Trente heures d’agonie, un appel après l’autre

De retour chez lui, Lok observe l’état de sa chienne se dégrader heure après heure. Eva n’expulse aucun chiot. Elle reste prostrée, incapable de progresser dans le travail, alors que chaque minute qui passe augmente le risque pour elle et pour les petits.

Le propriétaire rappelle la clinique à plusieurs reprises dans la journée, puis en pleine nuit. Selon la plainte, Kayla Anderson lui aurait à chaque fois demandé de patienter encore. Ce n’est que vers 8 heures du matin, une fois sa garde terminée, qu’elle aurait finalement suggéré de ramener Eva à l’hôpital — un délai que l’avocate de Lok, Peggy Collen, qualifie de révélateur d’un désintérêt total pour l’urgence de la situation.

Lok n’attend pas cette heure fatidique. Il ramène Eva à 5h40 du matin, convaincu que quelque chose ne va vraiment pas. Mais le mal est déjà fait : après près de trente heures de travail sans intervention médicale, ni césarienne ni examen approfondi, le corps de la petite chienne a atteint ses limites.

Ce genre de retard dans une prise en charge, qu’il s’agisse d’un animal ou d’un humain, illustre à quel point certains signaux du corps sont trop souvent négligés jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

La famille avait pourtant prévu de confier chaque chiot, issu d’un croisement avec Houston, l’autre Poméranien du foyer, à des familles adoptives pour environ 5 000 dollars chacun.

Table d'examen vétérinaire vide dans une clinique sombre

Vingt minutes de trop sur la table d’examen

À son arrivée à la clinique, Eva reçoit enfin des soins. Mais son organisme, épuisé par des heures de travail infructueux, ne résiste pas. La chienne meurt sur la table d’examen à peine vingt minutes après son admission, emportant avec elle ses trois chiots jamais nés.

« Il est complètement effondré, dépressif, dépassé. Elle lui manque énormément », confie Peggy Collen à nos confrères du New York Post. La plainte, déposée mercredi devant la justice, vise à la fois la clinique VEG ER for Pets — qui compte plus de 120 établissements aux États-Unis et au Canada — et la vétérinaire personnellement. Ce type de procédure judiciaire longue et douloureuse vise rarement le simple remboursement de frais.

Le montant réclamé, 3 millions de dollars en dommages punitifs, n’est d’ailleurs pas anodin. Selon l’avocate, il s’agit de « punir une conduite particulièrement grave » et surtout de « dissuader que ce type de négligence se reproduise ».

Une porte-parole de la clinique a répondu qu’elle ne pouvait commenter l’affaire pour des raisons de confidentialité, ajoutant simplement que « la mort d’Eva est une issue déchirante » et que leurs pensées accompagnent Yiutung Lok dans cette épreuve — une formule qui, pour la famille endeuillée, sonne bien creuse face à trois chiots et une chienne qu’ils ne reverront jamais.

« Eva nous faisait rire tous les jours. Tout le monde l’aimait. Notre famille est dévastée », résume simplement Lok. Une phrase qui dit tout sur ce qu’une négligence, aussi brève paraisse-t-elle sur le papier, peut détruire en une seule nuit.

Trente heures de souffrance, un appel resté sans réponse adaptée, et une vie qui bascule pour toujours. L’affaire est désormais entre les mains de la justice new-yorkaise. Auriez-vous, vous aussi, insisté pour ramener votre animal plus tôt à la clinique ?

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