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Tombé malade pendant tes congés ? Ces jours ne sont plus perdus, à une condition

Publié par Mathieu le 16 Oct 2026 à 15:01

Tu as posé tes deux semaines, la valise est prête, et la gastro ou la jambe cassée s’invite le deuxième jour. Longtemps, la règle était cruelle : tu avais beau rester alité, tes congés étaient comptés comme pris.

Ce n’est plus vrai. Et la manière de t’en servir tient en une démarche que beaucoup oublient, au point de tout perdre.

Ce que la loi dit désormais de ta maladie en vacances

Jusqu’en 2025, tomber malade pendant ses congés ne changeait rien côté employeur. Les jours restaient pris, même si tu passais tes vacances au lit avec un certificat médical.

La situation a changé avec l’alignement du droit français sur le droit européen. D’après les juristes spécialisés, depuis le 10 septembre 2025, la maladie survenue pendant les congés ouvre droit à un report, dans la limite de 15 mois.

Ce délai n’est pas calculé à partir de ton arrêt. Il court à partir du jour où ton employeur t’informe des congés dont tu disposes, information à donner après ta reprise.

Autrement dit, ton employeur a lui aussi un travail à faire. Et c’est là que l’histoire devient intéressante pour toi.

Le détail qui verrouille tout (et qu’on oublie d’envoyer)

Homme malade sur son canapé avec valise de vacances

Le report n’est pas automatique. Il faut que ton employeur sache que tu étais en arrêt. La notification de l’arrêt à l’employeur est une condition indispensable pour démarrer le délai de 15 mois.

Concrètement, tu envoies ton arrêt de travail dans les délais habituels de ton entreprise, comme pour n’importe quelle absence. Mieux vaut le faire par un moyen qui laisse une trace : courriel, recommandé, ou plateforme RH.

Un message simple suffit : « Je vous informe que j’ai été placé en arrêt maladie du … au …, pendant mes congés payés. Je vous demande le report des jours concernés. » Garde une copie, c’est ta preuve.

Reste à savoir ce que ton employeur doit faire de son côté. La réponse est moins connue que la tienne.

Ce que ton employeur te doit après ton retour

Quand tu reprends, il a une obligation d’information. Il doit t’indiquer ton solde de congés et la date limite pour les utiliser, dans le mois qui suit ton retour.

Tant qu’il ne l’a pas fait, la période de report ne démarre pas. Le délai de 15 mois ne peut pas commencer sans cette information. Un oubli de sa part joue donc plutôt en ta faveur.

Si tu n’as rien reçu au bout d’un mois, relance par écrit. Tu peux demander le solde exact de tes jours et la date limite pour les poser, en citant la loi du 22 avril 2024.

Et ce n’est pas tout : cette même loi a ouvert une autre porte, celle des congés gagnés pendant l’arrêt lui-même.

Les jours que tu gagnes sans mettre un pied au bureau

Depuis la loi du 22 avril 2024, les salariés en arrêt maladie, y compris pour une maladie non professionnelle, acquièrent des congés payés à hauteur de 2 jours ouvrables par mois. Pour une maladie ordinaire, cela représente jusqu’à vingt-quatre jours par an.

Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, l’acquisition reste de deux jours et demi par mois. La différence se voit sur la durée.

Si tu as été arrêté longtemps, ces jours s’ajoutent à ceux que tu n’avais pas pu prendre. Ton solde peut donc être plus gros que tu ne l’imagines.

C’est le moment de vérifier ton bulletin de paie, car certains logiciels de paie n’ont pas été mis à jour partout.

Les pièges qui font perdre des jours

Le premier piège est le silence. Si tu ne préviens pas ton employeur de l’arrêt survenu pendant tes congés, le report ne démarre pas et tu risques de tout perdre.

Le deuxième est le calendrier. Passé le délai de report de 15 mois, les congés sont définitivement perdus, alors note la date dès que tu la reçois.

Le troisième concerne les arrêts très longs. Si l’arrêt dépasse un an, le délai part de la fin de la période d’acquisition concernée. Le calcul devient technique : fais-toi aider par les représentants du personnel ou l’inspection du travail.

Enfin, ton employeur garde la main sur les dates de pose, dans le cadre habituel. Tu ne peux pas imposer ton planning, mais il ne peut pas refuser le principe du report.

En résumé : tes trois réflexes

Salariée envoyant son arrêt maladie à son employeur

Un : envoie ton arrêt à ton employeur, même s’il tombe en plein congé. Deux : exige ton solde et ta date limite dans le mois suivant la reprise. Trois : pose tes jours avant l’échéance des 15 mois.

Si ton employeur ne respecte pas ces règles, tu peux saisir les prud’hommes. Les conflits sur les congés payés se règlent en général avant d’en arriver là, mais un courrier écrit change souvent l’ambiance.

Envoie cet article à ceux qui ont déjà passé leurs vacances au lit : ils ont peut-être des jours à récupérer. Pour rester dans le monde du travail, regarde aussi ce que ton employeur doit payer sur ton abonnement de transport, ou découvre l’obligation de siège que beaucoup de patrons ignorent.

Si tu as aussi des questions côté logement, ce que ton bailleur n’a pas le droit de faire vaut le détour, tout comme le sort du chèque oublié dans un tiroir ou les règles sur le paiement en espèces.

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